Mégaprocès de gangs | Des funérailles sous haute surveillance policière

Avril 2024. Plusieurs gangs rivaux se font la guerre, engendrant de multiples provocations. Un membre de gang, Frédérick Michel, est abattu deux semaines après la sortie d’une chanson aux propos incendiaires interprétée par son ami. Ses funérailles se déroulent sous le regard attentif de plusieurs policiers.
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C’est ce qui ressort de la preuve de la Couronne jusqu’à présent au procès de William Beauvais-Bazile, Omed Jafar, Johnny Odiesse, Romuald Surin, Bradley Phanord-Barthelus et Jack Shehata. En trame de fond, une guerre de gangs : des membres des Flame Head Boys (FHB) et du 24 Gang auraient comploté contre les Downtown Project (DTP) et leurs alliés, selon la poursuite. Ils sont accusés des meurtres de Noël Garcia Frias, Justice Owusu Tajudeen et Christopher-Shawn Jean Vilsaint.
Les fameuses funérailles étaient celles de Frédérick Michel, un ami des accusés assassiné en avril 2024, d’après un témoignage. Dans sa déclaration d’ouverture, la poursuite avait laissé entendre que le meurtre de Vilsaint aurait été une riposte au meurtre de Michel. Vilsaint et Michel faisaient partie de deux gangs ennemis impliqués dans le violent conflit, selon la théorie de la Couronne.
Des témoins ont donné au jury un aperçu du déroulement de son enterrement. Proches et amis sont alors présents au salon funéraire à Laval pour lui faire un dernier adieu.
Les policiers du renseignement criminel les épient en retrait. Ils repèrent, filment et prennent certains des accusés en photo cette journée-là.
« Romuald Surin. Romuald Surin sur les lieux », dit un des agents à ses collègues dans son talkie-walkie. D’autres individus connus des quatre corps policiers présents sur place déambulent près du centre Memoria, jetant parfois un regard vers les agents du renseignement criminel.
Surveillance policière aux funérailles
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L’accusé Romuald Surin arrive aux funérailles de Frédérick Michel en avril 2024. Selon la poursuite, les deux hommes sont liés au 24 Gang de Saint-François, à Laval.
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L’accusé Jack Shehata (à droite) est aperçu aux funérailles de Frédérick Michel en avril 2024.
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Le policier Nicolas Goulet-Pouliot supervisait cette opération de surveillance « pour la protection du public et des gens sur place », selon son témoignage. « C’était pour la sécurité de tout le monde, étant donné les circonstances exceptionnelles de la mort de M. Michel. »
Une arme à feu a d’ailleurs été retrouvée chez Frédérick Michel au lendemain de son décès, ont expliqué des témoins au jury. Le 4 avril 2024, des agents de la Sûreté du Québec (SQ) se rendent à son domicile. « C’était une perquisition suite à son meurtre », a résumé un témoin policier.
Perquisition chez Frédérick Michel
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Des munitions sont retrouvées en avril 2024 par les enquêteurs de la Sûreté du Québec (SQ) dans une résidence qui serait liée à Frédérick Michel, alias Boolin. La perquisition a eu lieu peu après sa mort.
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Une arme à feu est localisée en avril 2024 par les enquêteurs de la Sûreté du Québec (SQ) dans une résidence qui serait liée à Frédérick Michel, alias Boolin. La perquisition a eu lieu peu après sa mort.
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La victime avait été abattue deux semaines après la sortie d’un vidéoclip dans lequel Frédérick Michel serait apparu. Les paroles de cette chanson nommée Homicide ont été présentées au jury. L’interprète y aurait fait une référence pour revendiquer un meurtre, croit la poursuite.
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Frédérick Michel, alias Boolin, aurait été un membre du 24 Gang, rattaché au secteur de Saint-François, à Laval. L’homme dans la vingtaine a été abattu en avril 2024.
Perquisitions à gogo
Des douilles dans une chaussette. Un pistolet dans un divan, un autre dans une toilette. Un vêtement taché au fond d’un garde-robe. Les enquêteurs ont effectué de multiples perquisitions au cours de la longue enquête ayant mené à l’arrestation des six accusés.
