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Monday, October 5, 2026

Il préparait une randonnée sur une carte en ligne, il a trouvé un cratère de météorite

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Cette découverte a eu lieu en 2024, mais la confirmation scientifique est tombée en juillet 2026, et si vous êtes passé à côté, voilà pourquoi elle vaut le détour. Joël Lapointe, un simple citoyen québécois, analysait la région de la Côte-Nord via Google Maps pour préparer un itinéraire de camping.

Une dépression circulaire d'environ 25 kilomètres de diamètre, centrée autour du lac Marsal, a attiré son œil. Trop parfaite pour être naturelle, trop grande pour être ignorée. Sa curiosité a déclenché une enquête scientifique qui vient de confirmer l'existence d'un cratère d'impact parmi les plus significatifs jamais trouvés au Canada.

Du lac Marsal à l'astéroïde : comment la preuve a été établie

Lapointe a contacté le géophysicien français Pierre Rochette, qui a jugé la topographie « très suggestive » d'un impact météoritique. Des premiers prélèvements ont révélé la présence de zircon, un minéral fréquemment produit lors de tels impacts. Mais cela ne suffisait pas. La science exige des preuves directes.

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C'est là qu'entre en scène Gordon Osinski, professeur de géologie planétaire à l'Université Western au Canada, et responsable du site de référence Impact Earth, qui recense les cratères d'impact vérifiés à travers le monde. En octobre 2025, il a mené une expédition sur le terrain avec son équipe. Mission : trouver des preuves de métamorphisme de choc, c'est-à-dire des déformations minérales impossibles à produire autrement que par un impact cosmique ou une explosion nucléaire.

Deux types de preuves ont été découverts sur place :

  • Des shatter cones : des stries caractéristiques gravées dans la roche par l'onde de choc, visibles à l'œil nu au centre de la structure.
  • Des falaises de roche fondue (impact melt rock), localisées à environ 4 km du centre, résultat des températures et pressions extrêmes générées par l'impact.

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L'expédition n'avait rien d'une promenade. Osinski, vétéran de 25 expéditions en Arctique sur six continents, a qualifié ce terrain québécois de l'un des plus difficiles qu'il ait jamais affrontés : relief brutal, végétation dense, insectes omniprésents. Les échantillons prélevés ont finalement permis de dater l'impact à 390 millions d'années.

Le cratère d'impact découvert autour du lac Marsal, sur la Côte-Nord au Québec, serait vieux de 390 millions d'années. Il est longtemps passé inaperçu en raison d'une topographie émoussée par le temps. © Bjdlzx, iStock

Un cratère rare, un nom innu et une leçon d'humilité scientifique

Pour contextualiser la taille de cette découverte : on recense aujourd'hui environ 200 cratères d'impact sur Terre, dont 31 au Canada. La cadence habituelle tourne autour d'un à deux nouveaux cratères confirmés par an, et ils font généralement moins de 10 km de diamètre. Un cratère de 25 km, c'est une exception franche. Le dernier cratère confirmé au Canada remontait à 2010.

Après confirmation, l'équipe a baptisé le site Uhackatik Crater, un nom choisi en concertation avec le conseil Innu d'Ekuanitshit, représentant les peuples autochtones de la région. Un geste de respect territorial qui fait partie intégrante de la démarche.

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Osinski l'admet lui-même : sur cent messages qu'il reçoit de citoyens persuadés d'avoir trouvé un cratère, un seul s'avère fondé. Lapointe, lui, a fait partie du 1 %. « Ce n'est pas tous les jours qu'un citoyen ordinaire trouve un cratère vieux de 390 millions d'années », a-t-il déclaré à Radio-Canada. Son conseil, simple et direct : ne jamais ignorer son intuition, même hors de son domaine.

Les recherches sur les échantillons collectés se poursuivent, avec un potentiel d'informations inédites sur les effets des impacts cosmiques sur la géologie, la biologie et le climat terrestres, des données que chaque nouveau cratère contribue à affiner.

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