Turquie: le maire d'Izmir quitte l'opposition pour rejoindre le parti du président Erdogan

En Turquie, l’opposition perd peu à peu le contrôle de ses bastions municipaux. Dernier symbole en date, et non des moindres : Izmir, longtemps considérée comme la citadelle de l’opposition à Recep Tayyip Erdogan. Son maire a rejoint ce mercredi 7 octobre le parti présidentiel, l’AKP. Depuis les municipales de 2024, le pouvoir a ainsi repris le contrôle de nombreuses mairies, par des ralliements mais aussi par des mises sous tutelle. L’opposition dénonce une reconquête politique menée au moyen de la justice.
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Pour l’opposition turque, c’est un choc et un symbole qui en disent long sur le climat politique du pays. Izmir est un bastion historique de l’opposition, la seule grande métropole jamais dirigée par l’AKP. Mais elle passe sous son contrôle grâce au ralliement de son maire, Cemil Tugay, au parti du président Erdogan, rapporte notre correspondante à Ankara, Anne Andlauer.
La décision du maire Cemil Tugay a été annoncée par Recep Tayyip Erdogan lors d'une réunion du groupe parlementaire à Ankara, où il a accueilli Cemil Tugay dans une ambiance quasi festive, retransmise en direct à la télévision. « Je souhaite la bienvenue au maire d'Izmir, Cemil Tugay, qui rejoint aujourd'hui la famille de l'AKP », a déclaré le président Erdogan.
Cemil Tugay avait été élu en 2024 avec 49 % des voix sous les couleurs du CHP, le Parti républicain du peuple. Cette récente défection intervient alors que l'opposition turque affronte une répression de plus en plus intense, avec un flot d'arrestations et de procès que les observateurs jugent politiquement motivés et visant ses maires et élus.
De nombreuses mairies mises sous tutelle
Les municipales de 2024 avaient été un camouflet pour le président Erdogan : sa première défaite à l’échelle nationale. Depuis, son parti est parvenu à prendre le contrôle d’environ 90 mairies. Certaines ont été mises sous tutelle après l’incarcération de leur maire, souvent dans le cadre d’enquêtes pour « terrorisme ». D’autres, beaucoup plus nombreuses, ont rejoint le camp du pouvoir après le ralliement du maire ou de la majorité du conseil municipal à l’AKP.
Dans les deux cas, l’opposition accuse le président Erdogan d’utiliser la justice pour prendre le contrôle des villes, soit en faisant ouvrir des enquêtes contre les édiles, soit en les menaçant d’en ouvrir pour les pousser à rejoindre son camp.
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