Cancer de la peau: l’Anses alerte sur les risques pour les travailleurs exposés aux rayons UV

Travailler en plein air peut augmenter le risque de développer un cancer de la peau, c'est l'alerte lancée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire, l'Anses. L'agence réclame ainsi une meilleure prévention et une reconnaissance de ces cancers comme maladies professionnelles, ce qui est encore très loin d'être le cas.
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En France, quelque 3,5 millions de travailleurs sont exposés aux rayons UV solaires et courent le risque de développer un cancer de la peau d'origine professionnelle, selon l'Anses. Ils sont agriculteurs, postiers, ouvriers du bâtiment et sont particulièrement exposés aux rayons UV du soleil et peuvent développer trois types de cancers de la peau : les carcinomes épidermoïdes cutanés, les carcinomes basocellulaires cutanés, et les mélanomes cutanés.
Leur lien avec une activité professionnelle en extérieur est donc désormais scientifiquement établi, affirme l'Anses dans ce travail publié ce jeudi 15 octobre 2026.
Le danger ne concerne pas seulement les journées de forte chaleur : même une exposition le matin, ou par intermittence, peut présenter un risque. C'est le cas, par exemple, des enseignants qui surveillent les cours de récréation ou des serveurs en terrasse. Certains métiers sont particulièrement exposés : l'Agence nationale de sécurité sanitaire cite par exemple les marins, à cause de la réverbération du soleil sur l'eau.
Des cancers très peu reconnus en France
Un cancer est dit « d'origine professionnelle » s'il est la conséquence directe de l'exposition professionnelle à un risque physique, chimique ou biologique, ou résulte des conditions d'exercice de l'activité. En France, ces cancers restent très peu reconnus comme maladies professionnelles : seules 137 demandes de reconnaissance ont été examinées entre 2013 et 2024. En Allemagne, pour la seule année 2018, c'était en revanche plusieurs milliers de travailleurs qui avaient été indemnisés pour cette raison.
Les travailleurs de l'industrie du BTP sont notamment cernés en raison de leur exposition à d'autres rayons que ceux du soleil, : les rayons UV artificiels provenant du soudage ou de la découpe de matériaux notamment, avec le risque de développer un mélanome oculaire. Les agriculteurs également exposés à des UV artificiels lors de diverses opérations comme la désinfection, le nettoyage, la désinsectisation, le soudage, ou pendant le couvage des animaux éclairés aux lampes UV.
L'Anses réclame donc la création d'un tableau de maladies professionnelles pour faciliter leur reconnaissance et leur indemnisation. Mais elle appelle surtout les employeurs à mieux protéger leurs salariés. Porter un chapeau ou des vêtements couvrants ne suffit pas : il faut aussi limiter le temps passé au soleil, aménager les horaires, voire reporter certaines activités.
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