ESPNGauff falls to Mertens, says abusive comments were 'draining'ESPN DeportesAranda sigue los pasos de Kirk en postemporadaDaily MaverickWatch — Where’s the ANC? Inside the party’s quietest election campaign yetThe Jerusalem Post'For my nephews, it was too late': Ofri Bibas visits protest tent of Haymanut Kasau's familyRTP DesportoRoglic demonstrou ter mais uma vida para ser campeão europeu de contrarrelógioInquirerSara Duterte’s joint deposits with dad should be in SALN – GatchalianThe Hollywood ReporterAri Emanuel Opens a Can of Worms… And Eats Them Every MorningBBC NewsCanada suspends plans to expand assisted dying to people with mental illnessZDF heuteAktuelle Pressemitteilungen des ZDFStraits Times SportFormer Spurs defender Vega declares intention to run against InfantinoConsequenceJosh Homme Open to Reunions with Them Crooked Vultures and Kyuss: “I Just Don’t Want to Mess It Up”Global NewsStamps, Lions can clinch playoff berths with wins
The Daily Newsstand · Free, Always
Wednesday, October 7, 2026

"De tous mes échecs, c’est celui dont je suis le plus fier" : sorti il y a 51 ans, ce grand film détruisant Hollywood mérite une sérieuse découverte

Translate

Hollywood, années 30 : derrière les paillettes, la rage couve. Avec "Le Jour du fléau", le réalisateur John Schlesinger signait un grand film maudit, boudé en 1975, devenu culte aujourd'hui. Et dont le final vous hantera longtemps...

Producteurs véreux, acteurs et actrices sans foi ni loi, scénaristes dévorés par l'ambition, carrières brisées, Hollywood et son Star System frelaté, ses escrocs en tous genres... De nombreux films se sont attaché à dévoiler, avec plus ou moins de bonheur, les arrières-cuisines de l'usine à rêve, fût-elle totalement factice. Parmi ces oeuvres, il y a d'ailleurs de sacrées pépites, comme Barton Fink des frères Coen. L'extraordinaire Boulevard du crépuscule, classique absolu.

Les Ensorcelés de Vincente Minnelli, dans lequel Kirk Douglas incarne un de ses très rares rôles d'authentique salaud. Celui d'un producteur tyrannique, égoïste, vil et odieux, sordide et sans scrupule, manipulateur. Swimming With Sharks, dans lequel Kevin Spacey, qui n'avait pas encore explosé avec Seven et Usual Suspects, incarnait lui aussi un producteur tyrannique. Ou encore le formidable Ed Wood, dans lequel Tim Burton adressait un tacle sur la cruelle nature exploitatrice d'Hollywood, qui recrache les os de ses talents une fois digérés.

Hollywood macadam

On peut adjoindre à cette courte liste un film assez incroyable, très méconnu chez nous, qui mérite une sérieuse découverte : Le Jour du fléau, de John Schlesinger. Un cinéaste que l'on a un peu trop tendance à réduire d'ailleurs à Macadam Cowboy et son -certes extraordinaire- thriller Marathon Man.

Se faisant d'abord connaître avec le cinéma britannique, son passage à Hollywood avec Macadam Cowboy (1969), couronné par trois Oscars, en fit un cinéaste de premier plan. Après avoir signé un grand drame, Un dimanche comme les autres, qui récoltera quatre citations aux Oscars dont une au titre du Meilleur réalisateur, Schlesinger réalise en 1975 Le Jour du fléau.

A l'origine, il s'agit d'un puissant et terrifiant roman de Nathanael West, L'incendie de Los Angeles, publié en 1939. Schlesinger a lu le roman en 1967, deux ans avant de venir à Los Angeles pour Macadam Cowboy, et l'admirait beaucoup. Une fois installé à Hollywood, il a été frappé par la justesse durable de la vision de West. Il a consacré six ans à porter le film à l'écran. Le romancier était déjà sous option chez plusieurs réalisateurs et studios, mais les accords échouaient les uns après les autres.

Paramount Pictures

Hollywood, ce nadir du mauvais goût

L'histoire ? Elle se déroule à Hollywood, dans les années 1930. Tod Hackett (William Atherton), jeune peintre fraîchement engagé comme décorateur dans les studios, rêve de grandes fresques tandis qu'il fréquente une faune de laissés-pour-compte du rêve américain. Parmi eux, Faye Greener (karen Black), apprentie starlette d'une beauté insolente, dont il tombe éperdument amoureux.

