Le Vietnam cherche à s'adapter au changement climatique

Le Vietnam fait partie des pays les plus vulnérables au changement climatique. Selon un rapport publié cette année par le Programme des Nations unies pour le développement, près d'un tiers de sa population vit dans une zone exposée aux risques d'inondations. Une proportion qui pourrait approcher la moitié d'ici la fin du siècle. Dans le nord, les crues de septembre ont une nouvelle fois mis les digues à rude épreuve, forçant les autorités à déplacer plus de 17 000 personnes. Face aux aléas climatiques extrêmes, intensifiés par le changement climatique, le pays cherche de nouvelles façons de s'adapter.
Comme chaque année, la saison des crues a fait de lourds dégâts dans le nord Vietnam. À la mi-septembre, après plusieurs jours de fortes pluies, près de 20 000 habitations ont été inondées. À Hoa Lu, un habitant parcourt son village en barque, pointant du doigt un hameau sous les eaux : « Regardez ces maisons, par exemple. Quand vient la saison des crues, tout est inondé ici. Beaucoup de gens ici sont pauvres. Il y a encore beaucoup de familles qui vivent ici et qui n'ont pas les moyens de déménager. »
Dans la province de Ninh Binh, les autorités estiment les pertes économiques à plus de trois millions d'euros. Les agriculteurs sont parmi les plus exposés. Plus au sud, à Thanh Hoa, Dinh, riziculteur, avance dans l'allée qui mène à sa maison, l'eau jusqu'aux genoux : « Regarde, ma rizière devant la maison est perdue. Elle a été complètement submergée. On n'aura plus de riz à manger. Heureusement qu'ici, les autorités se préoccupent des habitants lorsqu'il y a des inondations. »
« Résoudre le problème des inondations »
Alors que le changement climatique accentue les risques de pluies extrêmes, les autorités renforcent les digues et réaménagent les canaux des zones exposées. De nouvelles approches sont aussi à l'étude. À Hanoï, l'ingénieur Nguyen Van Khoe a imaginé un réseau de puits souterrains pour soulager des égouts parfois centenaires. Début octobre, au Salon national de l'innovation, il actionne les vannes de sa maquette, submergée par une pluie artificielle, devant une foule médusée. « L'objectif est de résoudre le problème des inondations urbaines avec une nouvelle approche. Je vais fermer la vanne pour que tu voies l'eau monter. Maintenant, il suffit d'ouvrir une ou deux vannes pour que l'eau descende dans le souterrain aménagé », explique-t-il.
À l'échelle d'un quartier, le principe serait le même : récupérer l'excès d'eau de pluie dans ce réseau souterrain, puis l'évacuer par pompage, avant qu'elle ne s'accumule dans les rues : « Le changement climatique est quelque chose que nous devons prendre en compte. Jusqu'à présent, la logique consiste à élargir les canalisations. Mais avec mon système, il n'est plus nécessaire de les agrandir. On conserve les canalisations existantes et la solution consiste à les connecter à un niveau souterrain situé sous la ville. »
Nguyen Van Khoe espère désormais tester son invention en conditions réelles à Hanoï. Son projet fait partie des 36 propositions soumises aux autorités de la capitale pour répondre à ses grands défis urbains. À plus long terme, Hanoï entend aussi repenser son urbanisme. Adopté en mai 2026, son plan d'aménagement à horizon de 100 ans prévoit davantage de parcs, de corridors verts et de bassins de rétention. L'objectif : laisser davantage de place à l'eau, plutôt que de chercher uniquement à l'évacuer.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.