Voici le film le plus précis jamais obtenu d’un jet de trou noir géant : les images sont vertigineuses

Les trous noirs sont incroyablement fascinants. Mais les blazars le sont peut-être un peu plus encore. Au cœur de galaxies lointaines, ils sont alimentés par des trous noirs monstrueux, des milliers de fois plus massifs que celui situé au centre de la Voie lactée et ses 4 millions de fois la masse du soleil. Ils projettent, presque à la vitesse de la lumière, d'immenses jets de gaz dans leur environnement.
C’est historique : deux trous noirs viennent d’être photographiés ensemble pour la première fois
Pour la première fois, des astronomes ont réussi à capturer une image radio montrant deux trous noirs en orbite l'un autour de l'autre. Jusqu'à présent, les astronomes n'avaient réussi à photographier que des trous noirs individuels. Mais il y a plusieurs années, ils ont pu disposer d'un radiotélescope virtuel de la taille de la moitié de l'orbite lunaire et donc avec un exceptionnel pouvoir de résolution.... Lire la suite
C'est un blazar en particulier que des chercheurs de l'Institut d'astrophysique d'Andalousie (Espagne) et de Caltech (États-Unis) ont étudié pendant 27 ans : 3C 345, dans la constellation d'Hercule.
Aplicado a 27 años de observaciones del blázar 3C 345, Kine permite seguir con detalle la velocidad y la dirección del movimiento del plasma en las distintas zonas del chorro y apunta a que sus estructuras brillantes no son ondas de choque, como se había asumido hasta ahora pic.twitter.com/dp0AUxXT70
— IAA-CSIC (@iaa_csic) August 26, 2026
Un monstre cosmique sous surveillance pendant près de 30 ans
Ils publient aujourd'hui dans la revue Nature une animation basée sur 116 images du trou noir supermassif prises entre 1995 et 2022 par le VLBA (Very Long Baseline Array), un réseau de 10 télescopes répartis aux États-Unis. L'équipe a aussi compté sur un réseau de neurones artificiels nommé Kine et capable de traiter des observations effectuées à différents moments, tout en apprenant et en exploitant les corrélations spatio-temporelles présentes dans les données. De quoi atteindre une résolution quatre fois supérieure à celle de n'importe quelle image individuelle.
Une ancienne méthode de détection d'une exoplanète par astrométrie a été mise en œuvre avec des radiotélescopes pour réaliser une prouesse impossible avec les autres méthodes : reconstruire complètement les orbites d'une exoplanète faisant partie d'un système binaire d'étoiles.... Lire la suite
Cette qualité de reconstruction vidéo a permis aux astronomes de mesurer avec précision la vitesse du plasma au sein du jet. Les composantes les plus brillantes se déplacent à une vitesse comprise entre 10 et 13 fois celle de la lumière, tandis que le gaz environnant file à une vitesse équivalant à environ 9 à 12 fois celle de la lumière.
L’anomalie physique qui prend les astrophysiciens de court
C'est une surprise pour les chercheurs. Car ils s'attendaient à ce que les composantes brillantes soient des ondes de choc se propageant dans le plasma à une vitesse, donc, bien supérieure à celle du fluide environnant. Pas de quoi remettre en cause les modèles en général, selon les astronomes, mais assez pour poser question, au moins, sur le cas précis du blazar 3C 345.
Et déjà, les chercheurs trépignent d'impatience à l'idée d'appliquer Kine à d'autres monstres du cosmos. Si cette méthode confirme ses promesses, elle pourrait bien transformer notre vision de la dynamique des jets et ouvrir une toute nouvelle fenêtre sur la physique de l'extrême. De quoi redessiner la carte des objets les plus violents de l'Univers ?
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