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Tuesday, October 20, 2026

Test de Final Fantasy Resonance : le retour aux sources qui touche en plein cœur

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Avec Final Fantasy Resonance, Square Enix revient à une formule plus classique pour sa série de JRPG culte. Loin de la vitrine clinquante que sont les épisodes de Final Fantasy VII Remake, ce nouvel opus, plus modeste, n’en est pas moins magnifique, et devrait plaire à une catégorie de fans de longue date de la saga.

La série Final Fantasy est passée de la 2D à des personnages en 3D dans des décors précalculés en 2D, puis à la 3D intégrale. La suite logique ? Des personnages en 2D dans des décors en 3D. La boucle est bouclée, et la licence atteint peut-être sa forme ultime avec cet épisode Final Fantasy Resonance, en HD-2D, qui sort le 22 octobre 2026 sur PC, PS5, Xbox Series S, Xbox Series X, Nintendo Switch et Nintendo Switch 2.

Si la proposition peut paraître désuète, quelques mois avant la sortie de Final Fantasy VII Revelation, dernier volet du remake en trois parties, attendu le 8 avril 2027, elle n’en reste pas moins fascinante. Au-delà de ses graphismes, Resonance touche une corde sensible : celle qui vibre chez les fans de longue date de Final Fantasy, celles et ceux qui étaient là à l’époque de la NES, ou qui ont fait leurs premières armes avec les épisodes de la PS1.

Mais, au-delà de son aspect nostalgique, est-ce que ce nouvel épisode, qui reprend dans les grandes lignes l’épisode mobile Final Fantasy Brave Exvius, lancé en 2015 et aujourd’hui fermé, vaut que l’on y investisse plusieurs dizaines d’heures de jeu, alors que la fin d’année est très, très chargée ? Réponse dans notre test.

Final Fantasy Resonance // Source : Square Enix

9/10

Points forts

  • Une direction artistique HD-2D exceptionnelle
  • Un système de combat prenant et dynamique
  • Un retour aux sources réussi

Points faibles

  • Une récupération des Visions trop simpliste
  • Quelques poncifs qui font lever les yeux au ciel
  • Un Final Fantasy qui ne plaira pas à tout le monde

La HD-2D la plus aboutie de Square Enix

J’ai une théorie : tous les jeux en HD-2D de Square Enix, d’Octopath Traveler aux remakes de Dragon Quest III puis I & II, ont été autant d’essais de la part de l’éditeur pour peaufiner ce rendu graphique. Square Enix a confié le développement de Resonance au studio japonais Lancarse, associé à la Team Asano, l’équipe interne justement à l’origine d’Octopath Traveler et du style HD-2D. En effet, quand on voit Final Fantasy Resonance, c’est une évidence : jamais la HD-2D n’a été aussi bien exploitée dans un jeu.

Je ne parle pas seulement de beauté graphique. Dragon Quest I & II mettait déjà la barre haut, et, récemment, The Adventures of Elliot: The Millennium Tales avait également fait fort dans sa proposition. Non, ici, en plus d’être beau, le jeu se permet ce que les autres titres en HD-2D de Square Enix n’osaient pas : bouger la caméra dans les décors.

Se promener dans les villages et un régal pour les yeux. // Source : Capture Ps5
Se promener dans les villages est un régal pour les yeux. // Source : Capture Ps5

Ce n’est rien dit comme ça, mais le principal défaut de la HD-2D était que la caméra restait finalement figée, en mode diorama, sur l’action, cinématiques comprises. Resonance reprend pourtant les ingrédients qui font le charme de cette approche graphique : des personnages en pixel art d’une finesse remarquable, qui semblent tout droit sortis d’un jeu rétro, évoluent dans des décors en 3D mis en valeur par des éclairages, des effets de profondeur et une profusion de détails. Mais là où la HD-2D donnait jusqu’ici l’impression d’admirer de petites scènes miniatures, Resonance fait voler en éclats cette sensation de diorama en donnant une liberté inédite à la caméra.

Ainsi, la mise en scène gagne en dynamisme, ce qui permet d’intensifier chaque scène, chaque émotion, en plus d’offrir des cinématiques de toute beauté. Dans les villes comme au cœur des combats, la caméra ne tient jamais en place. Elle balaie les décors à l’horizontale, glisse sous une arche, pivote autour des bâtiments ou accompagne les déplacements en gravissant des marches. Les cinématiques ne sont pas en reste, multipliant travellings et panoramiques avec une fluidité et une élégance remarquables. Quant aux combats, ils profitent eux aussi de cette mise en scène dynamique, avec des mouvements amples et certaines attaques qui n’ont rien à envier aux Final Fantasy modernes.

