Élections en Allemagne: comment la débâcle de la CDU aux régionales fragilise Friedrich Merz à l’international

Alors que le chancelier allemand Friedrich Merz doit composer avec la débâcle de son parti, la CDU, à deux élections régionales dimanche 20 septembre, les inquiétudes montent également en Europe. Car le chef des conservateurs ressort fragilisé des élections dans le Mecklembourg-Poméranie, deux semaines après la victoire spectaculaire du parti d’extrême droite pro-russe AfD en Saxe-Anhalt. Une nouvelle confirmation de la tendance observée ces dernières semaines.
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Les résultats des élections dans le Mecklembourg-Poméranie et à Berlin fragilisent Friedrich Merz. Les succès de l’AfD, combinés aux défaites de la CDU, devraient contraindre le chancelier à se concentrer davantage sur les affaires domestiques. Il a d’ailleurs annulé son déplacement prévu cette semaine à l’Assemblée générale de l’ONU. Friedrich Merz doit en priorité gérer sa majorité, alors que ses adversaires, notamment l'AfD, annoncent déjà son départ avant la fin de l’année.
Cette nouvelle donne intervient à un moment délicat pour les partenaires européens de l’Allemagne, alors que se profilent des négociations cruciales autour du budget de l’Union européenne pour 2028-2034, dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine et les tensions croissantes avec la Russie.
Les scores de l’AfD inquiètent en tout cas à la Commission européenne. « La digue a lâché », estime l’un de ses dirigeants cité par le Monde. « Jusqu’où ira la vague ? », s’interroge-t-il, avant une série d’élections potentiellement lourdes de conséquences en Espagne, en Italie, en Pologne et en France.
Ces scrutins sont également observés à Moscou. Le Kremlin a réagi lundi 21 septembre par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov : « Nous constatons l’impopularité du gouvernement actuel en Allemagne et le manque de soutien pour sa politique », a-t-il déclaré.
Friedrich Merz peut-il tenir après ces revers électoraux?
Friedrich Merz a reconnu dimanche soir un « désastre politique », tout en affirmant qu’il n’entendait ni céder sa place ni renoncer aux réformes. Ce lundi 21 septembre, le chancelier a assuré que personne ne l’avait remis en cause au sein des instances dirigeantes de la CDU, rapporte notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut.
« Nous voulons poursuivre le processus de réformes mais nous savons également que nous devons répondre aux peurs et aux inquiétudes de nos concitoyens », a-t-il déclaré.
L’AfD estime au contraire que Friedrich Merz ne tiendra pas jusqu’à la fin de l’année. Sa dirigeante, Alice Weidel, propose une alliance à la CDU : « La CDU ne peut pas continuer ainsi. Nous sommes prêts pour une alliance. Nous devons d’urgence avoir des discussions pour sortir ce pays ensemble de la crise ».
Friedrich Merz n’entend pas répondre à cette offre et estime que l’avenir démocratique de l’Allemagne dépend du maintien de son gouvernement. Il n’a annoncé aucune mesure concrète ce lundi, alors que l’AfD atteint 30 % dans les sondages.
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