Une lettre codée par Napoléon révèle enfin ses secrets grâce à l’IA

Auguste Viesse de Marmont est un proche de Napoléon, un ami de jeunesse. Bonaparte l’a envoyé dans une région reculée, annexée à l’empire cette année-là, la Dalmatie. C’est une région cruciale, en actuelle Croatie, car elle est alors frontalière avec l’empire autrichien. Si l’Autriche parvient à prendre la Dalmatie, elle est en position de force pour tenter une invasion de l’Italie, contrôlée par les Français.
Napoléon fait donc envoyer une lettre à Marmont, mais ce n’est pas lui qui la rédige, c’est son beau-fils, Eugène de Beauharnais, le fils de Joséphine. Celui-ci a été promu sur le trône d’Italie par son illustre beau-père, et est donc en première ligne des intrigues diplomatiques et militaires contre l’Autriche.
On pouvait aisément se douter que, si la lettre a été codée, c’est parce qu’elle contient des informations stratégiques de première importance. Mais jusqu’ici, personne, même pas les plus grands spécialistes en codes secrets napoléoniens, n’avait pu comprendre son contenu.
Ce que contient la lettre d’Eugène à Marmont, ce sont des informations stratégiques qui ne devaient pas atterrir dans les mains de l’ennemi. Beauharnais y décrit précisément les positions des troupes françaises dans les régions allemandes, celles des Autrichiens, ainsi que les forces en présence. Il prévient que Marmont recevra bientôt son ordre de marche, pour encercler l’ennemi de toutes parts.
"Je m’empresse aujourd’hui de vous informer de la disposition des armées françaises et alliées. Le duc de Dantzig, à la tête de quarante mille Bavarois, occupe Munich et Passau. Le prince Poniatowski, à la tête de trente mille Polonais, campe sur la Vistule et menace Cracovie. Le prince de Ponte-Corvo commande l’armée saxonne, campée devant Dresde, et le duc d’Auerstaedt occupe Bayreuth avec quatre-vingt mille soldats français."
Eugène mentionne également l’arrivée imminente de l’armée russe, alors alliée des Français. Pourtant, jamais aucun soldat russe n’a rejoint le conflit, et pour cause, le Tsar a promis, en cachette, à son homologue autrichien qu’il ne s’engagerait pas dans l’affaire. Mais Bonaparte utilise la désinformation pour tenter de rassurer, tant son état-major que la population, en faisant courir lui-même le bruit de cette aide d’un puissant allié qui ne viendra jamais.
Le texte entier de la lettre ainsi que l'explication de la démarche ont été entièrement publiés en ligne sur le site personnel de l'ingénieur. Quant à la guerre de Napoléon contre l'Autriche ? Elle se terminera par une victoire française avec la bataille de Wagram, l'une des plus meurtrières de l'époque. Marmont et ses troupes dalmates y étaient présents.
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