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Monday, October 19, 2026

Mobilisation pour que l’enseignante Imane Benchouk reste au Québec

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La communauté de l’école secondaire Saint-Edmond, à Longueuil, se démène pour qu’une de ses enseignantes, Imane Benchouk, n’ait pas à quitter de manière précipitée son école et sa terre d’accueil depuis quatre ans.

Collègues, élèves et parents d’élèves ont lancé une pétition en ce sens, signée par plus de 1000 personnes en moins de 5 jours. Celle-ci demande au nouveau premier ministre désigné Paul St-Pierre Plamondon d’intervenir pour régulariser le statut de celle que les jeunes appellent madame Imane ainsi que celui de tous ceux qui, comme elle, sont en attente de leur certificat de sélection du Québec (CSQ).

Invitée en février dernier en vertu du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), cette professionnelle attend depuis plus de sept mois son CSQ qui permettrait à elle et sa famille de poursuivre leurs démarches vers l’obtention de la résidence permanente. 

La mère de famille, dont le permis de travail est échu depuis le 23 septembre dernier, bénéficie d’un statut implicite accordé par Ottawa de manière temporaire qui lui permet de continuer à travailler à l’école secondaire Saint-Edmond de Longueuil pour le moment. 

Or ce sursis pourrait prendre fin d'un jour à l'autre, ce qui obligerait Imane Benchouk et son conjoint à cesser de travailler et à quitter le Québec. 

Aux yeux de l’enseignant Sébastien Richard, qui est à l’origine de la pétition, sa collègue est victime d’une situation injuste. On la voit souffrir depuis trop longtemps, dit-il. C’est une femme compétente, dédiée, qui coche toutes les cases du type d’immigrant qu’on veut avoir au Québec, surtout dans le contexte actuel de rareté des enseignants. 

Un enseignant en avant-plan et des collègues derrière lui

L'enseignant d'histoire Sébastien Richard, qui est au cœur de la mobilisation pour Imane Benchouk, est révolté d'avoir vu sa collègue vivre autant de stress et d'incertitude ces derniers mois.

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières McNicoll

Une prof de mathématiques, ça ne se remplace pas, en ce moment. Il n’y a aucune raison logique qui explique la situation actuelle. Il faut que ça soit renversé.

Des parents d’élèves se sont aussi mobilisés en appui à l’enseignante. On a décidé d’emboîter le pas en tant que parents. C’est la moindre des choses de le faire. On veut qu’elle reste, Imane, tout simplement, explique la présidente du conseil d’établissement de l’école Saint-Edmond, Catherine-Ève Roy.

La mère de quatre enfants souligne les répercussions néfastes pour l’apprentissage des 86 élèves de Mme Benchouk. Ces enfants-là ont le droit de recevoir des services éducatifs en vertu de la Loi sur l’instruction publique. Ce qui se passe pourrait avoir un impact sur leur réussite scolaire, indique-t-elle.

Une mère impliquée devant une école secondaire

La mère de famille et présidente du conseil exécutif de l'École secondaire Saint-Edmond, Catherine-Ève Roy, a été très touchée par le message personnalisé que l'enseignante Imane Benchouk a écrit à tous ses élèves, dont sa fille, à la fin de la dernière année scolaire.

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières McNicoll

Plusieurs messages d’appui ont été relayés sur la page web de la pétition, qui a amassé jusqu’à présent près de 1200 signatures. Cette professeure est merveilleuse. Je me sens privilégiée d’avoir été son élève durant deux années consécutives. Cette école a besoin d’elle! écrit Léonie.

Ça n’a aucun sens de renvoyer une personne qui a choisi le Qc pour s’établir [...] et dont nous avons besoin. Faisons preuve de logique et d’empathie, écrit une autre signataire.

La principale intéressée émue

Imane Benchouk est touchée par les efforts de sa communauté pour l’aider à rester au Québec : Leur confiance me donne la forme et l’énergie de continuer à faire mon travail avec la même passion et le même dévouement auprès de mes élèves. 

Je me sens émue, portée par toute cette solidarité. Sans tout le soutien de mes collègues, je crois que j’aurais perdu espoir depuis longtemps.

À droite, une enseignante qui s'adresse à la caméra, à gauche, les chefs des cinq principaux partis au Québec qui l'écoutent parler.

Imane Benchouk a eu l'occasion de poser une question au sujet des personnes avec un statut d'immigration incertain comme le sien lors du débat des chefs de Radio-Canada le 23 septembre dernier.

Photo : Radio-Canada / Capture d'écran du débat des chefs du 23 septembre dernier sur les ondes de Radio-Canada

Le nombre de demandes de CSQ en attente est toutefois en hausse et les délais de traitement sont particulièrement longs en ce moment, ce qui n’a rien pour encourager Mme Benchouk. Malgré ce soutien, ma famille et moi vivons encore beaucoup d’incertitude, souligne-t-elle. Ne pas savoir si nous pourrons rester au Québec est très difficile à vivre, et c’est particulièrement éprouvant pour nos enfants.

L'équipe de communications du premier ministre désigné Paul St-Pierre Plamondon, qui sera assermenté dans ses fonctions mercredi, n'avait pas répondu à notre demande de commentaires au moment de publier ces lignes.

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