Grand Soufflet: Imarhan, une voix née pour la paix et la solidarité

Ce dimanche 11 octobre, tête à tête avec Sadam, touchant chanteur du groupe Imarhan. Une formation qui prône la solidarité, née dans le sud de l'Algérie, héritière du blues tamasheq – touareg- créé par le mythique groupe Tinariwen. Un groupe venu jouer au festival le « Grand Soufflet » près de Rennes dans l’ouest de la France.
L'âge des sages, l'âge de ceux qui n'ont pas d'âge. Iyad Ag Ibrahim, alias Sadam, pose ses yeux sur vous et prend son temps pour répondre. Pour remonter le temps des souvenirs et de son amour pour la musique, né chez lui, il y a quatre décennies à Tamanrasset, au sud de l'Algérie : « En fait , il y avait toujours les artistes touaregs qui venaient chez nous à la maison et qui jouaient de la guitare. J'ai grandi dans ces mélodies, avec ce style musical. Et à l'époque, il n'y avait rien d'autre, il y avait la musique traditionnelle avec le tendé (le tambour) ou bien la guitare des Touaregs. En fait, il n'y avait pas autre chose. Donc j'ai gardé ce souvenir toujours dans ma tête. »
L'Assuf, cette nostalgie, racine de ce fameux blues tamasheq porté notamment par le groupe Tinariwen. Sadam a des liens de parenté avec des membres de cette formation saharienne. La guitare est donc devenue une obsession : « Je me rappelle, une fois, il y avait un mariage chez nous à Tamanrasset. Et les artistes ont laissé les guitares à la maison dans ma chambre, avant le concert. Et là, j'ai pris une guitare électrique. Elle était rouge, elle brillait beaucoup, elle était très jolie comme guitare. C'est très beau pour moi, et jouer de la guitare, c'est resté comme un rêve. Avec l'espoir de jouer de la guitare comme eux, de devenir un artiste. »
Si de nombreux jeunes ont ce rêve de devenir musicien, rares sont ceux qui écrivent des poèmes, les chantent et les accompagnent à la guitare. Bercé par ce son unique du désert, Sadam a hérité de ce don, de cette force. L'art de faire de la musique une arme de construction massive pour écrire l'histoire de son peuple, les Tamasheqs : « Dans ma communauté, la langue tamasheq commence à disparaître petit à petit, parce qu'il y a beaucoup de langues qui rentrent chez les Touaregs, mais il n'y a pas l'école pour garder la langue maternelle. Il n'y a personne qui écrit l'histoire des Touaregs. Donc je trouve que le seul chemin aujourd'hui pour garder ça, c'est la musique. La musique, c'est ''tamoudri'', on peut dire ça : ''la musique, c'est la vie.'' »
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