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Monday, October 19, 2026

Manifestations en France : au lendemain d’un week-end de chaos, l’heure des réactions politiques

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"Nous demandons cette rencontre, que nous jugeons nécessaire, y compris symboliquement" car "la population de France mérite d’être enfin considérée, entendue et écoutée", selon un communiqué de la coordination de gilets jaunes, qui faisait partie des multiples organisations ayant appelé à se mobiliser le 17 octobre, avec des étudiants et lycéens et certains syndicats.

L’allocution du président de la République "nous a confortés dans cette idée, car son discours vide illustre parfaitement la déconnexion de nos dirigeants et leur refus d’écouter". "En 2020, Emmanuel Macron avait promis de recevoir un groupe de gilets jaunes à l’Élysée" mais n’a "pas tenu cette promesse, comme bien d’autres", relèvent-ils.

"Si le président accepte, nous constituerons une délégation structurée à l’image du 17 octobre, qui réunira des gilets jaunes et des représentant.es du plus grand nombre possible de secteurs mobilisés", affirment-ils.

Ces gilets jaunes appellent aussi à "poursuivre les perturbations et les blocages logistiques", ainsi qu’à "faire de la journée de grève interprofessionnelle du 5 novembre le point de départ de la grève et du blocage général reconductible". L’un d’eux, Benjamin Ball, éditeur du site 17octobregiletjaune.net qui recensait les actions organisées samedi, a exprimé dans la matinée son soutien aux "révoltes qui éclatent partout dans le pays" et refusé de "condamner les violences, les émeutes, les barricades", "la colère du peuple" alors que "l’État et les multinationales écrasent jour après jour la vie de millions de personnes".

Le président du Rassemblement national Jordan Bardella a fustigé une "lamentable allocution" et un pouvoir qui "n'a plus rien à dire aux Français, plus rien à leur proposer".

Empruntant aux codes présidentiels dans une vidéo devant un drapeau français, la candidate du parti d'extrême droite Marine Le Pen avait elle dépeint "une crise profonde de confiance, d'autorité", "une menace sur la démocratie", et un "pouvoir macroniste (...) épuisé".

Et le candidat-président de LR, Bruno Retailleau, avait lui appelé à l'instauration de l'état d'urgence, avant de critiquer un Emmanuel Macron (qui) "apparaît totalement dépassé, incapable d'opposer la force de l'État à la chienlit qui menace la République".

Le chef de file de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, en deuxième position dans certaines enquêtes d'opinion, a accusé le chef de l'État de jouer le "pourrissement".

Édouard Philippe "aurai(t) préféré" d'Emmanuel Macron "des décisions et des initiatives permettant le retour à l'ordre et le rétablissement de l'autorité de l'État", a-t-il réagi sur X après l'allocution du chef de l'État suite aux violences autour des manifestations de samedi.

Gabriel Attal a plaidé lundi pour que la police et la justice fassent "très vite des exemples" en allant interpeller les auteurs d'acte de violence identifiés et a plaidé pour une suspension temporaire des réseaux sociaux en cas d'émeutes.
 

La Guadeloupe a instauré dimanche (heure locale) un couvre-feu pour les mineurs dans les communes de Pointe-à-Pitre et des Abymes, après des violences urbaines en marge du mouvement contre la vie chère au cours desquelles trois policiers ont été blessés par balles.

Le préfet de la région a pris un arrêté interdisant aux jeunes âgés de moins de 18 ans, non accompagnés d’un adulte exerçant l’autorité parentale, de circuler entre 20 heures dimanche (02 heures lundi en Belgique) et 06 heures lundi matin (12 heures, heure belge).
Cette mesure vise "avant tout à protéger les mineurs qui pourraient se trouver sur les lieux de violences", a expliqué le préfet Thierry Devimeux dans un communiqué.

Dans la nuit de samedi à dimanche, de multiples barricades enflammées ont été érigées et "plusieurs commerces et entreprises ont été vandalisés voire détruits", détaille la préfecture. Les forces de l’ordre ont constaté la présence de "nombreux mineurs au sein des groupes d’émeutiers", a indiqué M. Devimeux.

Au cours des heurts, les forces de sécurité ont essuyé des jets de projectiles et des "tirs d’armes à feu", blessant trois policiers. Le préfet a condamné "avec la plus grande fermeté ces actes de violence inacceptable", ajoutant qu’ils constituaient des délits qui "ne sauraient être confondus avec l’expression pacifique de revendications".

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