« 10 % n’est pas déraisonnable » : Geoffrey Hinton, père de l’IA, alerte sur un risque d’extinction et laisse sans voix son interlocutrice

Les pronostics sur l'avenir avec l'intelligence artificielle sont souvent assez sombres. Beaucoup prédisent qu'elle va finir par détruire le travail, modifiant en profondeur la société. Derrière, certains dessinent un avenir où les riches vont découper le monde en fiefs, et le reste de l'humanité vivra dans la pauvreté. Toutefois, même cette vision dystopique a un certain optimisme : l'humanité survivra.
Car le risque que l'intelligence artificielle tue tous les humains serait bien plus élevé que l'on pense. Dans une interview avec BBC Newsnight, Geoffrey Hinton, l'un des pères fondateurs de l'IA, estime à 10 % le risque que l'IA anéantisse l'humanité dans les 10 prochaines années. L'homme, qui a reçu le prix Turing en 2018 aux côtés de Yann LeCun et Yoshua Bengio, et le prix Nobel en 2024, tire la sonnette d'alarme depuis plusieurs années déjà.
Geoffrey Hinton s’exprime sur les risques que l’intelligence artificielle anéantisse l’humanité. En anglais, activez la traduction automatique des sous-titres. © BBC10 % de chances de nous anéantir d'ici 10 ans !
Il a souligné qu'il était impossible d'évaluer le risque étant donné que l'humanité n'a encore jamais construit des êtres qui pourraient devenir plus intelligents que nous. Toutefois, il estime que le chiffre de 10 % n'est pas déraisonnable. Et pour lui, l'IA n'aurait même pas besoin d'une présence physique. Elle pourrait devenir assez intelligente pour nous anéantir sans faire appel à des robots pour nous attaquer de front.
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Et il n'est pas le seul à le penser. Jacob Coxon, chercheur en intelligence artificielle, a annoncé sa démission d'Anthropic cette semaine, en déclarant sur X (ex-Twitter) que « les gens qui développent l'IA croient honnêtement qu'elle pourrait nous tuer d'ici la fin de la décennie ». Son collègue Evan Hubinger, toujours chez Anthropic, estime lui aussi à plus de 10 % le risque que cela arrive.
The people building AI earnestly believe that it could kill us all by the end of the decade. This is not a marketing stunt. If anything, many executives and senior researchers will couch their phrasing in the press to sound sensible - but I hear the same people express fear…
— Jacob Coxon (@hilbertspaess) September 9, 2026
L'IA pourrait concevoir des virus biologiques avec un effet dévastateur, ou des virus informatiques pour paralyser nos infrastructures, comme l'eau, l'électricité et les communications. Toutefois, Geoffrey Hinton souligne aussi qu'il lui suffirait de nous parler. L'humanité n'a pas attendu l'intelligence artificielle pour manipuler les populations avec les mots. La propagande peut être très efficace, et aujourd'hui il devient difficile d'échapper aux chatbots. Désormais, une simple recherche Google affiche une réponse de Gemini au-dessus des résultats. Même en sachant que l'IA a tendance à halluciner, beaucoup ne prennent pas le temps de vérifier les réponses.
Une superintelligence capable de manipulation de masse
Imaginez que l'IA développe une intention de nuire. Elle pourrait interférer avec les élections en influençant l'opinion. Les IA sont entraînées avec quasiment l'intégralité des connaissances de l'humanité. Elle pourrait ainsi découvrir et exploiter des biais cognitifs pour manipuler des individus ou toute la société, convaincre les dirigeants de déclencher des guerres, ou utiliser d'autres méthodes similaires pour nous conduire à notre perte. Et n'oublions pas la psychose induite par l'IA. Si les chatbots sont capables de déclencher des délires chez un certain nombre d'utilisateurs de manière accidentelle, une superintelligence pourrait peut-être trouver le moyen de le faire à grande échelle. Ou simplement nous faire tous tomber amoureux d'elle.
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Pour Geoffrey Hinton, comme pour de nombreux autres spécialistes, la solution est la régulation. Les pays et les entreprises devraient à terme arriver à la même conclusion, qu'il est préférable de mettre en place des règlementations strictes afin d'éviter que l'IA ne prenne le contrôle du monde, et ce, peu importe les profits. Mais la question est de savoir si cela se produira à temps pour empêcher une catastrophe.
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