The Daily Newsstand · Free, Always
Thursday, September 24, 2026

Invasion militaire du Canada par les É.-U. | Même les scénarios improbables doivent être analysés, soutient le gouvernement

Translate

(Ottawa) Il est tout à fait dans l’ordre des choses que les grands patrons des Forces armées canadiennes évaluent la possibilité d’une invasion militaire du Canada menée par les États-Unis, même si les deux pays entretiennent « la plus importante relation militaire du monde », affirme le ministre de la Défense David McGuinty.

Publié à

« Tous les militaires du monde entier consacrent du temps à analyser les scénarios qui comportent des risques », a soutenu le ministre McGuinty avant de participer à une réunion du cabinet.

Il ainsi tenté d’expliquer les propos du premier ministre Mark Carney qui, dans une entrevue accordée au New York Times, mercredi, a confié s’être préparé au cours de la dernière année au « risque extrême » que Donald Trump ordonne une intervention militaire contre le Canada, tout en décrivant au quotidien américain une relation tendue et en constante évolution avec son homologue américain.

Lisez l’article « Mark Carney s’est préparé à une intervention militaire américaine »

Les propos du premier ministre ont rapidement fait le tour des grands médias de la planète.

« Ce que le premier ministre a indiqué […] c’est qu’évidemment le Canada, le militaire, les Forces armées canadiennes ont la responsabilité de faire des analyses approfondies dans tous les domaines », a aussi dit le ministre de la Défense.

À l’instar du premier ministre, M. McGuinty a dit juger qu’une invasion militaire du Canada demeure un scénario extrême qui a très peu de chance de se concrétiser.

« On compte des décennies de collaboration entre les deux pays dans le NORAD, on parle de collaboration pour garder l’espace aérien de l’Amérique du Nord sécuritaire, pour sécuriser les régions maritimes », a-t-il exposé.

Dans l’entrevue au New York Times, M. Carney a refusé d’aborder en détail ce qu’impliquait la possibilité d’une invasion américaine, ajoutant que « c’est simplement de la gestion des risques » et que « ce n’est pas un scénario de base, mais il serait irresponsable » de ne pas s’y préparer.

« Je pense que, dans ces fonctions [de premier ministre], on a la responsabilité d’examiner les risques extrêmes », a déclaré M. Carney.

Depuis son retour à la Maison-Blanche, l’an dernier, le président Donald Trump a multiplié les menaces d’annexion envers le Canada. Pour y arriver, il a dit vouloir utiliser « la force économique » des États-Unis au lieu de son arsenal militaire. Mais l’imprévisible président américain a aussi évoqué la possibilité d’utiliser la force militaire pour annexer le Groenland.

À Ottawa, le chef parlementaire du NPD, Don Davies, a semblé surpris de la teneur des déclarations du premier ministre, reconnaissant néanmoins que le Canada navigue « en eaux inconnues face à un président des États-Unis qui nous qualifie de 51e État ».

« Le simple fait qu’il doive envisager une éventualité aussi inédite qu’une menace militaire potentielle de la part des États-Unis témoigne de la gravité de la situation », a-t-il commenté.

De passage à Victoria, en Colombie-Britannique, il y a trois semaines, le commandant du Commandement des forces américaines du Pacifique pour la Marine des États-Unis, l’amiral Samuel Paparo, balayait du revers de la main la probabilité d’un tel scénario.

PHOTO CHAD HIPOLITO, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Le commandant Samuel Paparo

Selon lui, une invasion militaire du Canada est un « scénario absolument absurde » et poser la question est « inutilement émotionnel ».

« Les forces armées sont conçues pour rester apolitiques et se concentrer impitoyablement sur les faits géographiques, les capacités et les intérêts à long terme du pays », affirmait alors l’amiral américain, qui a néanmoins confirmé du même souffle qu’il suit « les ordres du commandant en chef », Donald Trump.

Si le président américain se livre à une guerre tarifaire jusqu’ici, son secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a ridiculisé la puissance du Canada en disant que le pays ne peut pas « se livrer à une guerre de représailles avec quelqu’un qui est 13 fois plus grand que lui ».

PHOTO NATHAN HOWARD, REUTERS

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent

Il s’était interrogé à savoir comment le Canada entendait « faire la guerre » à son pays. « Ils vont sortir leurs deux sous-marins du centre commercial d’Edmonton et nous les envoyer dessus ? », avait-il raillé dans une entrevue télévisée, faisant référence à une ancienne attraction au West Edmonton Mall.

N’empêche, la sortie de M. Carney n’est pas sans rappeler les révélations du quotidien torontois The Globe and Mail qui rapportait en janvier que les Forces armées canadiennes avaient préparé des scénarios en cas d’intervention militaire américaine contre le Canada.

Citant des sources confidentielles, le journal affirmait alors qu’il ne s’agissait pas d’un plan opérationnel, mais d’un modèle élaboré à des fins de réflexion stratégique. On mentionnait qu’une telle action américaine était très improbable, et ce, même si Donald Trump répète régulièrement qu’il souhaite faire du Canada le 51e État américain.

View the original on La Presse →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.