Carney affirme avoir étudié le risque d’une intervention militaire américaine
Le premier ministre Mark Carney a révélé au New York Times avoir étudié la possibilité d’une intervention militaire menée par les États-Unis au Canada.
Dans une longue entrevue publiée mercredi, M. Carney a refusé d’entrer dans les détails, mais il a laissé entendre qu’il aurait été irresponsable de sa part ne pas se préparer à ce qu’il a qualifié de « risque extrême ».
« Je pense que, dans ces fonctions, on a la responsabilité d’examiner les risques extrêmes », a expliqué M. Carney au New York Times.
« C’est simplement de la gestion des risques. Ce n’est pas un scénario de base, mais il serait irresponsable de ne pas s’y préparer », a-t-il poursuivi.
Le président américain, Donald Trump, a évoqué à plusieurs reprises l’idée de faire du Canada le 51e État américain.
Bien qu’il ait exclu le recours à la force militaire pour annexer le Canada en janvier 2025, il a affirmé qu’il envisagerait d’utiliser la « force économique » pour amener le Canada à faire partie des États-Unis.
Lors de son entrevue avec le New York Times, M. Carney a aussi évoqué les plans du Canada visant à réduire sa dépendance vis-à-vis du service Internet par satellite d’Elon Musk, Starlink.
Il a également abordé le fait que le Canada envisage des options de rechange à l’achat d’avions de chasse américains F-35.
Le projet du Canada visant à acquérir une flotte complète d’avions de combat furtifs F-35 fait toujours l’objet d’un examen mené par le gouvernement Carney. Cet examen a été lancé il y a plus d’un an en réponse à la guerre commerciale déclenchée par M. Trump.
La guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis s’est intensifiée après l’échec, à la mi-août, des efforts visant à conclure un accord.
Au lendemain de la rupture des négociations, M. Trump a imposé des droits de douane de 50 % sur 28 milliards $ de produits canadiens. Le Canada a mis en place des droits de douane de rétorsion en septembre.
Le président Trump a aussi signé un décret visant à identifier et à retirer les produits d’origine canadienne des marchés publics fédéraux américains.
Selon l’article du New York Times, M. Carney a révélé que M. Trump et lui échangent « fréquemment », même depuis l’échec des négociations commerciales, ce que le premier ministre a répété à plusieurs reprises ces dernières semaines.
Plus tôt mercredi, le président Trump avait affirmé sur les réseaux sociaux que le Canada était en train de « s’autodétruire » en laissant entrer des millions de personnes sur son territoire « pratiquement sans contrôle ni vérification ».
M. Trump n’a fourni aucune preuve à l’appui de ses allégations, mais a qualifié cette situation de « prise de pouvoir par les libéraux qui va très mal finir ».
Même s’ils assistaient tous deux à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, cette semaine, M. Carney et M. Trump ne se sont pas rencontrés. Il s’agissait du premier déplacement de M. Carney aux États-Unis depuis l’échec des négociations commerciales.
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