Hiver 2026-2027 : deux phénomènes climatiques convergent vers le même scénario et bouleverser les températures

Évidemment, le réchauffement climatique lié aux activités humaines entraîne des hivers de plus en plus doux, mais en ce qui concerne la variabilité naturelle, les météorologues, comme les journalistes, se focalisent majoritairement sur le cycle ENSO, composé des phases El Niño et La Niña. Cependant, ce n'est pas la seule phase naturelle qui influence la météo mondiale. A priori, ce serait bien la plus puissante, celle avec le plus d'impacts, mais de récentes études scientifiques tendent à démontrer qu'un autre cycle, qui se joue aussi (comme El Niño) dans un océan lointain, pourrait avoir un effet quasiment aussi fort.
Il s'agit du dipôle de l’océan indien (IOD, Indian Ocean Dipole), qui comporte une phase positive et une phase négative. L'océan indien peut être séparé en deux zones : l'ouest (vers l'Afrique) et l'est (vers l'Indonésie et l'Australie). En phase positive, l'eau est plus chaude à l'ouest et plus froide à l'est, et en phase négative l'eau est plus chaude à l'est et plus froide à l'ouest. Cela affecte directement les précipitations qui tombent sur les pays avoisinants. Et comme dans l'atmosphère, tout est lié, le dipôle de l'océan Indien peut influencer la circulation atmosphérique à grande échelle et, indirectement, les conditions hivernales en Europe.
10- Il comporte deux phases, une phase positive: IOD+ (Indian Ocean positive dipole) au cours de laquelle les eaux de surface de l’océan Indien sont plus chaudes qu’à la normale à l’ouest de l’océan (corne de l’Afrique et Afrique centrale) pic.twitter.com/aIWWpGRFGd
— Legran Plavy Ntsiele (@legranplavy) December 30, 2019
Ce qui se passe dans l'océan indien a des conséquences en Europe
Les contrastes de températures modifient les ondes atmosphériques (des perturbations de la pression, de la température, ou encore de la vitesse du vent) qui se propagent vers le nord, entre autres vers l'Europe. Cela impacte alors le jet stream, ce courant de haute altitude qui régit une grande partie de notre météo, et notamment les masses d'air.
— Sel (@Selwyyyyn) October 13, 2026CPC NOAA salutes +IOD :
Recent CPC update is highly confident on +IOD event in the coming weeks as they are attributing the developing standing wave over East Africa adj Western Indian ocean to + developing IOD event (??)
Now this might push us for a great deal of scientific… pic.twitter.com/n6eUK5UhBa
Plusieurs études scientifiques ont mis en évidence un lien entre un dipôle de l'océan indien positif en automne et une circulation atmosphérique favorisant des conditions plus douces en Europe au début de l'hiver. Cela s'est notamment produit au cours de l'hiver 2019-2020 : le dipôle de l'océan Indien positif a contribué à un hiver exceptionnellement doux et humide au nord de l'Europe et au Royaume-Uni, selon une étude parue dans la Royal Meteorological Society. En plus de la douceur, cette phase positive est également associée à davantage d'humidité en Europe lors de cette même période.
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De la douceur quasiment garantie jusqu'à fin décembre
Ce lien serait plus fort au cours des mois de novembre et décembre, moins pour la suite de l'hiver. Or, nous sommes actuellement au maximum d'intensité d'une nouvelle phase positive du dipôle. Celle-ci devrait prendre fin au mois de décembre, avant l'installation d'une phase neutre en janvier.
En cette fin 2026, deux phases naturelles semblent s'organiser pour générer des conditions douces et humides en Europe, El Niño et le dipôle de l'océan indien. Cependant, même si leur influence est réelle, d'autres facteurs entrent en jeu : naturels, ou anthropiques (liés à Homo sapiens), comme le réchauffement climatique lié à nos émissions de gaz à effet de serre. C'est donc la combinaison de tous ces facteurs qui façonne le scénario global de cet hiver 2026-2027 en Europe. Mais une chose est sûre, ces différents facteurs ont tous pour conséquence d'apporter un temps doux, à très doux, au moins pour les mois de novembre et décembre.
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