Crise du logement en Espagne: la retraité à l'origine de la mobilisation est décédée

La retraitée madrilène dont l'expulsion a déclenché des manifestations monstres contre la crise du logement en Espagne est morte mercredi 7 octobre. Les principaux syndicats du pays appellent à la mobilisation générale, alors qu'approchent les élections anticipées convoquées par Pedro Sanchez.
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Sa mise à la porte avait ému le pays tout entier. Mercredi 7 octobre, Maricarmen Abascal, l'octogénaire madrilène, est décédée quelques jours après être devenue le symbole de la crise du logement espagnole.
« Nous avons le regret d'annoncer que Maricarmen est décédée aujourd'hui », a indiqué l'Union des locataires de Madrid dans un communiqué, soulignant que le combat de la femme de 87 ans avait marqué « un tournant dans l'histoire de ce pays ». Sa mort ne va pas manquer d’accroitre les tensions et l’impatience de ceux qui réclament plus de droits pour les locataires, à l’instar de Ione Belarra, la secrétaire générale de la formation de gauche Podemos - pour qui Maricarmen n'a pas été tuée, mais « assassinée » -, rapporte notre correspondant à Madrid, François Musseau.
Expulsée le 23 septembre dernier de l'appartement qu'elle occupait depuis 70 ans, Maricarmen avait incarné presque immédiatement l'un des exemples les plus parlants des difficultés auxquelles sont confrontés les Espagnols les plus démunis sur le marché du logement. Elle était sortie du logement qu'elle occupait jusqu'alors sur un brancard, expulsée après avoir vu son loyer augmenter de 275 %, atteignant 2 650 euros.
« Le débat sur le logement a pris une place centrale »
Relayée sur les réseaux sociaux, son histoire avait déclenché des manifestations massives en Espagne, mettant sous pression le gouvernement de gauche minoritaire pour prendre des mesures urgentes, comme renforcer les restrictions sur les expulsions ou garantir le renouvellement tacite des contrats de location.
Cependant, le rejet de ces mesures au Parlement la semaine dernière a contraint le Premier ministre Pedro Sanchez à convoquer des élections législatives anticipées pour le 29 novembre. Un coup de poker. « Pour mener en profondeur les réformes en suspens dont nous avons besoin [...], nous devons nous mobiliser et obtenir que le Parlement nous accorde une majorité bien plus large, progressiste, grâce à laquelle nous pourrons faire plier les élites, conquérir de nouveaux progrès sociaux et continuer à transformer l'Espagne », avait-il alors déclaré.
« Le débat sur le logement a pris une place centrale, mais le prix payé pour y arriver est trop important », estime de son côté le syndicat de locataires. Maricarmen Abascal avait été hospitalisée dans un état d'épuisement après son expulsion, bien qu'un accord ait été obtenu avec la société propriétaire pour qu'elle puisse réintégrer son appartement. « Cette solution est venue trop tard », a regretté l'organisation syndicale.
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Appelle à la grève générale
Maintenant, l'heure est à la mobilisation. De fait, les principaux syndicats espagnols ont appelé ce mercredi à une grève générale le 11 novembre afin d’accentuer la pression sur les questions du logement et des salaires, à l’approche des élections anticipées.
L'Union générale des travailleurs (UGT) et la Confédération syndicale des Commissions ouvrières (CCOO) ont appelé la population à « se mobiliser pour de meilleurs salaires, pour un logement décent et pour un contrôle des prix face à une inflation qui réduit notre pouvoir d’achat ». La grève « est la réponse à l’insatiable avidité du secteur immobilier, qui spécule sur l’un des principaux droits de la population et rend pratiquement impossible l’accès à un logement décent », ont déclaré ces syndicats dans un communiqué.
Les principaux syndicats de locataires sont à la tête de la mobilisation depuis plusieurs semaines pour pousser la classe politique espagnole à réformer un marché immobilier devenu inaccessible pour de nombreux Espagnols, jeunes comme plus âgés. Des centaines de personnes ont installé des tentes sur l’emblématique Puerta del Sol, à Madrid, tandis que des campements similaires ont été mis en place dans d’autres villes. Des dizaines de milliers de personnes ont également déjà manifesté à travers le pays.
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