Montréal | Un ancien prêtre condamné aurait regardé du contenu pédopornographique en public

Un ancien prêtre de Montréal aurait visionné du contenu présumé comme étant de la pédopornographie dans les transports en commun alors qu’il purgeait sa peine pour avoir agressé sexuellement deux garçons, selon une décision récente de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC).
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La CLCC a révoqué la semaine dernière la libération d’office de Brian Boucher, âgé de 64 ans, estimant qu’une série d’incidents et de nouvelles accusations en lien avec la pédopornographie témoignaient d’un retour à ce qu’elle a qualifié de « cycle criminel ».
Brian Boucher purge une peine de huit ans pour avoir agressé sexuellement deux garçons qu’il avait rencontrés dans le cadre de son travail de prêtre. Il vivait dans un centre correctionnel communautaire de Montréal depuis sa libération d’office en juillet 2024.
Les autorités ont reçu en avril dernier un signalement indiquant que Boucher avait été vu en train de visionner du matériel pornographique, peut-être du matériel pédopornographique, dans les transports en commun, peut-on lire dans la décision de la Commission.
Brian Boucher a été arrêté le 9 avril et accusé en août de possession et de consultation de matériel pédopornographique. Il a nié avoir regardé du contenu pornographique dans les transports en commun et a déclaré aux agents pénitentiaires qu’il était choqué par son arrestation, car il estimait que sa réinsertion se passait bien.
La décision fait également état de préoccupations antérieures concernant le respect par l’ancien prêtre d’une condition spéciale lui interdisant tout contact direct ou indirect avec ses victimes.
La CLCC a indiqué que les agents pénitentiaires avaient reçu des informations selon lesquelles Brian Boucher s’était retrouvé, à plusieurs occasions, en présence de proches de l’une des victimes alors qu’il assistait à la messe dans une église en mai et juin 2025. Elle a précisé qu’il avait établi un contact direct d’ordre visuel avec au moins un membre de la famille et qu’il s’était promené dans les parties communes, malgré les consignes de son équipe de prise en charge.
Fin 2025, la CLCC a modifié les conditions de libération de l’ancien homme d’église pour lui ordonner de rester à l’écart de certaines zones des arrondissements de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal, et de la Ville de Mont-Royal, sur l’île de Montréal.
Interrogée à ce sujet, la Commission a indiqué que Brian Boucher avait nié les allégations et fourni des explications incohérentes. Il a également reconnu avoir désobéi aux consignes régissant sa participation à la messe au moins une fois.
La commission a ajouté que Boucher continuait de nier les infractions pour lesquelles il avait été condamné et qu’il n’avait guère progressé, malgré l’achèvement de plusieurs programmes destinés aux délinquants sexuels.
Dans sa décision, la CLCC a jugé qu’aucune intervention n’aurait d’effet sur lui et qu’il était incapable de reconnaître un problème de délinquance sexuelle. La commission a ajouté qu’il ne faisait preuve d’aucun remords ou d’empathie envers ses victimes.
Brian Boucher est admissible à la libération d’office avant la fin de sa peine, comme le prévoit la loi, mais il sera soumis à des conditions plus strictes, a précisé la CLCC.
Il sera tenu de résider dans un établissement résidentiel agréé sans droit de sortie et se verra interdire l’accès à la pornographie, tout contact avec des mineurs, sauf dans des circonstances limitées et approuvées, ainsi que la fréquentation de lieux où des enfants sont susceptibles de se rassembler.
Il ne pourra disposer que d’un seul appareil mobile ou d’une seule carte SIM, sauf autorisation contraire, et devra permettre à son agent de probation d’inspecter son téléphone, y compris ses messages, ses photos, ses courriels, ses réseaux sociaux et l’historique de son navigateur.
La commission a également imposé des restrictions géographiques dans certains quartiers de Montréal afin d’empêcher l’ancien prêtre de croiser ses victimes ou leurs familles.
L’affaire sera de nouveau examinée par le tribunal le 23 novembre.
Brian Boucher a exercé son ministère dans dix églises de la région de Montréal entre 1985 et 2015. Il a été officiellement déchu de ses fonctions sacerdotales en 2020.
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