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Thursday, October 8, 2026

Cancer du sein | Pas de dépistage systématique pour les 45 à 49 ans malgré une recommandation de l’INESSS

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Les Québécoises de 45 à 49 ans ne sont toujours pas incluses dans le programme québécois de dépistage du cancer du sein, un an après que l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS) a recommandé de les y intégrer graduellement. Des regroupements pressent le gouvernement d’agir.

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À l’heure actuelle, le programme québécois de dépistage du cancer du sein (PQDCS) invite les femmes de 50 à 74 ans à passer, tous les deux ans, une mammographie de dépistage du cancer du sein. Pour obtenir un tel examen, les femmes de 45 à 49 ans doivent obtenir une prescription auprès d’un médecin ou d’une infirmière praticienne spécialisée.

Une situation que dénonce la Société canadienne du cancer (SCC), qui réclame un élargissement du PQDCS aux femmes dans la quarantaine. Le Québec est la seule province où une ordonnance médicale est exigée pour accéder au dépistage chez les 45-49 ans.

Le Dr Denis Soulières, porte-parole scientifique et médical de la SCC, s’étonne du « manque de réactivité » du gouvernement québécois dans ce dossier. Au Québec, environ 12 à 13 % des nouveaux cas de cancer du sein touchent des femmes de 40 à 49 ans, indique l’hématologue-oncologue.

Le Québec, qui a une incidence de cancer du sein plus élevé qu’ailleurs au Canada, devrait, nous semble-t-il, être encore plus porté vers le dépistage pour qu’on soit en mesure de détecter rapidement cette maladie-là et d’offrir [aux femmes] une possibilité de cure qui est plus importante que si la maladie est détectée plus tardivement.

Dr Denis Soulières, porte-parole scientifique et médical de la Société canadienne du cancer

Ce retard sur les autres provinces est « extrêmement gênant », estime le président de l’Association des radiologistes du Québec, le Dr Grégoire Bernèche. L’incidence du cancer du sein augmente chez les femmes dans la quarantaine.

« On se retrouve dans une situation où les patientes d’aujourd’hui de 45 ans ont le même taux d’incidence de cancer du sein que les femmes de 50 ans dans les années 1990-2000 », dit le Dr Bernèche, qui s’appuie sur des données d’un rapport de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), publié en août 2025.

Le PQDCS ciblait les 50 à 69 ans à sa création en 1998. « Si c’était bon pour les femmes de 50 ans en 1998, il faut que ce soit bon pour les personnes de 45 ans en 2026 », plaide-t-il.

Améliorer le programme avant d’élargir

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) s’est positionné, en décembre dernier, en faveur d’une « approche graduelle » pour améliorer le PQDCS, avant de s’engager à l’élargir aux femmes de 45 à 49 ans.

« Les travaux sont toujours en cours pour mettre en place les différentes conditions préalables recommandées par l’INESSS en vue d’un éventuel élargissement », écrit-on dans un courriel.

Dans son avis, l’INESSS recommande que le PQDCS fasse l’objet d’une « mise à niveau » afin d’améliorer son efficience ainsi que l’élargissement graduel du PQDCS « consolidé ».

Au Québec, le taux de rappel pour anomalie à la suite d’une première mammographie chez les 50 à 69 ans a atteint 22,4 % en 2023, un taux parmi les plus hauts au pays, indique l’INESSS dans son rapport. Les délais d’accès à une mammographie dépassent les cibles ministérielles dans certaines régions, ajoute-t-on.

Le Dr Bernèche reconnaît que le taux de rappel est élevé. Mais ce n’est pas une raison pour mettre le pied sur le frein, selon lui. Des solutions existent pour réduire ce taux, comme le recours à des « supers lecteurs » de mammographies qui effectuent moins de rappels en raison du grand volume d’examens qu’ils interprètent. « On est capable d’absorber les 45-49 ans », pense-t-il.

Juste pour les femmes à risque

La Fondation du cancer du sein du Québec, elle, croit qu’il faut cibler les Québécoises de tout âge, avec un risque moyen ou élevé de cancer du sein, plutôt que les 40 à 49 ans ou les 45 à 49 ans.

Elle souhaite que les Québécoises aient accès à un test salivaire permettant de recueillir leur ADN et de mesurer, à partir de 300 marqueurs génétiques, leur risque de souffrir d’un cancer du sein. Cet outil d’analyse a été développé par l’équipe du professeur de l’Université Laval, Jacques Simard.

La Fondation veut tester cet outil dans la population. Mais elle doit d’abord obtenir l’aval du MSSS et de l’INESSS pour réaliser un « projet de démonstration », explique sa PDG, Karine-Iseult Ippersiel. « Tout le monde se lance la balle, déplore-t-elle. On n’a pas besoin d’argent gouvernemental. »

Le MSSS dit étudier la « possibilité » d’améliorer l’accès au dépistage pour l’ensemble des Québécoises présentant des facteurs de risque comme des antécédents familiaux. Un protocole médical national (PMN) est en cours d’élaboration, précise-t-il.

« Un PMN existe déjà pour le dépistage du cancer colorectal », écrit le ministère dans un courriel. Cela permet à des infirmières, dans des points de services locaux, d’offrir un test de recherche de sang occulte ou une coloscopie.

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Il s’agit du nombre de cas de cancer du sein pour 100 000 femmes de 40 à 49 ans en 2019 au pays, selon Statistique Canada. Ce nombre était de 131 en 2001.

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