L’autrice des «Chevaliers d’Émeraude» se bat contre l’IA de Meta
L’écrivaine québécoise Anne Robillard, connue notamment pour la populaire série « Les chevaliers d’Émeraude », affronte l’Intelligence artificielle (IA) de Meta dans l’arène judiciaire. Au palais de justice de Montréal, elle demande la permission d’intenter une action collective contre le géant technologique qui aurait utilisé ses œuvres littéraires sans autorisation — et celles de bien d’autres auteurs — pour entraîner son modèle de langage d’IA.
Alors que le monde littéraire est secoué par l’utilisation de l’AI dans le processus de création, cette cause a le potentiel de redéfinir la portée de la protection du droit d’auteur.
Jusqu’où va-t-elle ? a d’ailleurs demandé le juge Martin F. Sheehan à haute voix lors de l’audience.
Selon les procédures judiciaires, cette cause porterait aussi sur « ce qui est sans aucun doute l’un des plus grands actes de piratage de l’histoire. »
Mme Robillard cherche à intenter cette action pour le bénéfice de tous les titulaires québécois de droit d’auteur (auteurs ou maisons d’édition) sur une œuvre littéraire ou dramatique.
La prolifique écrivaine prend sur ses épaules ce litige, ainsi qu’un autre qu’elle cherche à intenter contre OpenAI et Microsoft. Comment se sent-elle avec un tel fardeau ?
« Fière comme un chevalier », a-t-elle répondu lundi matin dans un corridor du palais de justice de Montréal.
Dans la présente cause, elle reproche à Meta d’avoir choisi de former ses « grands modèles de langage » à partir d’ensembles de données — des « bibliothèques clandestines », a plaidé son avocate lundi matin — contenant des copies illicites d’œuvres du monde entier, dont celles d’auteurs québécois, violant ainsi leur droit d’auteur.
L’action collective, si accueillie, réclamerait pour les auteurs des dommages moraux, des dommages punitifs ainsi que la restitution de profits.
De son côté, Meta présente plusieurs arguments. Elle fait notamment valoir que si faute il y a — ce qu’elle nie — elle aurait été commise aux États-Unis, et la poursuite devrait alors s’y dérouler. Car c’est là que le téléchargement des œuvres a eu lieu, ainsi que l’entraînement du modèle AI.
L’avocate de Mme Robillard a rétorqué que l’outil d’IA, entraîné avec ses œuvres, est offert aux utilisateurs au Québec. Ce qui est suffisant pour que l’affaire y soit jugée.
L’audience doit se dérouler sur deux jours au palais de justice de Montréal.
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