La couche d’ozone devrait être rétablie dans quelques décennies, selon les experts : alors pourquoi les UV montent-ils en Europe ?

Vous vous souvenez, au milieu des années 1980 ? La découverte d'un trou dans la couche d’ozone avait fait grand bruit. Parce que cette couche d'ozone est essentielle. Elle bloque les rayonnements ultraviolets (UV) à courte longueur d'onde émis par le Soleil, des rayonnements dangereux pour la vie sur Terre. Y compris la nôtre.
Environ 90 % de l’ozone atmosphérique se trouve dans la partie supérieure de la stratosphère. Si l’on ramenait tout cet ozone à la surface de la Terre, la couche d’ozone pur qui en résulterait n’aurait qu’une épaisseur d’environ 3 millimètres. © Flash25/peopleimages.com, Adobe Stock
Une victoire mondiale contre les CFC
Alors rapidement, le monde s'est mobilisé. En 1987, la signature du Protocole de Montréal, un traité international, a interdit les chlorofluorocarbures, les fameux CFC utilisés autrefois dans les aérosols, les réfrigérateurs et les climatiseurs. Les chercheurs les avaient désignés responsables de la destruction des molécules d'ozone.
Le saviez-vous ?
Il y a dix ans, en 2016, l’amendement de Kigali au Protocole de Montréal prévoyait une réduction progressive des hydrofluorocarbures (HFC) utilisés pour remplacer les substances appauvrissant la couche d’ozone. Ce sont de puissants gaz à effet de serre. Certains retiennent la chaleur des milliers de fois plus efficacement que le dioxyde de carbone (CO2). Et le réchauffement climatique a tendance à alimenter des événements météorologiques extrêmes qui ralentissent la reconstitution de la couche d’ozone…
Et ça a fonctionné. La couche d'ozone a commencé à se reconstituer.
Évolution à long terme de la moyenne annuelle de la colonne totale d’ozone, entre 60° S et 60° N. On distingue clairement la diminution de l’ozone liée aux substances appauvrissant la couche d’ozone entre les années 1960 et 1990, ainsi que le début du rétablissement de l’ozone à partir de l’an 2000. © WMO, Weber et al. 2022
Le trou dans la couche d’ozone rétrécit enfin
Aujourd'hui, à l'occasion de la Journée internationale de la protection de la couche d'ozone, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) le confirme : en 2025, le trou au-dessus de l'Antarctique a été l'un des plus réduits observés depuis des décennies. C'est la deuxième année consécutive que sa profondeur et son étendue sont nettement inférieures à la moyenne de la période 1990-2010.
« C'est une réussite environnementale. Depuis 2000, la couche d'ozone se rétablit et nous pouvons espérer un rétablissement complet d'ici quelques décennies », estime Celeste Saulo, secrétaire générale de l'OMM, dans un communiqué.
Pourquoi les UV augmentent-ils malgré tout ?
Alors, comment expliquer l'augmentation significative du nombre de jours où l'indice UV atteint des valeurs élevées ?
Existe-t-il un lien entre effet de serre et trou d'ozone ?
Augmentation de l’effet de serre et « trou d’ozone » sont des phénomènes liés aux activités humaines. Ils ont des points communs, mais aussi des différences. Et surtout, le lien qui existe entre eux reste difficile à cerner.... Lire la suite
Le chiffre d'abord : depuis le milieu des années 1990, le rayonnement UV a augmenté de près de 20 % dans certaines régions d'Europe. Alors même que l'ozone se reconstitue.
Selon les mesures réalisées au sol, la hausse observée de l'indice UV est principalement due à une diminution de la couverture nuageuse, accompagnée d'une augmentation de la durée annuelle d'ensoleillement. La reconstitution de la couche d'ozone ne signifie donc pas que le risque ultraviolet a disparu. Car rappelons-le : une exposition accrue aux UV augmente le risque de cancer de la peau et d'autres maladies. Les chercheurs recommandent ainsi la mise en œuvre de mesures de protection de type crème solaire, vêtements couvrants, lunettes adaptées et recherche de l'ombre.
La leçon est peut-être là : résoudre une crise environnementale ne doit pas nous empêcher de rester attentifs aux autres changements susceptibles de nous exposer à des risques.
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