Les combats ont d’ailleurs fait l’objet d’un soin tout particulier dans leur mise en scène, entre les effets de certaines magies dévastatrices qui remplissent tout l’écran dans un déluge de particules, les Visions, particulièrement belles, et les chimères, toujours aussi impressionnantes, quel que soit l’épisode de la saga. Non, vraiment, si le remake de Final Fantasy VII est le plus impressionnant techniquement parlant, Resonance pourrait bien être l’un des plus beaux par sa direction artistique et son audace visuelle.

Une histoire qui va droit au but

Final Fantasy Resonance se déroule dans le royaume de Grandshelt, dont l’équilibre repose sur plusieurs Cristaux liés aux différents éléments. Mais lorsque de mystérieux guerriers menacent de les détruire, Rain, commandant d’une escadrille d’aéronefs, Lasswell, son second et ami d’enfance, et Fina, une mystérieuse jeune femme, se lancent à leur poursuite pour empêcher la destruction du royaume.

Le récit de Resonance s’appuie d’ailleurs sur les Cristaux, qui donnent également leur nom à l’un des thèmes principaux de toute la série : le thème du Prélude, aussi appelé Crystal Theme, l’un des thèmes les plus emblématiques de la Final Fantasy. Une note d’intention évidente de la part de Square Enix, faire de cet épisode un hommage à 40 ans de Final Fantasy.

Passée une introduction qui nous plonge directement dans l’ambiance et soulève d’emblée de nombreuses questions sur les enjeux et les personnages, Final Fantasy Resonance présente ses protagonistes et son univers avec une efficacité qui rappelle immédiatement les premiers épisodes de la saga. Le royaume de Grandshelt, ses Cristaux, ses aéronefs et la menace qui pèse sur le monde : tous les ingrédients du RPG japonais classique sont réunis, avec le charme des anciens épisodes.

Si, sur le papier, Square Enix veut faire un Final Fantasy hommage, manette en main, c’est une capsule temporelle que l’on découvre. L’exploration de temples, la carte en 3D, les musiques qui rappellent d’anciens épisodes, les villes et les PNJ, les menus, tout cela évoque évidemment l’ère Super Nintendo, Final Fantasy VI en tête, mais aussi les épisodes de l’ère PS1 et leur simplicité apparente.

Resonance renoue surtout avec une écriture qui laisse de la place à l’aventure, sans esbroufe. À l’heure où certains RPG multiplient les dialogues interminables et les séquences explicatives, le jeu revendique une approche plus classique, presque intimiste, sans pour autant renoncer à la mise en scène. La structure narrative, héritée de la première saison de Brave Exvius, que cette version réorganise en profondeur, peut sembler limitée par moments. Elle se déroule heureusement avec une grande fluidité au fil de l’aventure.

On en vient à s’attacher à ses personnages, alliés comme ennemis, et à vouloir progresser dans l’aventure par pur intérêt pour son récit, chose qui, personnellement, ne m’était pas arrivée depuis Final Fantasy X. Square Enix laisse de côté, le temps d’un épisode, les délires scénaristiques à la Tetsuya Nomura, le célèbre character designer et directeur créatif derrière Final Fantasy VII et Kingdom Hearts, pour offrir un épisode du cœur, et ça fait un bien fou.

Un mot sur les quêtes annexes, qui encouragent à explorer les environs et permettent de développer les personnages. Elles s’intègrent très bien au rythme de l’aventure et étoffent l’univers et les relations entre les protagonistes, en plus de rapporter de précieux objets, utiles notamment pour vos Visions.

Le retour du tour par tour, mais bien plus dynamique

Les Visions justement, parlons-en. Ces Visions sont des héros et héroïnes d’autres Final Fantasy qui viennent vous prêter main-forte. À travers elles, Resonance fait aussi office d’épisode musée, de quoi faire plaisir aux fans de longue date. On pourrait se demander ce que Cloud ou d’autres héros de la saga viennent faire dans Resonance, mais Square Enix trouve une justification plutôt bien fichue. Ces fantômes d’autres mondes sont un petit bonbon sucré que l’on savoure avec plaisir, et leur présence se limite aux combats.

Comme dans tout bon Final Fantasy, les combats sont au cœur de l’expérience. Ici, on a affaire à du tour par tour, mais sans jauge ATB, cette barre qui se remplit jusqu’à la prochaine attaque. Resonance affiche à la place la chronologie du combat, avec les prochains tours des alliés et des ennemis. À vous de gérer les actions de vos personnages, en attaque comme en défense, en gardant plusieurs coups d’avance.

À son tour par tour, Square Enix ajoute une composante diablement efficace : la jauge de Choc. Le principe consiste à exploiter les faiblesses des adversaires pour les mettre en état de choc et ainsi les priver d’actions. S’ensuit alors un véritable déchaînement de violence, durant lequel vous pouvez enchaîner les attaques dévastatrices avant de déclencher une puissante capacité de Résonance grâce à vos Visions.

