"Ils dorment et ils communiquent": en Ukraine, des camps pour se reconstruire loin de la ligne de front

Une séance de gym et de danse au réveil, tout ressemble ici à un camp de vacances sauf que toutes ces familles viennent des zones de guerre en Ukraine et les activités sont encadrées par des psychologues.
"Elles ne se donnent pas le droit de sentir des émotions positives, d’être heureuses", explique Khrystyna Dudashvili, la fondatrice du camp de rétablissement. "Elles sont très fermées. Beaucoup de maman ne prennent pas leurs enfants dans leurs bras. C’est vraiment triste de voir ça."
La danse devient alors un moyen de prendre du temps ensemble, de se rapprocher et d’oser, à nouveau, profiter de moments de détente.
Aujourd’hui, ils dorment
Ces familles sont à fleur de peau, comme l’explique Natalia vit près de la frontière russe avec ses quatre enfants. "Aujourd’hui, ils dorment. C’est le plus gros changement. Ils dorment et ils communiquent avec les autres. Ils sont heureux et souriants. Ça, c’est la chose la plus importante."
Pendant une semaine, ces enfants peuvent vivre en dehors des abris sans se préoccuper des bombes et des alertes. L’un d’entre eux explique son quotidien près de la ligne de front. "Quand ce sont des bombes planantes, on doit se réfugier dans le couloir, parce que là c’est vraiment dangereux. Mais quand on entend que c’est un drone, on doit juste s’écarter des fenêtres pour éviter les éclats."
Nous savons comment vivre avec ou sans la lumière
La lumière se coupe en pleine interview. Nos équipes sur place s’interrogent mais la psychologue sur place ne s’étonne pas. "Ça, c’est une situation normale en Ukraine. Pour nous ce n’est pas une surprise. Nous savons comment vivre avec ou sans la lumière."
Avec les frappes russes sur le réseau électrique, en Ukraine, la guerre ne peut jamais être totalement oubliée. Pour tenir depuis presque 5 ans, il faut des moments de sécurité et de jeux, une parenthèse même si elle n’est que de quelques jours.
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