ESPNBroncos' striking resemblance to Denver's last Super Bowl winnersPunchNorth Korea women thrash Bangladesh 10-0 in Asian Games openerDaily MaverickReimagining agricultural education as AI transforms farming and future jobsוואלה7 שנות מאסר לסייעת בגן ילדים בנתניה שהורשעה בהתעללות ב-12 פעוטותInquirerMarcos welcomes Imelda acquittal after 40-year graft legal battleRTP DesportoDjokovic fora do top 10 ATP, Zverev ameaça SinnerThe Jerusalem PostIsrael's oldest Holocaust survivor dies at at 107 on Rosh HashanahUOLNo 1º turno, Lula sobe para 42% e Flávio Bolsonaro cai a 37%, mostra pesquisa BTG/NexusColliderOne of the Greatest Sci-Fi Books of the 21st Century Is Under 200 PagesХабрПриз за то, чего вы не сделали: соревнование по кибербезопасности для тех, кто не пишет кодکیهان لندن«توافق دفاعی مکه» موش زائید؟! چشم امید بن‌سلمان به حمایت اسرائیلThe Hollywood Reporter‘Sunday in the Park With George’ Revival Scrapped After Ariana Grande and Jonathan Bailey Exit
The Daily Newsstand · Free, Always
Monday, September 14, 2026

Planète bleue, idées vertes | Quand les arbres s’invitent au pâturage

Translate

À la ferme Raymond Alary et Fils, à Sainte-Sophie, dans les Laurentides, les vaches broutent paisiblement dehors à longueur de journée. Leur chez-soi est devenu encore plus confortable depuis un an : elles ont accès à une petite parcelle de terre où elles peuvent se prélasser à l’ombre, sous les arbres.

Publié à

Peu de vaches au Québec ont ce luxe. « Si on leur donne de bonnes conditions, comme en ce moment, elles sont bien, elles sont heureuses », affirme avec fierté Frédérick Alary, copropriétaire de la ferme familiale.

La famille Alary, derrière les Fromagiers de la Table Ronde, a toujours été à l’avant-garde en matière d’écoresponsabilité. Aujourd’hui, elle choisit d’ajouter une corde à son arc en adoptant le sylvopastoralisme.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Les Fromagiers de la Table Ronde, établis à Sainte-Sophie

Cette sous-branche de l’agroforesterie consiste à inclure sur une même parcelle des arbres, des pâturages et des animaux, de manière intentionnelle, « de façon à ce que chacun puisse utiliser les bénéfices des autres », résume Lys Affre, coordonnatrice au développement et au partage des connaissances à Régénération Canada, un organisme à but non lucratif qui promeut l’adoption de l’agriculture régénératrice.

« C’est essentiellement planter des arbres, ajoute Cécile Tartera, agronome et conseillère chez Groupe ProConseil. C’est hyper intuitif, on ne réinvente pas la roue. Mais comme toutes ces productions-là ont progressivement été séparées avec l’intensification de l’agriculture, aujourd’hui, c’est un peu innovant de les remettre ensemble. »

Vache heureuse, producteur heureux

Le principal avantage réside dans l’ombre que fournissent les arbres, le bétail pouvant ainsi profiter de la fraîcheur additionnelle.

Après avoir déplacé une clôture pour donner accès à ses animaux à une rangée d’arbres, il constate déjà une grande différence : son troupeau est moins incommodé par la chaleur.

« Lorsqu’il fait plus de 30 ℃, les bêtes sont comme nous, elles mangent moins, elles sont plus fatiguées, donc la production baisse un peu. Cette année, on s’est aperçu qu’en leur donnant accès en dessous des arbres, la production a beaucoup moins diminué », note-t-il.

Les vaches qui vivent du stress thermique fournissent un lait de moindre qualité qui contient moins de gras et de protéines, indique Cécile Tartera. Un facteur important pour les producteurs laitiers québécois, qui sont payés essentiellement au kilo de matière grasse.

Parmi les nombreux autres avantages du sylvopastoralisme, on compte l’augmentation de la matière organique et le stockage de carbone dans les sols.

« Ça contribue à la diversité d’insectes, ça ramène des oiseaux, des chauves-souris. C’est tout un écosystème qui devient un petit peu plus résilient », mentionne Lys Affre.

Le sylvopastoralisme comprend également ce qu’on appelle la production de fourrage ligneux : les feuilles et les branches comme nourriture pour les animaux. Dans le contexte québécois, on envisage surtout les arbres comme fourrage d’appoint, nécessaire lors de périodes de sécheresse, par exemple.

« Je ne pense pas nécessairement que [les producteurs] vont planter des arbres exprès pour ça. Mais s’ils peuvent faire de l’ombre, protéger du vent, stocker du carbone et qu’une fois en cinq ans, quand c’est la crise, on peut les manger, ça va juste être un bonus », illustre Lys Affre.

Laboratoire à ciel ouvert

Il y a deux ans, Frédérick Alary a testé une nouvelle méthode sylvopastorale, avec les conseils de Julien Fortier, chercheur en agroforesterie et chargé de projets pour Éco-corridors laurentiens.

Ils ont planté des plançons de peupliers hybrides. Il s’agit d’arbres coupés, ressemblant à des « piquets de clôture », un projet unique au Québec.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Frédérick Alary

Le but, c’était d’avoir quelque chose qui pousse vite, qui est assez gros pour ne pas que les vaches les abîment, et qu’ils fassent de l’ombrage rapidement.

Frédérick Alary

Frédérick Alary pointe d’autres arbres de la même espèce, plantés en 2008, illustrant ce à quoi ce bout de pâturage ressemblera dans 10 ans. Les arbres s’élèvent en hauteur, déployant un large couvert feuillu. « J’imagine quand les arbres vont être de cette maturité-là : les vaches vont être couchées en dessous, ça va être vraiment beau. »

Frédérick Alary et Julien Fortier ont aussi planté dans une autre zone une quinzaine d’essences d’arbres, plus durables que les peupliers, pour tester leur adaptation.

Inspirer le changement

Ces pratiques demeurent très marginales au Québec, où peu de producteurs laissent leurs vaches à l’extérieur. Le sylvopastoralisme est davantage implanté en France, un pays plus affecté par les changements climatiques.

Je pense que c’est pour ça qu’on s’est moins tourné vers ça. Notre situation au Québec est moins critique, donc on n’a pas eu besoin d’être aussi créatif jusqu’à maintenant.

Lys Affre

Lorsque Régénération Canada et Groupe ProConseil ont eu l’idée l’an dernier d’organiser une activité de réseautage sur le sylvopastoralisme, plusieurs redoutaient un échec, selon les deux agronomes.

L’évènement a finalement attiré un grand nombre de chercheurs et d’agriculteurs. « Il y a beaucoup de gens qui ouvrent leurs oreilles, et qui seraient prêts à en faire si c’était un petit peu plus balisé », affirme Cécile Tartera.

La ferme Alary a récemment fêté ses 100 ans. Frédérick Alary veut s’assurer que ce qu’il léguera à ses enfants durera encore longtemps. « Quand tu plantes un peuplier ou un chêne, tu le plantes pour la prochaine génération. »

View the original on La Presse

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.