Récrés solidaires : des grands élèves de primaire aident les petits à ne pas subir la loi du préau à Mons

Brassard rouge ou jaune au bras, Camille et Zélie arpentent la cour de récré des 1e et 2e années en long et en large. "Notre rôle, c’est d’amuser les enfants dans la cour parce que des fois, il y a des enfants, ils restent tout seuls et du coup, ils sont tout tristes quand ils rentrent chez eux. Nous, on essaye de donner de la joie et de la bonne humeur"
Chaque jour après le repas de midi, deux enfants de 5e et 6e primaire jouent ainsi les "récré-acteurs" ou "récré-actrices" avec les plus petits. En cas de conflit entre élèves, ils ne prennent pas parti, ils ne sanctionnent pas, mais essaient d’apaiser les choses. "Si vraiment ça part en vrille, on va voir madame pour qu’elle regarde parce qu’on n’arrive pas à gérer la situation." D’autres élèves sont aussi responsabilisés pour gérer l’accès aux toilettes ou soigner les bobos.
Apprendre la vie en société
La réflexion derrière ce projet, c’est que la cour de récré "est vraiment un lieu d’apprentissage à part entière, où les enfants doivent trouver leur place, apprendre à partager, à faire des concessions", explique Anne Ghilain, directrice de l’école communale d’Hyon. C’est donc un endroit stratégique à investir pour cette école qui met différentes actions en place depuis un appel à projet lancé il y a quatre ans par la Fédération Wallonie-Bruxelles pour améliorer le climat scolaire.
À côté des récrés solidaires, des groupes de parole ont été mis en place dans l’école ainsi qu’une boîte aux lettres "où les enfants peuvent déposer tout ce qu’ils ne peuvent pas dire ou ne veulent pas dire", différents projets chapeautés par une référente climat scolaire.
"On crée un lien avec eux"
Pour la directrice, en un mois et demi, ces récrés solidaires ont fait leurs preuves : "On voit vraiment une belle amélioration. On a beaucoup moins de pleurs, beaucoup moins de disputes. Et chez les plus grands, le fait qu’ils sont responsables, ça les aide pas mal." "Moi, j’aime bien m’occuper des petits", confirme Clément, de la brigade toilettes. "On crée un lien avec eux", ajoute sa camarade Nelia. "Parfois ils pleurent, on les réconforte, ils s’attachent à nous".
Et les petits, ils en pensent quoi ? Du bien, globalement : "C’est cool qu’ils viennent, comme ça, on peut s’amuser avec eux." "Si on se fait mal, ils nous soignent." "Ça évite les bagarres, les disputes." Une petite voix discordante se fait toutefois entendre : "C’est un peu embêtant. Des fois, quand il y a des problèmes, ils se mêlent un peu de nos affaires."
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