PunchMy wife cared for some actresses she knew I was dating — Yinka QuadriESPN DeportesMLB Playoffs 2026: así llegan Brewers y Dodgers a la NLCSESPNComparing A'ja Wilson's MVP run to all-time greatsInquirerFrom Donki to Nike: Analyst says VP had ‘unusual’ purchases in 2025Bollywood HungamaRanveer Singh brings home a Rs. 1.95 crore electric luxury sedan; all you need to know about his BMW i7ZDF heuteAktuelle Pressemitteilungen des ZDFCNN TürkCristiano Ronaldo, 1000 gol hedefine 1 adım daha yaklaştıThe Jerusalem PostPremature birth may cause lifelong kidney damage, Israeli researchers findNew Straits TimesFahmi: RM150m Postal Fund to begin operations in first quarter of 2027Il Sole 24 OreAffitti brevi, calo a settembre in tutta Europa ma in Italia crescono ancora3DNewsНесмотря на задержки, Amazon обещает запустить спутниковый интернет-сервис в ближайшее времяLa NaciónCalifornia: el programa de Newsom que paga hasta US$10.000 por 450 horas y admite a ciertos dreamers
The Daily Newsstand · Free, Always
Saturday, October 10, 2026

Les plaques d’adresse bleues émaillées, symbole retrouvé de Montréal

Translate

L’Atelier Nouvelle Adresse vient de lancer une production artisanale de ces plaques en acier bleues émaillées qui ont longtemps caractérisé les bâtiments de Montréal. Derrière le projet se trouvent deux complices : Marie-Michelle Deschamps et Aurélie Guillaume.

Toutes deux artistes, elles travaillent depuis des années l’émail chacune à leur manière. Des architectes les avaient déjà approchées pour restaurer ou reproduire les anciennes plaques montréalaises. La fermeture en Normandie d’une émaillerie qui en fabriquait des exemplaires à bas prix a fini de les convaincre. « S’il y avait quelqu’un pour reprendre la production de ces plaques émaillées, cela devait évidemment être nous ! » disent-elles en chœur.

Le studio de design montréalais Principal les a aidées à redessiner ces plaques le plus fidèlement possible. Elles ont poussé le souci de fidélité jusque dans la mise en forme de l’acier. Leurs plaques sont mises en forme à l’aide d’une presse hydraulique afin de recréer le relief en biseau original. « Pour le bleu, nous utilisons du cobalt, plus vif et plus proche de l’original » que les reproductions françaises.

Elles notent au passage que c’est le même bleu qui est utilisé de manière emblématique en signalétique à travers le monde, notamment pour les plaques parisiennes. Le tout est mis à cuire à haute température.

Une meilleure qualité

« Pour l’instant, nous allons offrir uniquement les plaques bleu et blanc de 1 à 4 chiffres, mais nous travaillons à une façon d’offrir les plaques d’adresse à 5 chiffres très bientôt », affirment-elles.

Ces nouvelles plaques artisanales montréalaises sont fabriquées sur commande au prix de 175 $ chacune. Les fondatrices prévoient une première production de 1000 plaques, réalisées en plusieurs cuissons. « L’émaillage est un travail lent et minutieux », expliquent-elles. Elles invoquent également le coût de l’équipement, celui de l’acier particulier nécessaire à l’émaillage et les années d’apprentissage qu’exige un savoir-faire devenu rare.

Des reproductions de ces plaques montréalaises, produites en France, ont longtemps coûté environ 40 $. Plusieurs individus s’étaient tournés de ce côté pour recréer les façades typiques des demeures montréalaises. L’Émaillerie normande, une entreprise familiale de Caen dont les origines remontaient à 1840, a cessé ses activités, constate Le Devoir. Les plaques restantes sont classées comme des fins de série.

Marie-Michelle Deschamps et Aurélie Guillaume n’ignoraient pas ces reproductions françaises. En entrevue, elles affirment ne pas avoir été impressionnées par leur réalisation. Leur nouvelle plaque, soutiennent-elles, se rapproche davantage de la fabrication des originales montréalaises.

Une signature de Montréal

L’histoire de ces petits rectangles bleus, longtemps caractéristiques des rues montréalaises, remonte à plus d’un siècle. Ces plaques permettaient, disent-elles, « une certaine cohérence dans le paysage urbain ». Elles y voient « un élément iconique du patrimoine bâti de la ville » qu’il importe de revaloriser.

Au début du XXe siècle, Montréal connaît un capharnaüm en matière d’identification des adresses. Les annexions de municipalités multiplient les rues portant les mêmes noms. Certains écrivent leur numéro de porte sur un simple morceau de bois ou de carton. Parfois, il n’y a tout simplement rien. D’une porte d’entrée à l’autre, la constance relève de l’inconstance.

En 1905, pour essayer de s’y retrouver, Montréal décide d’uniformiser la numérotation. Un premier lot de quelques milliers de plaques est fabriqué. À compter de 1909, la Ville les vend 20 sous la pièce. Les plaques bleues à chiffres blancs deviennent peu à peu une caractéristique du paysage montréalais. Les fusions municipales et les renumérotations des années 1920 en multiplient ensuite le nombre. Des plaques du genre existent jusque dans les années 1970. Puis, l’ère du chacun-pour-soi et du n’importe quoi reprend ses droits.

Certaines de ces plaques variaient selon les secteurs. On en trouvait à fond noir sur le boulevard Gouin. Certaines séries portent aussi des chiffres légèrement différents.

En 1979, Montréal possède encore 15 000 de ces plaques en stock ; elle les vend 10 $.

Aujourd’hui, la Ville n’impose plus cette uniformité esthétique. Selon les arrondissements, la réglementation exige surtout que le numéro soit suffisamment grand, contrasté et visible de la rue. La Ville indique d’ailleurs qu’un propriétaire peut acheter sa plaque dans le commerce ou la fabriquer lui-même.

Pendant ce temps, les anciennes plaques ont continué à disparaître des façades, victimes des rénovations, de la rouille ou simplement des changements de goût du moment. La cohérence d’ensemble en a souffert. « Ces plaques sont pour nous très importantes, car elles permettent une certaine cohérence dans le paysage urbain », notent-elles. « Elles sont un élément iconique du patrimoine bâti de la ville », qu’elles se disent heureuses de valoriser à leur manière.

View the original on Le Devoir →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.