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Thursday, October 29, 2026

Dégraissage (et Olympiques ?) à l’horizon

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J’ai rencontré Soraya Martinez Ferrada quelques jours après son élection, en novembre 2025, dans son bureau tout juste libéré par Valérie Plante.

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La nouvelle mairesse m’avait confié sa fascination devant l’organigramme touffu de la Ville de Montréal. Une « toile d’araignée » aux allures de labyrinthe. Elle promettait de simplifier cet appareil municipal obèse, pour vite s’attaquer à une série de crises brûlantes : itinérance, chantiers bordéliques, insécurité, nids-de-poule, etc.

Un an après son élection, ces problèmes restent d’actualité. Certains ont même empiré, comme en témoigne la multiplication des campements de sans-abri et des seringues abandonnées partout en ville.

Si l’on se fiait seulement à ce que l’on voit pour dresser le bilan de l’an 1 de Soraya Martinez Ferrada à la mairie, il serait famélique. La métropole semble encore à des années-lumière d’une grande renaissance.

La politicienne de 54 ans en est consciente. Mais elle a aussi ce message pour les Montréalais : regardez-moi bien aller.

La première année de son mandat aura servi à ausculter le patient en profondeur, à couper une première tranche de gras bureaucratique, et à semer les germes de plusieurs réformes. Les résultats commenceront à se faire sentir pendant les trois prochaines années, promet-elle.

Quelle note vous accordez-vous après un an au pouvoir, donc, Madame la Mairesse ?

Au début d’une entrevue-bilan avec l’équipe de La Presse, mercredi, elle se donnait un score de 8 sur 10. Quarante-cinq minutes plus tard, elle était rendue à 7. Notre partie de ping-pong au sujet des maux de la métropole l’a peut-être amenée à corriger le tir en cours de route, qui sait.

Ce type d’exercice de notation me fait toujours sourire. Un gros paquebot comme la Ville de Montréal, avec ses 25 000 employés, ne peut changer de cap en une petite année : c’est évident.

Ce délai est court, mais il est aussi très long, en politique. Soraya Martinez Ferrada a déjà effectué le quart de son mandat de quatre ans. Elle a maintenant une obligation de résultat.

La mairesse affirme avoir découvert une ville dans un état bien pire que ce à quoi elle s’attendait (un refrain classique). Par exemple : son équipe a réalisé qu’il manquait une tonne de machines pour déneiger les rues et colmater les nids-de-poule.

Après ce constat, la Ville a lancé plusieurs appels d’offres. Cette démarche discrète a permis à Soraya Martinez Ferrada d’annoncer une série de nouvelles mesures hivernales la semaine dernière, dont l’achat de 43 nouveaux équipements au coût de 13 millions.

Des actions plutôt que des promesses, qui reflètent son style de gestion, avance-t-elle. « Le citoyen s’attend à ce que je dis, ce n’est pas juste que je vais le faire. C’est que je suis déjà en train de le faire, c’est quasiment fait, même, parce que sinon, il va perdre confiance. »

Son administration a appliqué la même méthode en matière d’itinérance, pour préparer le plan d’action de l’hiver prochain. Tout a été bouclé d’avance, et finalisé grâce à un investissement de 18 millions du nouveau gouvernement péquiste.

« Pour la première fois depuis des années, on n’est pas en train de travailler sur le plan de haltes-chaleur en toute urgence, à la mi-décembre », s’est-elle vantée en entrevue.

Un autre gros dossier a occupé l’administration Martinez Ferrada dans la dernière année : la négociation de sept conventions collectives avec les employés municipaux. Elle a réussi à conclure une entente de principe avec ses 6600 cols bleus le mois dernier, qui sera bientôt soumise au vote.

Cet accord n’apporte pour l’instant aucun bénéfice visible aux citoyens. Mais les clauses négociées donneront plus de latitude à la Ville pour mieux répartir les cols bleus partout sur le territoire. Ce renforcement du droit de gérance de la Ville devrait se traduire par des services plus efficaces, soutient la mairesse, comme l’asphaltage des rues.

L’objectif de la Ville est de rapatrier plus de travail de voirie en « régie interne » et de réduire sa dépendance à la sous-traitance. Cela m’apparaît judicieux… mais aussi nécessaire. Les finances municipales sont serrées, ce qui représentera l’un des grands défis de Soraya Martinez Ferrada pour la suite de son mandat.

La dette de la Ville a bondi de 2 milliards ces dernières années, et le déficit d’entretien des infrastructures est gargantuesque. En additionnant les sommes qu’il faudrait investir pour remettre à niveau les rues, les égouts et le réseau de la Société de transport de Montréal (STM), la facture atteint les 20 milliards !

Le « mur » n’est plus à l’horizon : la métropole l’a déjà frappé. « Tu ne peux pas, chaque année, être dans un modèle où tes revenus ne couvrent même pas la hausse de tes dépenses, lance la mairesse. Le monde comprend ça : la mathématique de base ne marche pas. »

La table est ainsi mise pour le deuxième budget de son administration, prévu le mois prochain. L’augmentation des taxes municipales risque de dépasser le taux de l’inflation (3 %), ce qui viendra rompre l’une de ses promesses de campagne.

En contrepartie, la mairesse promet de poursuivre son plan de dégraissage de l’appareil municipal, en abolissant au moins 1000 postes d’ici la fin de son mandat. Elle mise aussi sur de nouvelles technologies déjà à l’essai, comme l’intelligence artificielle, pour réguler les feux de circulation, une tâche aujourd’hui effectuée par des policiers payés en heures supplémentaires.

C’est acquis : le prochain budget sera corsé. Les Montréalais risquent de ronchonner. Mais si l’on en croit les engagements de Soraya Martinez Ferrada, cette façon de redresser la barre assainira les finances de la Ville et améliorera la qualité des « services de base ».

Le déneigement sera nettement meilleur dès l’hiver prochain, tout comme le colmatage des nids-de-poule au printemps, avance-t-elle. Cette promesse, si elle se réalise, correspondra à l’un de ses principaux engagements électoraux.

Si, je le souligne en fluo.

Soraya Martinez Ferrada souhaite en parallèle remettre Montréal à l’avant-scène des grands évènements internationaux. Le succès récent des championnats mondiaux de cyclisme UCI démontre selon elle que la métropole peut se remettre à rêver grand. À rêver d’accueillir de nouveau les Jeux olympiques, même.

Les décisions difficiles mais « nécessaires » que son administration prend aujourd’hui mettront la table à l’atteinte de cet objectif, croit la mairesse.

Les Montréalais surtaxés la croiront peut-être quand les rues de la ville n’auront plus l’air d’une zone bombardée bordée par des forêts de tentes.

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