Mais Faye n'a d'yeux que pour sa propre ascension, et chacun de ses prétendants semble prêt à tout pour une once de son attention : un comptable timide venu de l'Iowa (Donald Sutherland), un nain cabotin, un père clown à la dérive... Derrière les paillettes des plateaux et les sourires de façade, la frustration gronde, sourde et tenace. Chaque humiliation, chaque illusion brisée ajoute une étincelle à une poudrière que personne ne voit venir...

Dans Le jour du fléau, Hollywood n'est rien de moins que le nadir du mauvais goût absolu, où les carrières se font et défont en l'espace d'une nuit -alcoolisée, c'est mieux-, une ville et un univers peuplé de Freaks, d'aspirants acteurs et actrices qui ne le seront jamais, quand ce ne sont pas les enfants, sorte de monstrueux croisement contre-nature entre une Shirley Temple et Baby Jane- qui sont catapultés sur le devant de la scène par des parents avides de gloires.

Paramount Pictures

"Croyez-le ou non, aucun acteur n’a été blessé"

"Si la plupart de mes films ont quelque chose en commun, c’est un intérêt pour les relations humaines, en particulier les plus extraordinaires et les plus difficiles" expliquait le cinéaste au journaliste critique Roger Ebert dans un entretien. "Je trouve terriblement intéressante la lutte des personnages contre l’adversité. Je ne pense pas que je pourrais jamais réaliser un film sur une sorte de héros courageux, un Errol Flynn remportant la bataille des Ardennes… Je préfère faire des films sur des gens plus modestes, des marginaux".

Schlesinger fait ainsi converger la destinée de ses personnages dans ce qui l'acmé du film, en forme d'apocalypse virant à l'horreur absolue : une avant-première de The Buccanneer de Cecile B. de Mille, tournant à l'émeute. Cette séquence de nuit devant le fameux Grauman Chinese Theatre a été tournée dans un immense décor construit sur le backlot de Paramount, avec jusqu'à 1000 figurants dans certains plans.

"On recevait des invités comme Mae West ou Gloria Swanson. Les lumières restaient allumées toute la nuit. On avait déjà engagé tellement de figurants qu’on a obtenu l’autorisation de faire appel à des amateurs, et ils ont vraiment adoré ça. Et puis, dans toutes ces terribles scènes d’émeutes, croyez-le ou non, aucun acteur n’a été blessé".

Paramount Pictures

"Le Jour du fléau est probablement mon film le plus sous-estimé"

"J'avais le sentiment que nous avions… [un] film extraordinaire qui n'allait en aucun cas rencontrer le succès auprès du grand public. Je savais que cela allait faire polémique, mais j'en étais très fier — et je le suis toujours, d'ailleurs" confiait le réalisateur trois ans après la sortie du film dans un entretien.

Le film fut effectivement un gros échec commercial aux États-Unis. À sa sortie en 1975, c'était le film le plus cher produit jusque-là par Paramount. Les deux citations aux Oscars, pour le meilleur second rôle masculin (Burgess Meredith) et pour la meilleure photographie (Conrad Hall) n'ont rien pu faire pour sauver la carrière du film en salle. Son regard très sombre sur Hollywood, vu comme une machine qui broie presque tout le monde, était trop cynique pour le public d'alors.

"Le Jour du fléau est probablement mon film le plus sous-estimé" lâchait le cinéaste, dans un entretien accordé à FilmTalk en 1994, qui balayait sa carrière. "Il a été mal accueilli. Je pense qu’il a été mal jugé, mais je crois qu’il commence à être apprécié aujourd’hui. Je trouve que c’est un très bon film, et de tous mes échecs, c’est celui dont je suis le plus fier. Je considère ce roman comme probablement le meilleur texte jamais écrit sur Hollywood".

Le temps faisant son oeuvre, le film a été largement réhabilité depuis. Jamais édité chez nous en Blu-ray, il reste toutefois encore trouvable dans une antique édition DVD, sortie il y a 20 ans... Et à condition d'y mettre le prix. Il est aussi disponible à l'achat ou à la location en VOD.

View the original on AlloCiné →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.