Leur mission les a conduits jusqu’à Edmonton, en Alberta, pour une perquisition ciblant l’accusé Jack Shehata. Deux armes à feu et des munitions sont retrouvées dans l’appartement.
Perquisition ciblant Jack Shehata
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Les autorités ont effectué une perquisition dans un logement à Edmonton, en Alberta, où l’accusé Jack Shehata logeait, selon la Couronne.
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Un pistolet retrouvé dans la cuvette des toilettes au cours d’une perquisition à Edmonton visant l’accusé Jack Shehata, selon la Couronne.
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Un pistolet retrouvé dans la cuvette des toilettes au cours d’une perquisition à Edmonton visant l’accusé Jack Shehata, selon la Couronne.
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Les limiers trouvent une cagoule noire dans une résidence qui serait liée à l’accusé William Beauvais-Bazile. Ils découvrent également des munitions dans une chaussette à l’intérieur d’un domicile qui pourrait être celui de l’accusé Bradley Phanord-Barthelus.
Perquisitions visant Bradley Phanord-Barthelus
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Plusieurs munitions dans une chaussette ont été saisies dans un logement que la police associe à l’accusé Bradley Phanord-Barthelus.
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Plusieurs munitions dans une chaussette ont été saisies dans un logement que la police associe à l’accusé Bradley Phanord-Barthelus.
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Des photos d’un pantalon gris foncé et d’une cagoule dans un appartement qui serait lié à l’accusé Romuald Surin ont été présentées au jury. Une pièce du logement a par ailleurs des allures de salon esthétique.
Perquisitions ciblant Romuald Surin
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Un tapis formant le mot « Badazzz » retrouvé dans un logement relié à Romuald Surin. Il s’agirait de son surnom, selon la Couronne.
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Un pantalon gris foncé et une cagoule sont retrouvés par la police dans un logement relié à Romuald Surin, d’après la poursuite.
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Une pièce du logement fouillé par les policiers semblait faire office de salon pour les ongles.
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Une pièce du logement fouillé par les policiers semblait faire office de salon pour les ongles
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Tous les accusés ont fait l’objet d’une filature, ont rapporté plusieurs témoins de la Couronne. Leurs allées et venues sont scrutées. Les numéros de plaque d’immatriculation de certains véhicules utilisés sont notés avec soin.
Les policiers se sont aussi intéressés à l’accusé Omed Jafar, photographié en catimini le 18 juin 2024, environ un mois après le meurtre de Vilsaint. Jafar, accompagné d’autres personnes non identifiées, transportait deux sacs réutilisables. Selon la preuve de la poursuite, il se rend sur un bateau à l’île Charron cette journée-là.
Filature visant l’un des accusés
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L’accusé Omed Jafar, sous filature, est aperçu avec des sacs. Il se rend ensuite sur un bateau avec d’autres personnes.
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Omed Jafar, sous filature, est aperçu avec des sacs. Il se rend ensuite sur un bateau avec d’autres personnes.
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Le procès, qui s’est ouvert en avril dernier, est présidé par le juge Éric Downs au centre judiciaire Gouin, à Montréal.
Les victimes
Noël Garcia Frias : Abattu par erreur, il n’avait rien à voir avec le conflit, selon la Couronne. Des conspirateurs auraient orchestré et effectué l’installation d’une balise GPS sur sa voiture. D’après la théorie de la poursuite, les accusés croyaient qu’il s’agissait du véhicule de Justice Tajudeen.
Justice Owusu Tajudeen (alias Steady) : Tué par balle après avoir passé la soirée avec des amis au bar Arabesque, au centre-ville de Montréal. Membre du 26 Gang, il aurait été impliqué peu avant sa mort dans une bagarre avec deux des accusés au magasin Simons du Carrefour Laval.
Christopher-Shawn Jean Vilsaint (alias Dirty S ou SP) : Membre du 26 Gang et rappeur montréalais assassiné alors qu’il se rendait à un rendez-vous dans un studio de musique.
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