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Monday, September 28, 2026

Planète bleue, idées vertes | Un premier stationnement écoresponsable à YUL

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Est-ce possible d’aménager un toit vert dans un aéroport sans attirer des colonies d’oiseaux ? Peut-on installer des centaines de panneaux solaires et une toiture blanche sans aveugler les pilotes d’avion ? C’est le défi qu’a relevé l’aéroport international Montréal-Trudeau (YUL) avec son imposant stationnement P4, le premier au pays à décrocher une certification écoresponsable.

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En apparence, la structure bétonnée recouverte d’aluminium du boulevard Albert-de-Niverville n’a rien d’écolo au milieu des avions grands émetteurs de gaz à effet de serre, du trafic polluant, des navettes, etc.

Sa façade style bloc : 896 mètres de long sur 18 mètres de haut sont projetés vers l’autoroute Métropolitaine. Il faut grimper sur le toit du stationnement pour comprendre la lutte contre les îlots de chaleur et sa résilience aux changements climatiques.

La blancheur frappe en ouvrant la porte menant sur le toit de l’infrastructure couverte pouvant accueillir jusqu’à 2800 véhicules. La structure repose sur une dalle et une série de colonnes.

PHOTO ANDREJ IVANOV, COLLABORATION SPÉCIALE

Sur la toiture du stationnement P4 de l’aéroport international Montréal-Trudeau (YUL), 184 panneaux photovoltaïques sont installés.

À l’extrémité du toit blanc, 184 panneaux photovoltaïques se dressent en direction de l’oratoire Saint-Joseph et de l’aérogare principale. Ils sont de couleur mate, positionnés pour être antireflets et ainsi ne pas nuire aux pilotes d’avion. Les panneaux permettent de générer 4 % de l’électricité nécessaire au stationnement.

« Il a fallu des années de travail pour obtenir les autorisations du fédéral et de la Société de gestion de l’espace aérien civil Nav Canada. La sécurité prime toujours. Ici, le diable est dans les détails », lance le vice-président, stratégie, planification et développement durable, d’Aéroports de Montréal (ADM), Jerome Conraud.

PHOTO ANDREJ IVANOV, COLLABORATION SPÉCIALE

À une extrémité du stationnement P4, un toit végétalisé sans pesticide recouvre le quart de la superficie, soit 25 000 mètres carrés.

À l’autre extrémité du bâtiment, un toit végétalisé sans pesticide recouvre le quart de la superficie, soit 25 000 m⁠2. À travers, on entrevoit quelques fleurs mauves, de l’aster, des vivaces florifères, notamment des sauges, etc., explique Laurie Talluto, directrice, développement durable, d’ADM. Ces plantes bien choisies n’attirent pas les oiseaux.

L’aéroport a consulté des experts du contrôle faunique pour leur sélection puisqu’une nuée d’oiseaux peut transformer un vol en cauchemar si elle percute un avion. Pire, si ce sont des bernaches. En plus des panneaux solaires et de la végétalisation, le P4 a été conçu pour récupérer et traiter les eaux pluviales.

Le parc du stationnement peut absorber jusqu’à 1000 mètres cubes d’eau, l’équivalent d’une demi-piscine olympique.

Un autre système capture et sépare les polluants (sédiments, huiles, hydrocarbures et débris) avant leur rejet dans le réseau d’égouts municipal.

Durant la construction du stationnement, 90 % des déchets et retailles de matériaux ont été récupérés, réutilisés ou revalorisés. Le stationnement est par ailleurs conçu pour être transformable en bureaux s’il devient inutile en raison du transport collectif, notamment avec l’arrivée du Réseau express métropolitain (REM), d’ici la fin de 2027.

Un long processus

Au total, la direction du développement durable de l’aéroport a consacré huit ans de l’élaboration à la construction du stationnement, en collaboration avec la firme d’architectes Lemay. Cette semaine, ADM annoncera qu’elle a décroché la certification Envision-Vérifié pour cette infrastructure. Elle a rempli 64 critères, notamment dans les catégories climat et résilience.

« On a toutes les raisons d’être fiers de ce stationnement à Montréal. Il fait l’envie des autres aéroports, de Toronto, de celui de Vancouver », ajoute le vice-président d’ADM.

PHOTO ANDREJ IVANOV, COLLABORATION SPÉCIALE

À l’intérieur du stationnement de quatre étages, on trouve une trentaine de bornes électriques.

À l’Institute for Sustainable Infrastructure de Washington – qui a développé la certification –, on ajoute que le P4 est le premier parc de stationnement et la première infrastructure aéroportuaire au Canada à recevoir cette certification.

L’ancien pont Champlain avait reçu la certification Envision-Or pour sa déconstruction, alors que le corridor du nouveau pont Samuel-De Champlain a été certifié Envision-Platine.

« Ça nécessite plusieurs années pour obtenir la certification. Ce stationnement témoigne d’un engagement fort en faveur d’infrastructures durables, d’une gestion responsable et de la création de valeur à long terme pour les voyageurs de l’aéroport à Montréal », fait valoir Conrad McCallum, responsable des communications chez Envision.

Consultez le site d’Envision Canada Lisez l’article « Travaux zéro déchet à l’aéroport »

Le stationnement P4 en bref

L’infrastructure a coûté 140 millions de dollars.

Il en coûte 8 $ pour 20 minutes, une heure grimpe à 40 $, le coût pour 24 heures monte à 45 $.

Le stationnement comporte 2800 places de stationnement, dont 25 réservées aux personnes à mobilité réduite.

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