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Monday, September 14, 2026

Les investissements en défense, parmi les priorités des électeurs québécois, révèle un sondage

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En plein nouveau chapitre de la guerre commerciale opposant les États-Unis et le Canada, les deux tiers des électeurs estiment que le prochain gouvernement du Québec devrait maintenir ou accroître ses investissements liés à l’industrie de la défense nationale, révèle un nouveau sondage de la firme Léger. Ce dernier, réalisé en partenariat avec l’agence de communication TACT, cherche à peindre un portrait des priorités des Québécois d’un point de vue international en contexte électoral.

Pour Charles Tessier, expert en analyse de l’opinion publique chez TACT, cette statistique surprend « parce que la défense, ce n’est pas une expertise économique historiquement associée au Québec ». Dans l’imaginaire collectif, « le Québec, c’est l’hydroélectricité, ce sont les crédits d’impôt pour les jeux vidéo », poursuit-il en entrevue.

À la question sur les investissements en défense, 11 % se sont dits en faveur de les réduire, tandis que 4 % préfèrent y mettre fin. Les indécis représentent tout de même 22 % des répondants, contre 37 % qui souhaitent un maintien, et 27 % qui voudraient des investissements plus importants.

Des cinq principaux partis, seul Québec solidaire (QS) propose une réduction des investissements en défense.

À l’inverse, à savoir sur quel aspect le Québec devrait miser en priorité pour rayonner à l’international, c’est « la transition énergétique et le climat » qui mène avec 28 %, aspect que seul QS a indiqué comme étant une priorité. Viennent ensuite la francophonie et la diversité culturelle (23 %), la défense des droits de la personne et de la démocratie (17 %) et l’aide au développement et la solidarité internationale (13 %).

Tous les partis retrouvent leur priorité à cet égard représentée dans cet éventail de réponses, à l’exception de la Coalition avenir Québec, qui « a répondu qu’elle voulait prioriser le renforcement des partenariats économiques et les échanges commerciaux, ce qui n’était pas dans les choix de réponses », mentionne Charles Tessier.

Tensions tarifaires

Comme plusieurs autres priorités gouvernementales qui ont reçu une bonne partie de l’appui des répondants, M. Tessier affirme que les tensions tarifaires avec les États-Unis viennent influencer les résultats. « C’est sûr que ce sondage-là, puis la campagne en général, ça se fait dans ce cadre-là où on est dans une phase très aiguë de la guerre commerciale, dit-il. Donc, peu importe que les gens soient fédéralistes ou souverainistes, ils sont d’accord pour augmenter la présence du Québec à l’international. Ça vient exacerber ces réponses-là. »

Les réponses à la question portant sur la priorité à accorder au Québec dans le contexte de conflit commercial sont particulièrement parlant : la majorité des répondants veut miser sur le commerce avec les autres provinces et territoires du Canada (34 %) ou accélérer la diversification des marchés à l’extérieur de l’Amérique du Nord (28 %). Une plus petite proportion (20 %) souhaite que le Québec renforce sa production des secteurs stratégiques. Finalement, la quantité d’indécis (10 %) bat ceux qui pensent que la priorité devrait être de travailler au rétablissement des relations économiques avec les États-Unis (8 %).

« Ça démontre une perte de confiance importante envers les États-Unis », note Charles Tessier.

Un consensus ?

Là où il semble y avoir un certain consensus, c’est sur la question du réseau de représentation du Québec. Plusieurs souhaitent que le prochain gouvernement le maintienne (27 %), l’augmente à l’international (21 %) ou l’augmente dans le reste du Canada uniquement (12 %). Seuls 14 % des répondants estiment que le réseau de représentation devrait être réduit, et 26 % ont répondu « je ne sais pas ».

« Dans un contexte de déficit budgétaire et d’incertitude, on aurait pu penser que la question n’allait pas forcément être populaire, étant donné que c’est un sujet sur lequel on discute moins généralement dans les élections, souligne Charles Tessier. Et pourtant, ça dénote clairement une volonté que le Québec continue à faire des affaires à l’international et à agir en son nom. »

Le grand pourcentage d’indécis a d’ailleurs été remarqué par M. Tessier, comme la moyenne de réponses « je ne sais pas », en prenant en compte les cinq questions, est de 20 %. Dans le cadre de la campagne, « c’est possible que les partis politiques décident de miser sur des sujets qui sont déjà mieux connus », estime le spécialiste. « Pourtant, il y a plusieurs de ces réponses-là qui sont en phase avec ce que les partis proposent. »

Le coup de sonde a été réalisé auprès d’un panel en ligne qui se veut représentatif de la population québécoise adulte. Il est impossible d’établir une marge d’erreur pour un sondage en ligne.

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