À 50 ans, Virginie Hocq se confie sans filtre : « J’essaie vraiment d’être bien avec moi-même »


« J’adorerais que la ménopause soit tellement connue qu’on ne soit plus obligé d’en parler. » C’est du Virginie Hocq tout craché. Une pirouette, un sourire, une évidence : si la ménopause fait autant de bruit aujourd’hui, c’est aussi parce qu’elle a été tue pendant trop longtemps. Alors Virginie met des mots sur nos maux… Elle parle du corps qui change, du désir qui emprunte parfois des chemins de traverse, de la peur de vieillir, mais aussi de cette liberté nouvelle qui consiste à savoir enfin ce que l’on veut — et ce que l’on ne veut plus.
Pas question pour elle d’endosser le costume de la femme qui s’efface. Elle préfère s’attaquer aux clichés avec ce qu’elle maîtrise le mieux : l’humour. Virginie a d’ailleurs commencé à imaginer des sketchs sur la ménopause. Elle y apparaît d’abord sous les traits de cette « vieille dame » que l’imaginaire collectif associe encore trop volontiers à cette période de la vie, engoncée dans un vêtement de laine qui gratte, le corps raide, peinant à grimper sur un tabouret. Puis, couche après couche, le déguisement tombe et, avec lui, toute une représentation de la femme ménopausée. Car c’est bien cela qu’elle interroge : pourquoi la fin des règles devrait-elle soudain faire basculer une femme du côté de la vieillesse ?
Se (re)connaître
La ménopause touche aussi à quelque chose de beaucoup plus personnel : notre relation au corps. Celui qui change de forme, parfois de rythme, et que l’on compare malgré nous à celui d’avant. Virginie ne cache pas avoir connu des saisons où elle ne se reconnaissait plus physiquement. Aujourd’hui, elle raconte avec plaisir avoir perdu du poids, revu son alimentation et retrouvé des vêtements dans lesquels elle se sent bien. Mais sa plus jolie victoire est ailleurs.
« Le matin, j’essaie d’être gentille avec moi, parce que si je ne suis pas gentille avec moi, qui le sera ? » Être gentille avec soi. Se valoriser. S’offrir un parfum, une crème, un petit plaisir. Cela peut sembler anodin. Ça ne l’est pas dans une société qui a longtemps appris aux femmes à prendre soin de tout le monde avant de penser à elles. Virginie revendique d’ailleurs volontiers une certaine forme d’égoïsme. « Je crois que je m’aime encore pour longtemps. »
La formule est belle. Parce qu’elle ne parle pas de narcissisme, mais d’alliance avec soi-même. Alors elle s’accorde des moments me time : une séance de sport, un café latte sur une terrasse à Paris, une promenade dans les bois avec une belle lumière aperçue au détour d’une journée ordinaire… « J’essaie vraiment d’être bien avec moi-même, pas de me suffire à moi-même, mais en tout cas d’être en accord avec ce que j’ai envie de faire. »
Si je ne suis pas gentille avec moi, qui le sera ?
La ménopause sans tabou
La ménopause ne se vit pas seulement dans le miroir de notre intimité. Elle nous accompagne au bureau, dans le couple, dans nos relations et jusque dans le regard que nous portons sur nous-mêmes. Fatigue, bouffées de chaleur, douleurs articulaires, variations d’énergie… Certaines femmes traversent encore ces bouleversements en silence, comme s’il fallait surtout que rien ne se voie. Car derrière le tabou de la ménopause se cache celui, plus profond, du vieillissement féminin. Dire que l’on est ménopausée, c’est aussi dire que le temps a passé. Et notre société peine encore à regarder ce temps-là comme autre chose qu’une perte : de jeunesse, de désirabilité, parfois même de visibilité.
