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Saturday, October 3, 2026

Agent de la SQ accusé d’agression sexuelle | La plaignante lui a fait des « avances », se défend le policier

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Un policier de la Sûreté du Québec accusé d’avoir agressé sexuellement une femme intoxiquée par l’alcool se dit victime d’une « injustice ». Niant toute agression, il affirme avoir répondu aux « avances » de la plaignante. Il a décrit devant la cour le moindre détail de leur relation sexuelle.

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« Je lui ai dit : est-ce que ça te tente ? C’est sombre, mais suffisamment lumineux pour discerner les visages. J’ai vu que ses yeux sont ouverts, qu’elle me regarde. Elle m’a répondu “oui si tu veux” », a témoigné Maxime Denis, il y a deux semaines, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Une version aux antipodes de celle livrée par la plaignante au début du procès.

Le policier de la SQ de 27 ans est accusé d’avoir agressé sexuellement une femme en novembre 2022. À l’époque, il était patrouilleur au poste de la MRC de Montcalm, à Saint-Lin–Laurentides, dans Lanaudière. Une ordonnance de la cour protège l’identité de la plaignante, que nous surnommons Marie-Ève*.

Au procès, Marie-Ève a raconté avoir entretenu une relation « purement amicale » avec Maxime Denis. Il n’arriverait « jamais rien » entre eux, lui avait-elle dit clairement. Néanmoins, l’accusé a tenté de l’embrasser à deux reprises.

« Je ne veux pas coucher avec toi ! Qu’est-ce que tu ne comprends pas là-dedans ? », lui a-t-elle lancé la seconde fois, selon son récit.

Maxime Denis conserve une tout autre perception de leur relation. Selon lui, il y avait une « tension sexuelle » entre eux. Ils avaient d’ailleurs souvent des discussions portant sur leurs exploits et leurs préférences sexuelles. Tous les deux se complimentaient mutuellement, affirme-t-il.

Selon l’accusé, Marie-Ève lui envoyait des messages contradictoires. Autrement dit, « les bottines ne suivaient pas les babines », image-t-il, en contre-interrogatoire. Dans une « métaphore », l’accusé s’est comparé à une « femme mariée » courtisant quelqu’un, mais sans qu’il y ait d’adultère.

« On joue dans cette relation-là », témoigne-t-il.

Elle sortait d’un « black-out total »

Selon Marie-Ève, elle accepte d’aller au bar avec Maxime Denis et des amis, à condition que l’accusé retourne chez lui le soir. Ils ne flirtent pas au bar, dit-elle. Dans un jeu d’alcool, Marie-Ève boit au moins sept shooters, plus deux cocktails. Elle se met à vomir et monte dans un Uber avec Maxime Denis.

Chez elle, Marie-Ève vomit dans la cuvette et s’effondre dans la salle de bains. Elle se réveille nue dans la douche en « black-out total ». Elle sent encore le besoin de vomir. La tête lui tourne. Elle est en colère contre Maxime Denis, qui se trouve dans son lit. Elle se couche.

Marie-Ève est réveillée par des caresses sur ses seins et à l’intérieur de sa cuisse. « J’ai encore très mal au cœur, ça tourne encore énormément. […] Je veux juste qu’il me lâche pour me recoucher. […] Je lui répète : “Laisse-moi tranquille, moi je dors” », témoigne-t-elle.

Elle se rendort. À son réveil, Maxime Denis est sur elle, en train de la pénétrer. Il tente de la positionner au-dessus de lui. « Je dis : “Max, je vais te vomir dessus” », se souvient-elle.

Ils ont du « plaisir », selon l’accusé

Maxime Denis nie de grands pans de la version de la plaignante. Selon lui, Marie-Ève lui a fait des avances au bar, en frottant sa cuisse et en lui disant avoir « envie » de lui. De plus, à ses yeux, elle n’était pas aussi soûle qu’elle l’affirme.

Chez Marie-Ève, les deux conviennent de dormir, comme ils sont fatigués. Mais dans la nuit, Maxime Denis est réveillé par le « mouvement de fesses de Madame » contre son entrejambe, alors qu’ils sont couchés en cuillère. « Je vois ça comme une avance sexuelle », témoigne-t-il.

Au procès, Maxime Denis a décortiqué geste par geste sa relation sexuelle avec Marie-Ève : leur masturbation mutuelle, leurs « gémissements » de plaisir et leur baiser « langoureux ». Il a ensuite décrit de façon très précise leur positionnement lors d’un « 69 ».

« Les deux, on prend plaisir de cet acte-là », a-t-il résumé.

Selon Maxime Denis, Marie-Ève était « très réactive et impliquée ». Par rapport à son niveau d’intoxication, elle semblait aller « beaucoup mieux » qu’à leur départ du bar, vers 1 h du matin. « Elle était en état de lendemain de veille et de fatigue », décrit-il.

« Par ego masculin, je lui ai demandé si j’étais dans les bons coups qu’elle avait eus, elle m’a répondu que oui », ajoute-t-il1.

Plus tard, Marie-Ève lui a écrit qu’il devrait « revoir les règles de consentement ». Maxime Denis était « sous le choc », jure-t-il.

Sa suspension à la SQ et le processus judiciaire ont mené Maxime Denis à des « moments de détresse ».

« Heureusement que j’avais une force à l’intérieur qui me donnait le courage de venir dire : c’est une injustice dont j’ai été victime », confie-t-il.

Le juge Frédéric Bénard a mis l’affaire en délibéré.

* Prénom fictif

1. Lisez l’article « Agent de la SQ accusé d’agression sexuelle : “Est-ce que je suis dans ton top 3 ?”, aurait dit le policier après l’agression »

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