"On parle trop souvent à la place des jeunes" : derrière les mobilisations lycéennes en France, le mal-être de toute une génération ?

Pour le sociologue Vincent Tiberj, les jeunes grandissent dans une société où les individus ne sont pas assez écoutés. "Il y a une forme de mépris de la sphère politique pour les citoyens qui manifestent", explique-t-il, citant le mouvement des gilets jaunes et les manifestations contre la réforme des retraites.
"Certains parlent même de 'glandeurs' et disent que le seul droit des lycéens, c'est d'aller en cours et d'écouter le professeur", ajoute-t-il.
"On parle trop souvent à la place des jeunes et la plupart du temps, ce sont des bêtises qui en sortent et pas des vraies paroles de lycéens", déplore Abdelkader Abderrahman, 17 ans, l'un des lycéens à avoir participé au tout premier blocage du mouvement, dans un lycée de Créteil (Val-de-Marne). Selon lui, la jeunesse n'est pas assez considérée et même marginalisée dans la prise de décisions politiques. "Devant les lycées, on lit la devise 'liberté, égalité, fraternité', explique-t-il. Actuellement, on n'est pas libre de notre parole. Quand un lycéen se mobilise, il peut être touché par des tirs de LBD (lanceur de balle de défense utilisé par les forces de l'ordre françaises, NDLR). Donc la liberté, on peut la retirer. L'égalité aussi, car à Créteil, Saint-Denis ou Aubervilliers, nous n'avons pas les mêmes conditions d'apprentissage qu'au cœur de Paris."
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