Inde: des milliers d’étudiantes mobilisées à New Delhi pour dénoncer les agressions sexuelles

Des milliers d’étudiantes défilent en colère dans les rues de New Delhi depuis plusieurs jours. Elles dénoncent la multiplication des agressions sexuelles après quatre viols récents enregistrés sur des mineures. Dans la capitale indienne, la police recense en moyenne cinq viols par jour. Face à cette réalité, la jeunesse redescend dans la rue pour exiger des mesures de sécurité immédiates.
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Avec notre correspondant à New Delhi, Abdoollah Earally
« Que demandons-nous ? La Liberté ! », « Sauvez Delhi ! Éduquez les hommes », scandent les étudiantes dans les rues de New Delhi. Le mouvement de contestation est mené par la prestigieuse Université de Delhi, foyer intellectuel et politique de la jeunesse indienne.
Des milliers d’étudiantes sont mobilisées, car les alentours mêmes du campus sont devenus risqués, selon Ananya, étudiante et habitante de la capitale : « Des centaines d’entre nous y vont chaque jour. Un campus qui accueille plus de 3 000 femmes doit encore se battre pour sa sécurité à ses abords. »
La colère est née d'une série de quatre viols sur des mineures en deux semaines, dont celui d'une adolescente dans un parc – le parc d’Aastha Kunj – par de faux policiers.
Cartographier les zones à risque
Kavithaa, venue du Kerala pour étudier à New Delhi, décrit son quotidien : « Cela ne peut plus durer dans un pays comme l’Inde. Il n’y a pas que des viols collectifs. Chaque jour, nous faisons face au harcèlement, aux remarques sexistes et aux exhibitions sexuelles », énumère-t-elle.
Cette réalité pousse désormais les riverains à rejoindre la jeunesse. Wrinda observe ce défilé avec un mélange de solidarité et de désarroi : « Regardez cette colère, elle est tellement sincère. Et ces filles, où peuvent-elles aller si elles ne se sentent même pas protégées dans leur ville ? Je ne vois aucune issue. Cette colère est vraiment légitime et nous devons en voir davantage. »
Face à cette situation, la Cour suprême donne quatre semaines aux autorités – police et mairie – pour cartographier les zones à risque, dans la capitale indienne.
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