«Jetés à la cave en cas d’abstention»: dans les territoires ukrainiens occupés, les élections russes riment avec coercition

Dernier jour de vote ce dimanche 20 septembre pour les élections législatives russes, les premières organisées depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine. Pour la première fois, le scrutin se tient également dans quatre régions ukrainiennes partiellement occupées et illégalement annexées par Moscou en 2022 : Donetsk, Louhansk, Zaporijjia et Kherson. Neuf circonscriptions y ont été créées afin d’envoyer à la Douma autant de députés censés représenter ces territoires. Un scrutin organisé dans un climat de menaces et de coercition.
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Avec notre correspondant à Kiev, Lucas Lazo
Originaire de Crimée, Alena Lunova a quitté la péninsule après son annexion par la Russie en 2014. Depuis, elle documente pour l’ONG Zmina les violations des droits humains dans les territoires occupés. « La Russie a créé une situation dans laquelle il est impossible d’éviter de participer au processus électoral, explique-t-elle. Quelqu’un peut frapper à votre porte et un militaire armé peut alors simplement vous "conseiller" de participer au scrutin. »
Dans ces régions de l’Est et du Sud de l’Ukraine, le vote anticipé a démarré fin août. Sur des images tournées dans un village de l’oblast de Donetsk, un soldat russe armé, le visage masqué, est visible allant de porte en porte avec une urne.
L’universitaire Serghy Danylov échange régulièrement avec ses contacts restés sur place : « Les personnes qui ne se rendent pas aux urnes sont menacées d’être inscrites sur une liste de citoyens jugés peu fiables. Elles seront alors, presque à coup sûr, "jetées à la cave", comme on dit », rapporte-t-il. Autrement dit, détenues arbitrairement.
Pour Serghyi Doubovik, vice-président de la Commission électorale ukrainienne, l’objectif du Kremlin est clair : « Cette imitation de procédure électorale vise à légitimer l’occupation d’un territoire ukrainien reconnu comme tel par l’Organisation des Nations unies », affirme-t-il.
L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a déjà prévenu que les résultats de ces élections russes dans les territoires occupés n’auront aucune validité au regard du droit international.
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