« Ils marchaient sur le crâne d'un enfant » : la découverte glaçante qui éclaire la Scandinavie avant et pendant les Vikings

Dans une maison de l'âge du fer au Danemark, construite entre 500 et 1 avant notre ère, des archéologues ont découvert un fragment de crâne appartenant à un enfant âgé de 2 à 4 ans. L'os frontal reposait directement dans le sol d'une habitation encore occupée au moment de son dépôt.
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Les analyses ont révélé qu'il s'agissait d'un petit garçon ayant subi une blessure mortelle infligée par une épée. Plus troublant encore, la datation au radiocarbone indique que son crâne était plus ancien que la maison de près de deux siècles. L'ossement aurait donc pu être conservé longtemps avant d'être intégré au sol.
« Cela signifie que quelqu'un a marché sur le crâne d'un enfant jour après jour », souligne Marianne Hem Eriksen, archéologue au Musée national du Danemark.
Différentes vues du crâne d’un enfant âgé de 2 à 4 ans, découvert à Aalborg, au Danemark. L’ossement porte les traces d’une blessure infligée par une épée, avant d’avoir été déposé dans le sol d’une habitation. © Musée national du Danemark
Des violences jusque dans les habitations
Cette découverte s'inscrit dans une étude publiée le 28 septembre dans le Journal of Archaeological Method and Theory. Les chercheurs ont examiné les restes de 192 individus retrouvés dans des espaces domestiques au Danemark, en Norvège et en Suède, entre 500 avant notre ère et 1050 après Jésus-Christ.
Au moins douze personnes présentaient des blessures violentes survenues peu avant leur mort. Parmi elles figuraient principalement des hommes adultes, mais aussi deux femmes et un enfant.
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Sur un autre site de l'époque viking, le crâne d'une jeune femme portant des traces de coups a été découvert dans un puits. À Gammel Lejre, près d'une salle de banquet royale, un squelette masculin présentait de multiples blessures, dont certaines cicatrisées.
Ces restes humains n'étaient pas enterrés dans des cimetières traditionnels, mais dans des fosses, des puits, sous les maisons ou dans les cours, au cœur même des lieux de vie.
Des victimes oubliées par leur communauté ?
Pourquoi ces individus ont-ils subi de telles violences ? Et surtout, pourquoi leurs dépouilles ont-elles été déposées dans des endroits aussi inhabituels ?
Les chercheurs envisagent plusieurs explications : violences domestiques, agressions au sein des communautés ou châtiments corporels socialement acceptés. Aucune de ces hypothèses ne peut toutefois être confirmée.
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Dans des sociétés marquées par des inégalités croissantes, les personnes les plus vulnérables auraient pu être particulièrement exposées.
Pour les auteurs, ces découvertes suggèrent surtout que tous les morts ne bénéficiaient pas des mêmes pratiques funéraires ni de la même considération. Une réalité qui invite à reconsidérer la place de la violence, mais aussi la valeur accordée à certaines vies dans l'ancienne Scandinavie.
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