Défense: la Finlande se rapproche de la dissuasion nucléaire française, bouclier face aux Russes

La Finlande a annoncé ce lundi 14 septembre « rejoindre » la dissuasion nucléaire « avancée », proposée par le président français Emmanuel Macron. C'est le dixième pays européen a rejoindre cette initiative destinée à renforcer la défense de l'Europe face à la menace russe.
On ne sait toujours pas vraiment en quoi consiste cette dissuasion nucléaire avancée. Quand il s'agit de nucléaire, le secret-défense est la règle. Il y aura des exercices conjoints et, potentiellement, des déploiements temporaires d'éléments des forces nucléaires françaises hors de France. Voilà tout ce que Paris a laissé filtrer pour l'instant.
« Un groupe de pilotage nucléaire sera établi dans les prochains mois », annonce l'Élysée. La signature de ce nouveau partenariat stratégique interviendra ce 14 septembre à Helsinki, dans l'après-midi. Et ce sont les deux ministres des Affaires étrangères qui l'acteront.
Helsinki fixe ses limites
Le président finlandais Alexander Stubb a estimé sur le réseau X que l'initiative française visait « avant tout à renforcer la sécurité européenne » et à « prévenir les escalades », sans se « substituer » à la « dissuasion nucléaire de l'Otan ». « Pour la Finlande, le cadre prioritaire d'action reste l'Otan et l'Union européenne », a-t-il ajouté, assurant que son pays n'entend pas voir des armes nucléaires stationnées « sur son territoire en temps de paix ».
Partageant une frontière terrestre de 1 340 km avec la Russie, la Finlande a, comme le reste de l'Europe, renforcé sa posture de défense depuis le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022. En juin dernier, le parlement finlandais avait d'ailleurs adopté une nouvelle législation levant l'interdiction totale des armes nucléaires dans le pays.
Un bouclier face à la Russie
La signature de ce nouveau partenariat stratégique entre la France et la Finlande est d'abord et avant tout politique : la France partage sa dissuasion nucléaire avec ses alliés européens, une sorte de bouclier destiné à décourager toute attaque sur ces pays. Avec la Finlande, les Européens consolident encore leur flanc nord.
Mis à part le Royaume-Uni qui possède l'arme nucléaire, l'Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède, le Danemark et la Norvège bénéficient déjà de ce parapluie. En rejoignant l'initiative, la Finlande renforce sa protection alors que le pays est la cible d'attaques hybrides du voisin russe.
À Moscou, le Kremlin dénonce depuis le début une escalade nucléaire de la part des européens.
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Helsinki, 14 sept 2026 (AFP) - La Finlande, voisine de la Russie, a décidé de rejoindre la dissuasion nucléaire "avancée" proposée par la France, devenant le dixième partenaire européen à se joindre à l'initiative lancée en début d'année par Emmanuel Macron.
Alors que la France est le seul pays européen doté de l'arme atomique avec le Royaume-Uni, cette initiative vise à associer d'autres Etats européens volontaires, notamment à travers des exercices et des consultations stratégiques, mais sans aucun partage de la décision ultime.
"Un groupe de pilotage nucléaire sera établi dans les prochains mois pour commencer la mise en oeuvre de cette coopération", ont annoncé lundi les deux pays dans une déclaration conjointe.
Le président finlandais Alexander Stubb a estimé sur le réseau X que l'initiative française visait "avant tout à renforcer la sécurité européenne" et à "prévenir les escalades", sans se "substituer" à la "dissuasion nucléaire de l'Otan".
"Pour la Finlande, le cadre prioritaire d'action reste l'Otan et l'Union européenne", a-t-il ajouté, assurant que son pays n'entend pas voir des armes nucléaires stationnées "sur son territoire en temps de paix".
La déclaration conjointe salue "une étape importante pour la sécurité européenne et pour la coopération bilatérale" qui "offrira des opportunités pour le signalement stratégique ainsi que pour la capacité à gérer l'escalade sous le seuil nucléaire".
L'annonce a été faite dans le cadre d'un nouveau partenariat stratégique entre la France et la Finlande qui sera signé dans l'après-midi à Helsinki par les deux ministres des Affaires étrangères.
Dans un discours prononcé début mars sur la base stratégique de l'Ile-Longue, près de Brest, le président français Emmanuel Macron a actualisé la doctrine de dissuasion nucléaire française.
L'idée consiste à projeter la dissuasion française vers les alliés européens, notamment par des exercices conjoints et, potentiellement, des déploiements temporaires d'éléments des forces nucléaires françaises hors de France, tout en maintenant le contrôle national de l'arme.
Huit pays avaient été d'emblée associés à cette nouvelle doctrine: le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark. Ils ont été rejoints en mai par la Norvège.
- Probable "mécontentement" russe -
Partageant une frontière terrestre de 1.340 km avec la Russie, la Finlande a, comme le reste de l'Europe, renforcé sa posture de défense depuis le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022.
Mettant fin à plusieurs décennies de non-alignement militaire, le pays nordique a rejoint l'Otan en avril 2023.
Après l'annonce de lundi, "Moscou manifestera probablement son mécontentement sur le plan rhétorique, en présentant ces mesures comme agressives et menaçantes", a commenté Matti Pesu, chercheur à l'Institut finlandais des affaires internationales (FIIA).
"Rien de nouveau sur ce point", a-t-il dit à l'AFP.
En juin, le parlement finlandais a adopté une nouvelle législation levant l'interdiction totale des armes nucléaires dans le pays.
Le vote a rapproché la législation finlandaise de celle de ses voisins nordiques -- Suède, Norvège et Danemark -- qui n'ont pas d'interdiction légale générale et explicite des armes nucléaires.
Désormais, "tous les pays nordiques, à l'exception de l'Islande, participeront" à l'initiative française, "ce qui permettra de discuter du rôle de la dissuasion nucléaire avancée à l'échelle de l'ensemble de l'espace nordique", a noté Matti Pesu.
"Il pourrait être judicieux de regrouper les groupes de pilotage bilatéraux en un seul groupe France-pays nordiques", a-t-il avancé.
Cet été, la France avait aussi annoncé qu'elle contribuerait aux forces terrestres avancées de l'Otan en Finlande, sous commandement suédois, destinées à renforcer la capacité de dissuasion de l'Alliance face à la menace russe.
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