Virginie, elle, rêve d’un moment où le sujet sera devenu si naturel qu’il n’aura plus besoin d’être expliqué. Aux femmes, aux hommes, mais aussi aux générations qui suivent. « C’est ça qu’on doit apprendre aussi à nos enfants : à bien accueillir tout ce qui se passe dans le corps […] que ce ne soit pas caché, tabou. » En parler aujourd’hui, pour ne plus avoir à s’en excuser demain.
Cartes postales de notre libido
Lorsque la conversation glisse vers la sexualité, Virginie Hocq retrouve immédiatement son terrain de jeu favori. Interrogée sur le désir après 50 ans, elle transforme aussitôt le sujet en matière à rire. Sa libido ? Elle la compare à une vieille connaissance qui ne donnerait plus que quelques nouvelles de loin. Derrière la boutade se dessine pourtant une réalité plus subtile. Virginie raconte les discussions entre amies, les transformations du désir et ce besoin, aujourd’hui, de davantage d’attention, de compliments et de disponibilité pour que l’envie puisse apparaître. Le désir n’est pas forcément parti. Il parle parfois une autre langue.
Et surtout, il n’existe pas une « bonne » façon de vivre sa sexualité après 50 ans. L’essentiel est ailleurs : pouvoir dire ce que l’on veut, ce que l’on ne veut pas, ce dont on a besoin. Rester maîtresse de son corps et de ses envies.
« Le sport, c’est ma vie »
S’il y a un sujet sur lequel Virginie aimerait convertir la terre entière, c’est bien celui-là. « Je pense que je suis motiveuse professionnelle ! » Le sport l’accompagne depuis longtemps, mais sa pratique a évolué. Moins de cardio, davantage de musculation, avec une priorité nouvelle : préserver sa force et ses muscles. Son conseil ? « Soulevez de la masse, challengez-vous ! »
Derrière l’enthousiasme, son objectif n’a rien d’esthétique. Virginie veut rester mobile. Grimper, descendre, faire des squats, continuer à disposer pleinement de son corps. Le mouvement est aussi son antidote aux jours gris. « On n’est jamais de mauvaise humeur après le sport. » Ces cinquante minutes deviennent un rendez-vous avec elle-même, une manière, dit-elle, de se « regonfler à bloc ». Et lorsque l’envie manque complètement ? Elle sort marcher. « Je me force et après je me sens bien. » Pas de miracle. Pas de performance à tout prix. Simplement cette conviction : continuer à bouger pour continuer à vivre pleinement.
Nourrir plutôt que punir
Son rapport à l’alimentation a connu la même (r)évolution. Comme beaucoup de femmes de notre génération, Virginie a longtemps intégré une équation aussi simple que frustrante : pour perdre du poids, il faut manger moins. Jusqu’au déclic.
« J’ai compris que je ne mangeais pas assez, que je ne mangeais pas bien. » Elle rééquilibre alors ses repas et prête davantage attention aux protéines, notamment pour accompagner sa pratique de la musculation. Même sur les tournages, elle anticipe désormais les petits creux avec une poignée d’amandes plutôt que de se jeter automatiquement sur le sucre.
Mais une chose reste non négociable. « Je ne veux pas me priver. J’aime manger, j’aime cuisiner. » Le plaisir reste à table. Parce qu’après tout, pour croquer la vie à pleines dents, encore faut-il y prendre goût. Mieux manger, bouger, préserver sa force et son énergie : derrière ces gestes du quotidien se dessine finalement une autre vision de la longévité. Non pas chercher à retenir le temps, mais se donner les moyens de continuer à le savourer. Non pas ajouter des années à tout prix. Ajouter de la vie aux années.
