Iran: les civils pris en étau entre répression «extrême» et l'impact de la guerre, selon l'ONU

La population civile iranienne se trouve prise au piège entre une répression étatique « extrême » et l'impact de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines, ont alerté jeudi 17 septembre des enquêteurs de l'ONU. La Mission internationale indépendante d'établissement des faits sur l'Iran alerte que, face au mécontentement de la population, le régime de Téhéran « marque une escalade significative par rapport au passé ».
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Les civils « sont pris entre de graves violations des droits humains et des crimes contre l'humanité commis par leur propre gouvernement, et le conflit meurtrier opposant le pays aux États-Unis et à Israël », a déclaré la Mission internationale indépendante d'établissement des faits sur l'Iran. Dans son dernier rapport qui doit être présenté lundi au Conseil des droits de l'Homme, elle établit que la réaction de Téhéran face aux manifestations de l'hiver dernier « marque une escalade significative par rapport au passé ».
Les enquêteurs constatent une montée en puissance « tant par l'ampleur des violences et des homicides que par les efforts déployés pour couper les liens entre les communautés et avec le monde extérieur, le recours à des lois répressives et l'utilisation croissante de la peine de mort comme instrument d'intimidation et de contrôle ».
Le mouvement de contestation, qui avait initialement débuté fin décembre pour protester contre la hausse du coût de la vie, s'était rapidement transformé en vastes protestations antigouvernementales ayant culminé les 8 et 9 janvier. Des ONG parlent d'une répression ayant fait des milliers de morts, quand le pouvoir a fait état de plus de 3 000 morts, imputant les violences à des « actes terroristes » orchestrés par les États-Unis et Israël.
« Des meurtres à une échelle stupéfiante »
La mission accuse les forces de sécurité d'avoir « procédé à des meurtres à une échelle stupéfiante dans les 31 provinces », les bilans les plus lourds ayant été signalés à Téhéran, Karaj, Mashhad, Ispahan et Rasht. En outre, souligne-t-elle, « des dizaines de milliers de personnes ont été privées de liberté dans le cadre d'arrestations et de détentions arbitraires à grande échelle », parfois assorties de « tortures » et de placements en isolement.
Les autorités avaient par ailleurs suspendu l'accès à l'internet international pendant les manifestations, puis de nouveau au début de la guerre, pour plusieurs mois. Et depuis le début du conflit, le gouvernement a « intensifié son recours à la peine de mort contre les manifestants », avancent les enquêteurs, affirmant qu'entre mars et août 2026, au moins 29 hommes ont été exécutés « à l'issue de procès expéditifs » en lien avec les manifestations.
« Plus de 70 personnes, dont cinq femmes et trois garçons, restent exposées à un risque imminent d'exécution », ajoutent-ils. Le rapport conclut que nombre de ces violations constituent des « crimes contre l'humanité, notamment des meurtres, des emprisonnements, des actes de torture et d'autres actes inhumains ».
Washington fortement soupçonné de « crimes de guerre »
La mission dénonce aussi des frappes menées par le camp américain le 28 février, au premier jour de la guerre. Selon elle, il existe des « motifs raisonnables » de croire que les États-Unis ont commis des « crimes de guerre » en lançant des attaques « sans discrimination ayant entraîné la mort ou des blessures de civils ».
Les experts citent celles contre une école primaire de Minab, qui ont tué plus de 150 personnes, dont environ 120 enfants, et contre un complexe sportif et une zone résidentielle « clairement identifiables » à Lamerd, tuant 22 civils. La mission a appelé l'Iran et les États-Unis à stopper « toutes les violations et tous les crimes » et demandé aux belligérants à mettre « immédiatement fin aux hostilités ».
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