Crise du logement en Espagne: Pedro Sanchez présente un décret-loi pour apaiser la colère

En Espagne, alors que la gronde s’amplifie après l’expulsion d’une octogénaire de son domicile, le Premier ministre, Pedro Sanchez, doit prendre la parole devant le conseil des ministres ce mardi 29 septembre. Le dirigeant socialiste a promis un décret-loi qui répond à la colère sociale.
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Avec notre correspondant à Madrid, François Musseau
Quelle sera la teneur de la réforme du logement proposée par Pedro Sanchez ? Le leader de gauche a promis que son gouvernement doit mettre fin à des « expulsions injustes ». L’idée ? Faire approuver un décret-loi préparé depuis le mois de juillet par ses équipes. D’une part, celui-ci permettrait d’accélérer la construction de nouveaux logements, dont le manque est estimé à 700 000. Ensuite, il mettrait un frein aux sociétés immobilières et plafonnerait la hausse des loyers.
Si le premier volet fait l’unanimité, le second, bien qu’approuvé par ses alliés à gauche, fait débat chez ses alliés nationalistes basques et catalans qui ne veulent en aucun cas effrayer les propriétaires et le secteur. La question est donc de savoir si Pedro Sanchez réussira à présenter un texte qui contentera tout le monde, alors que la mobilisation s’intensifie dans la rue.
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La veille, lundi 28 septembre, des milliers de manifestants se sont concentrés face au palais des Congrès de Barcelone, où se trouvait Pedro Sanchez. « C'est super important que les gens sortent dans la rue pour que les hommes politiques, pour une fois, prennent conscience de ce qui se passe : nous les travailleurs nous nous tuons à la tâche pour payer un loyer », explique Fabián Cagiquillos, quadragénaire et père de famille présent dans la foule.
À l’instar de Maricarmen, octogénaire à l’origine de la gronde expulsée de son logement qu’elle occupait depuis 71 ans, ce designer d’une quarantaine d’années est habité par la peur du délogement. « Notre bail termine en décembre et ils disent qu'ils veulent vendre mais bon... c'est tout un business caché parce qu'ils nous ont donné cinq versions différentes de pourquoi ils n'allaient pas renouveler le bail », développe Fabián Cagiquillos au micro de notre correspondante à Barcelone, Élise Gazengel. Lui qui vit avec son fils dans un appartement qu’il paye 800 euros par mois, il craint que son loyer augmente à 1 300 euros.
Fabián Cagiquillos, designer et père de famille à Barcelone
Moi je suis ici parce que je souffre de la même situation qu'une grande partie de celles et ceux qui sont là. Notre bail termine en décembre et ils disent qu'ils veulent vendre mais bon... c'est tout un business caché parce qu'ils nous ont donné 5 versions différentes de pourquoi ils n'allaient pas renouveler le bail. D'abord c'est parce qu'ils voulaient augmenter notre loyer, parce qu'il était trop bas, ensuite ils ont dit parce qu'un membre de la famille allait y vivre et là, leur dernière version c'est qu'ils veulent vendre l'appartement. Et justement demain on a la réunion avec la représentante de la propriétaire. Parce que malheureusement notre propriétaire est partie en résidence, c'était une très belle personne mais apparemment ses héritiers ne le sont pas autant. Alors c'est super important que les gens sortent dans la rue pour que les hommes politiques pour une fois prennent conscience de ce qui se passe : nous les travailleurs nous nous tuons à la tâche pour payer un loyer.
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ESPAGNE _Son Barcelone/Manif logement- témoignage manifestant
Elise Gazengel
Certes, si la retraitée espagnole de 87 ans a conclu un accord avec le propriétaire du bien dans lequel elle vit, a informé son avocat lundi, les manifestations pourraient continuer dans le pays si le Premier ministre socialiste ne démêle pas vite cette situation, et vite.
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