La CAQ veut sa place au parlement
Le tout nouveau chef par intérim de la Coalition avenir Québec (CAQ), Mathieu Lévesque, demande aux autres partis politiques de lui accorder l’accès à l’Assemblée nationale, même si sa formation n’a pas fait élire un seul député aux élections générales.
Dans une entrevue au Devoir lundi, M. Lévesque a dit avoir fait une demande formelle à l’Assemblée nationale à ce sujet.
« J’ai vu que M. Duhaime avait exprimé une certaine ouverture à cet égard-là et également, un désir de collaboration de M. St-Pierre Plamondon en ce sens-là », s’est-il avancé, en faisant référence aux chefs du Parti conservateur du Québec (PCQ) et du Parti québécois (PQ).
Comme le PCQ en 2022, la CAQ a recueilli l’appui d’environ un demi-million de Québécois au dernier scrutin, sans toutefois parvenir à faire élire des députés.
Or, les règles de l’Assemblée nationale ne permettent pas aux non-élus de rencontrer la presse dans l’enceinte du parlement. Pour y parvenir, la CAQ aurait donc besoin de l’appui des partis d’opposition. S’ils acceptaient, ils lui accorderaient une faveur qu’ils n’avaient pas faite au chef conservateur, Éric Duhaime, avant qu’il ne réussisse à avoir des parlementaires dans ses rangs.
Pendant plus de quatre ans, M. Duhaime a dû louer une salle dans l’édifice de la colline parlementaire qui abrite les journalistes. Il a pu faire des points de presse au parlement lorsque la députée Claire Samson a rejoint son équipe, en 2021. Il a retrouvé ce privilège quand Maïté Blanchette Vézina est, elle aussi, passée de la CAQ au PCQ en mars 2026.
Les conservateurs ouverts
Dans une publication sur les réseaux sociaux, M. Duhaime a souligné dimanche que la CAQ représente 13 % des électeurs. « J’espère sincèrement qu’on ne fera pas subir aux caquistes l’affront à l’Assemblée nationale que les conservateurs ont subi au cours des quatre dernières années. Nous avons la chance de vivre en démocratie. Soyons à la hauteur de ce privilège », a-t-il écrit.
L’attachée de presse du PCQ, Émilie Savard, a confirmé lundi avoir « une ouverture à parler de ça avec la CAQ ». Les conservateurs ne seraient pas « choqués » de voir des caquistes en point de presse au parlement, a-t-elle ajouté.
Les libéraux ont quant à eux fait savoir qu’ils n’entendaient pas négocier sur la place publique. « On aura des discussions là-dessus », a affirmé la directrice des communications, Alexandra Régis. Le PQ et Québec solidaire n’avaient pas encore fourni de réponse au Devoir en milieu de journée.
Quant à M. Lévesque, il souhaite notamment que les caquistes puissent s’exprimer au sujet de l’itinérance et dans le cadre des états généraux sur l’éducation, promis par le PQ dans les 100 premiers jours de son mandat. Pour rappel, la CAQ a renoncé en 2021 à réformer le mode de scrutin pour y ajouter un élément de proportionnalité, comme elle s’était auparavant engagée à le faire.
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