Je ne veux pas me priver
L’amitié, cette énergie vitale
Quand les batteries sont à plat, Virginie cite spontanément ses autres chargeurs : ses amies. Celles qu’elle appelle pour rire, raconter ce qui l’agace, partager une joie ou simplement retrouver de la légèreté. Elle évoque aussi sa mère, avec laquelle elle dit avoir partagé certains de ses plus grands fous rires. Ce lien compte énormément. Mais l’âge lui a aussi appris que toutes les relations ne doivent pas nécessairement être conservées à n’importe quel prix. « J’ai toujours cru que l’amitié, c’était pour la vie, mais je comprends que l’amitié, c’est comme l’amour. » Certaines relations passent, d’autres apparaissent. Et avec le temps vient aussi la liberté de choisir les personnes dont on souhaite s’entourer. Pas pour fermer sa vie. Au contraire. Pour laisser entrer celles et ceux qui correspondent à la personne que l’on devient.
Invisible à 50 ans ?
Il y a les transformations que l’on ressent. Et puis celles que le regard des autres semble soudain décider pour nous. Pour une comédienne, le cap des 50 ans prend une résonance particulière. « On n’a pas arrêté de me dire qu’à 50 ans, on était invisible et qu’on ne travaillerait plus. » C’est moins drôle quand Virginie évoque des doutes parfois « abyssaux » et cette injonction paradoxale faite aux actrices : accepter de vieillir, mais surtout sans en porter les traces. Jusqu’à ce qu’un autre visage apparaisse à l’écran. Un visage qui bouge, se plisse, s’étonne. Un visage vivant. Et si la vraie révolution était simplement là : laisser enfin les femmes avoir l’âge de leurs expériences, de leur histoire ? Virginie, elle, n’attendra pas que le cinéma décide de la suite. « J’ai décidé que je serai une comédienne qui jouera longtemps, parce que je vais créer les choses pour moi. »
Et soudain, la réflexion dépasse le cinéma. Que faire lorsqu’on commence à vous suggérer qu’il faudrait prendre moins de place ? Inventer la sienne. « Je suis créatrice aussi de ce que je vais faire de ma vie », ne plaisante plus Virginie Hocq. Ne pas attendre qu’on nous écrive la suite. Ne pas laisser l’âge décider de ce que l’on peut encore devenir. Voilà un mantra qui résonne bien au-delà de la scène.
Demain nous appartient
Le corps change. Les enfants grandissent. Certaines amitiés s’éloignent. La carrière se transforme. Le désir évolue. Les priorités aussi. On pourrait ne voir que ce qui disparaît. Virginie Hocq regarde plutôt ce qui reste à inventer. Elle ne nie ni les creux ni les doutes. Elle sait que la vie ne suit jamais une ligne droite. Mais elle refuse de laisser la peur de vieillir définir le prochain chapitre. Elle bouge, rit, crée, prend soin de ses liens et apprend surtout à rester de son propre côté.
Et lorsqu’on lui demande ce qui l’aide dans les moments difficiles, elle revient à l’essentiel : « En fait, je vais bien. » Son corps fonctionne. Elle est en bonne santé. Elle peut toujours faire des projets.
Et peut-être est-ce là que tout se joue : dans ce « encore », non pas comme le compte à rebours de ce qui reste, mais comme la conscience aiguë de tout ce qui est possible. Vieillir avec légèreté, ce n’est donc pas prendre l’âge à la légère. C’est peut-être cesser de compter ce que le temps emporte pour regarder tout ce qu’il reste à vivre.
Cette philosophie se vit aussi dans la rencontre. Conférences, ateliers, masterclass et soirées inspirantes réunissent femmes, personnalités et experts autour des grandes questions qui nous accompagnent : ménopause, médecine, alimentation, confiance en soi, beauté, énergie… Des rendez-vous pensés autant pour transmettre que pour échanger, rire et créer du lien. Et le décor participe à la parenthèse. Les soirées prennent vie chez Forest, à l’orée de la forêt de Soignes : un écrin naturel et apaisant où santé, bien-être et convivialité se rencontrent. Un lieu pensé pour ralentir, respirer, se reconnecter…
Sans injonction. Sans sablier. Le Nouvel Âge invite à habiter pleinement le moment présent — et à faire de chaque passage une nouvelle façon de se choisir.
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