À trois semaines des élections, les Israéliens exigent des réponses sur les failles de sécurité du 7-Octobre

Les Israéliens vont voter le 27 octobre pour élire leurs députés au Parlement et donc un Premier ministre. Ce sont les premières élections depuis les attaques du 7-Octobre et ce traumatisme occupe une grande place dans le scrutin à venir, à la fois parce que plusieurs proches d’ex-otages, des parents endeuillés, se sont lancés dans la course, mais aussi parce qu’il reste de nombreuses questions sur les failles sécuritaires du 7-Octobre.
De notre correspondante à Jérusalem,
Gil Dickmann ne décolère pas. Sa cousine Carmel Gat a été tuée à Gaza après avoir été retenue en otage pendant les mois qui ont suivi le 7-Octobre. Aujourd’hui, il veut comprendre pourquoi le massacre du Hamas n’a pas été évité. Il tient le Premier ministre sortant pour responsable : « J’ai été obligé de lui faire confiance pour qu’il fasse revenir ma cousine Carmel. Il ne l’a pas fait revenir. Elle a été tuée après 228 jours de captivité, dénonce-t-il. Netanyahu a essayé de cacher qu’il avait reçu des avertissements avant le 7-Octobre, que quelque chose était sur le point d’arriver. Il a caché cette information pendant trois ans. Sur quoi d’autre a-t-il menti ? Nous n’avons pas de commission d’enquête indépendante. »
Les élections auront lieu dans trois semaines et cette question est au cœur de la campagne électorale. En Israël, il y a eu beaucoup de révélations dans la presse. Benjamin Netanyahu a même dit que personne ne l’avait réveillé le matin du 7-Octobre. Natalia a perdu son fils au festival de musique Nova il y a 3 ans et elle est outrée. « C'est quoi ces conneries, s'exclame-t-elle. On ne l’a pas réveillé !!! On n'est pas à la maternelle. C'est le Premier ministre ! »
Le père de Noam Perry est mort en février 2024, il a été exécuté par le Hamas après avoir été enlevé au kibboutz Nir Oz. Elle lance un message aux électeurs : « Peu importe qu’il ait été éveillé ou non. Ce qui compte, c’est cette politique spécifique menée depuis une quinzaine d’années par Netanyahu et son gouvernement, affirme-t-elle, qui a contribué à renforcer le Hamas, à acheminer des fonds vers la bande de Gaza – y compris vers le Hamas – et puis à ignorer le fait que le Hamas allait attaquer. »
À écouter, notre podcast Carte d'identité : Israéliens7. Face à Gaza, la rupture du 7 octobre 2023
« Qu’est-ce qui s’est vraiment passé ? »
Aucun camp politique ne veut laisser à l’autre le monopole du symbole du 7-Octobre. Malki, le père de l’ex-otage Omer Shem Tov, explique que pendant la captivité de son fils, les sensibilités politiques étaient mises de côté au sein du forum des familles des otages. « Nous avons essayé d'éviter toute considération politique, il s'agissait d'une question apolitique. Il y avait des otages et on devait les faire rentrer absolument, insiste-t-il. Ça n’avait rien à voir avec la droite ou la gauche. »
Aujourd’hui, lui aussi réclame une commission d’enquête. « Qu’est-ce qui s’est vraiment passé ? Je ne sais pas qui sera le prochain Premier ministre, mais j’espère que les choses vont bouger sur ce dossier. »
Il y a quelques mois, Talik Gvili, la mère d’un policier tué le 7-Octobre et dont la dépouille a été la dernière à rentrer en Israël, expliquait qu’elle avait toute confiance en Benyamin Netanyahu. « Il a ramené tous les autres à la maison, il me l’a promis, je le crois », clame-t-elle. Aujourd’hui, Talik Gvili est candidate pour être députée sur la liste du Likoud, le parti de l’actuel Premier ministre. Elle est en position éligible.
À lire aussiBande de Gaza: Israël cible «délibérément» des enfants, affirme une commission de l'ONU
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.