Des chercheurs annoncent 94 % de réponses contre certains cancers du poumon : peut-on déjà parler de percée ?

Certaines anomalies génétiques peuvent devenir le véritable « moteur » d'un cancer. C'est le cas des fusions du gène ROS1, qui concernent environ 2 % des personnes atteintes d'un cancer du poumon non à petites cellules. Un nouveau traitement conçu pour bloquer précisément cette anomalie, le zidesamtinib, vient d'obtenir des résultats particulièrement encourageants. Présentées lors de la Conférence mondiale sur le cancer du poumon 2026 (WCLC), les données de l'essai ARROS-1 montrent que la tumeur a diminué ou disparu chez 94 % des patients évaluables.
Une réponse chez 88 patients sur 94
L'essai international de phase I/II a inclus des personnes atteintes d'un cancer du poumon ROS1-positif localement avancé ou métastatique. Elles n'avaient encore jamais reçu d'inhibiteur de tyrosine kinase, une famille de médicaments ciblant précisément ROS1. Une précédente chimiothérapie ou immunothérapie restait toutefois autorisée. L'étude a été menée sans groupe comparateur.
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Les participants ont reçu 100 milligrammes de zidesamtinib une fois par jour. Parmi les 94 patients évaluables, 88 ont présenté une réponse objective, soit un taux de 94 % après arrondi. Plus impressionnant encore, 14 patients (15 %) ont obtenu une réponse complète : les lésions cibles avaient disparu aux examens radiologiques.
Ces premiers résultats semblent se maintenir dans le temps. Après un an, 86% des patients qui avaient répondu au traitement continuaient d'en bénéficier. Par ailleurs, 90% des participants n'avaient pas connu d'aggravation de leur maladie. Le suivi médian étant de 15,2 mois, les chercheurs n'ont pas encore pu déterminer combien de temps durerait la réponse chez la moitié des patients répondeurs.
Dans l’essai ARROS-1, des patients atteints d’un cancer du poumon ROS1-positif avancé ont reçu quotidiennement 100 milligrammes de zidesamtinib. Un an plus tard, 86 % des réponses au traitement étaient toujours maintenues. © mi_viri, Adobe Stock
Des réponses observées jusque dans le cerveau
L'un des principaux défis du cancer du poumon ROS1-positif réside dans son risque de propagation au système nerveux central. Or, de nombreux médicaments franchissent difficilement la barrière qui protège le cerveau.
Chez les dix patients évaluables présentant des métastases cérébrales mesurables au début de l'étude, le zidesamtinib a provoqué une réponse intracrânienne dans 100 % des cas. Sept ont même obtenu une réponse complète au niveau cérébral, soit 70 %. À 12 mois, 78 % de ces réponses intracrâniennes étaient toujours maintenues. Par ailleurs, aucun événement de progression au niveau du système nerveux central n'a été observé à ce jour chez les 78 patients qui ne présentaient pas de métastase cérébrale au début de l'étude.
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Le traitement n'est cependant pas dépourvu d'effets indésirables. Les plus fréquents étaient des œdèmes périphériques (gonflements au niveau des membres) observés chez 34 % des patients, une prise de poids, une hausse de certaines enzymes ou une altération du goût. Ils ont conduit à réduire la dose chez 11 % des patients et à arrêter le médicament chez 1 % d'entre eux.
Une avancée qui doit encore être confirmée
« Les réponses durables et les faibles taux d'arrêt du traitement observés dans ARROS-1 représentent une avancée encourageante », estime le Dr Alexander Drilon, investigateur principal de l'essai et directeur du Early Drug Development Service au Memorial Sloan Kettering Cancer Center.
Le zidesamtinib est déjà autorisé par la FDA aux États-Unis chez les adultes ayant déjà reçu un premier traitement anti-ROS1. Son utilisation d'emblée, en première ligne, n'est pas encore approuvée et devra être confirmée par des données à plus long terme.
Ces résultats restent à interpréter avec prudence : ARROS-1 est un essai sans groupe témoin, les données de congrès n'ont pas encore fait l'objet d'une publication dans une revue scientifique à comité de lecture, et le sous-groupe cérébral ne compte que 10 patients. Le taux de réponse est spectaculaire, mais il ne permet pas à lui seul de conclure formellement sur la survie globale ou sur une supériorité par rapport aux traitements actuels.
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