Pour le reste, on est dans le classique : l’expérience gagnée au combat fait monter vos personnages en niveau, l’argent sert à acheter armes et armures, et les points de compétence débloquent de nouvelles capacités sur les Visions équipées. Une fois une Vision maîtrisée à 100 %, vous pouvez vous en séparer tout en conservant certaines de ses compétences.

Globalement, n’importe quel néophyte pourra progresser dans l’aventure sans rencontrer de réelle difficulté. Il faudra toutefois faire monter votre équipe en niveau pour affronter des ennemis plus coriaces, tenter de capturer des chimères ou venir à bout de certains boss un peu trop punitifs si vous manquez de préparation. Square Enix pense aussi à celles et ceux qui voudraient simplement parcourir l’aventure grâce à un mode Histoire, qui rend le jeu bien plus facile. Une fonction permettant de tripler la vitesse des combats est également présente, parce que les ados d’hier qui passaient leur temps sur FF7 ont maintenant un travail et moins de temps libre.

Un contenu généreux et des surprises

Il arrive bien sûr un moment où vous mettrez le sauvetage du monde de côté pour aller vous amuser à droite et à gauche. La carte du monde à parcourir n’est pas très grande, mais entre les villes, les passages cachés, les îles mystérieuses et les lieux facultatifs, il y a de quoi multiplier la durée de l’aventure par deux. Vous pourrez vous déplacer à dos de chocobo et voyager rapidement vers des endroits déjà visités, ce qui évite, encore une fois, de perdre trop de temps pour aller d’un point A à un point B.

Si le jeu peut se terminer en 35 heures environ avec le mode facile activé, comptez plutôt 70 heures pour en voir le bout à 100 %, avec quelques surprises à la clé. Certains ennemis nécessitent un niveau élevé, et les affronter en mode facile serait dommage, tant les combats sont stratégiques et amusants. Certaines quêtes annexes vous demanderont également un peu de matière grise pour être accomplies.

Concernant les Visions, elles ne se récupèrent pas par un système de tirage aléatoire comme dans le jeu mobile Brave Exvius, mais s’obtiennent dans des sanctuaires qui misent très fort sur la nostalgie et divulgâchent allègrement les Final Fantasy dont elles sont issues. La manière d’obtenir une Vision est d’ailleurs le seul véritable défaut de cet épisode : il vous suffit de les ramasser dans les sanctuaires dédiés, comme vous ramasseriez une potion tombée par terre, tout simplement. On aurait aimé que ces retrouvailles avec les héros emblématiques de la saga soient un peu plus mises en valeur, plutôt que de se résumer à une simple collecte à la Pokémon.

Malgré ses qualités indéniables, pas sûr que cet épisode parvienne à convaincre les joueuses et les joueurs qui ont découvert la série avec ses épisodes les plus récents. Si, de mon côté, je retrouve un plaisir fou et ai l’impression de replonger dans une époque bénie, où le JRPG était à son apogée, les nouveaux venus pourraient se sentir démunis face à un épisode plus léger, qui mise avant tout sur le classicisme et la nostalgie. Une approche qui fait mouche auprès des nostalgiques, mais qui risque de paraître un peu trop sage à celles et ceux qui attendent de la saga qu’elle continue à se réinventer. Pour se faire une idée, une démo gratuite, qui couvre tout le premier chapitre, est disponible depuis le 3 septembre, et la sauvegarde se transfère vers le jeu complet.

Le verdict

On a aimé

  • Une direction artistique HD-2D exceptionnelle
  • Un système de combat prenant et dynamique
  • Un retour aux sources réussi

On a moins aimé

  • Une récupération des Visions trop simpliste
  • Quelques poncifs qui font lever les yeux au ciel
  • Un Final Fantasy qui ne plaira pas à tout le monde

Avec Final Fantasy Resonance, Square Enix signe bien plus qu’un hommage nostalgique aux premiers épisodes de sa saga culte. C’est un véritable retour aux sources, qui reprend les ingrédients du RPG japonais classique pour les sublimer grâce à une direction artistique HD-2D exceptionnelle. Mais Resonance ne se contente pas d’être beau. Son histoire, ses personnages attachants, son système de combat stratégique et son contenu généreux en font une aventure particulièrement plaisante, qui rappelle pourquoi les premiers Final Fantasy, jusqu’à l’ère PS1, ont marqué toute une génération. Malgré quelques limites héritées de ses origines mobiles, Final Fantasy Resonance prouve qu’un grand RPG n’a pas besoin de réinventer la roue pour nous faire vibrer.  

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