Namur : quatre mandats d’arrêt dans le cadre d’une vaste enquête visant un trafic d’armes

C’est une prise exceptionnelle par son ampleur. Après près d’un an d’enquête, la Police judiciaire fédérale (PJF) de Namur a mené une vaste opération visant une organisation criminelle présumée active dans le trafic d’armes. Depuis le mercredi 7 octobre, seize perquisitions ont été réalisées dans les régions de Namur, Tournai, Verviers et Binche. Au total, quelque 200 policiers ont été mobilisés.
L’enquête a mobilisé la police judiciaire fédérale, des unités spéciales, des maîtres-chiens mais aussi les douanes.
Des armes de guerre
Les enquêteurs ont saisi 33 armes de poing, 44 fusils d’assaut, 113 chargeurs, de nombreuses pièces d’armes et environ 1000 munitions. À cet arsenal s’ajoutent cinq kilos d’explosifs de type TNT.
Le matériel militaire découvert est tout aussi remarquable : des lance-roquettes, des lance-missiles, des mitrailleuses, une mine antipersonnel, des obus, dix grenades et même un lance-flamme.
Les policiers ont également mis la main sur six véhicules, environ 60.000 euros en argent liquide et de l’or. Pour des raisons de sécurité, les armes et les explosifs ont été placés dans un lieu sécurisé.
Les autorités judiciaires ont souligné le caractère exceptionnel de cette saisie. Si des opérations comparables ont déjà été menées en Belgique, une prise de cette ampleur reste rare.
Un an d’enquête
Cette opération a nécessité de longs mois d’investigations. " Une vingtaine de personnes ont travaillé presque en permanence sur le dossier pendant près d’un an ", a expliqué David Demaude, le directeur de la Police judiciaire fédérale de Namur.
Certaines des personnes interpellées sont déjà connues de la justice pour des faits de même nature. Les autorités ont notamment fait état de condamnations antérieures liées au trafic d’armes.
Grand banditisme, homicides ou terrorisme : aucune piste privilégiée
Une question centrale demeure : à quoi cet arsenal était-il destiné ? Sur ce point, les autorités reconnaissent ne pas disposer, à ce stade, d’hypothèse prioritaire.
Un tel matériel pourrait théoriquement servir au grand banditisme, à la commettre des homicides ou encore des actes terroristes. Mais le procureur du roi de Namur Etienne Gaublomme a insisté : " Il s’agit de simples hypothèses et cette question n’est actuellement pas l’objet de l’enquête. "
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