Air France dans l'embarras face à la demande d'Israël de filtrer les nationalités du personnel navigant
La compagnie aérienne Air France demande à son personnel navigant de 31 nationalités de se retirer de lui-même des vols à destination d'Israël. La société se plie ainsi, à sa manière, à une directive des autorités israéliennes, après la tentative d'attentat du co-pilote d'un vol Flydubai, le 30 septembre. Dans cette directive, sont pointés du doigt les nationalités de 31 pays n'ayant pas de relations diplomatiques avec l'État hébreu. Les doubles nationalités sont aussi concernées.
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En Israël, la loi interdit l'entrée sur le territoire de tout ressortissant venant de pays n'ayant pas de lien diplomatique avec l'État hébreu. Or, selon des informations révélées par le quotidien Haaretz, au moins 1 240 membres d’équipage aérien ont, malgré leur nationalité, atterri en Israël en 2026.
Les services de sécurité israéliens reconnaissent ne pas avoir les moyens d'effectuer le contrôle de tous les équipages venant de l'étranger. D'où cette directive des autorités israéliennes : elles exigent des compagnies aériennes qu'elles effectuent elles-mêmes ces contrôles.
Au sein d'Air France, la directive est mal passée. Selon Mediapart, la compagnie a d'abord envisagé de demander aux salariés concernés de se signaler. Mais cette collecte de données est interdite en France, et les syndicats s'y sont vivement opposé.
Air France demande finalement au personnel visé de se retirer des vols en direction de Tel-Aviv, sans avoir à se justifier – certains le faisaient déjà pour des raisons personnelles. La compagnie précise malgré tout dans une note que le non-respect de la directive israélienne soumettrait Air France et le salarié à des sanctions. L'un des syndicats du personnel navigant regrette qu'Air France n'ait jamais envisagé de refuser tout simplement d'appliquer cette consigne.
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