Japon: démissions après un scandale de falsification de données sismiques autour d'une centrale nucléaire

Au Japon, deux hauts dirigeants de Chubu Electric Power ont démissionné lundi 14 septembre après avoir reconnu la falsification de données sur les risques sismiques de la centrale nucléaire de Hamaoka, dans le centre-sud du pays. L’installation, située dans une région exposée au risque de « méga-séisme », ne sera pas remise en service et l’entreprise a retiré sa demande de redémarrage de deux réacteurs.
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Afin de pouvoir relancer ces deux réacteurs, la centrale avait fait l’objet de contrôles réglementaires de sûreté. En septembre 2023, le régulateur japonais avait approuvé l’estimation des risques sismiques établie par Chubu Electric Power.
Mais en février 2025, l’autorité de régulation a reçu d’un lanceur d’alerte des informations faisant état de données différentes de celles qui lui avaient été fournies. Les deux dirigeants ont ensuite reconnu avoir présenté aux autorités des données sous-estimant les risques sismiques afin de favoriser la relance de l’installation.
Mis en cause dans cette affaire, ils ont exprimé de profonds remords. Chubu Electric Power a finalement annoncé le retrait de sa demande de redémarrage des deux réacteurs de Hamaoka.
Le nucléaire toujours marqué par Fukushima
Ce scandale relance le débat sur la production d’électricité nucléaire au Japon, un pays toujours profondément marqué par la catastrophe de Fukushima. En mars 2011, un séisme suivi d’un tsunami avait provoqué un accident nucléaire.
Après la catastrophe, le Japon avait fermé l’ensemble de ses centrales et relancé la production à partir de combustibles fossiles, l’éloignant de son objectif de neutralité carbone fixé à 2050.
Face à la forte hausse de la demande d’électricité, notamment liée au développement de l’intelligence artificielle, les autorités japonaises ont depuis décidé de revenir à l’énergie nucléaire. Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande centrale nucléaire du monde, a ainsi repris ses activités en 2026. Ce ne sera en revanche pas le cas de la centrale de Hamaoka, dont le projet de redémarrage est désormais abandonné.
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