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Monday, September 21, 2026

Accès aux services en français : des progrès, mais encore du travail à faire en Ontario

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Les services en français connaissent des avancées dans la province, mais, selon certains, il reste encore du travail à faire. Ils estiment notamment que l'expansion des régions désignées, annoncée en décembre, progresse trop lentement.

À Chatham-Kent, à certains endroits déjà désignés, les services en français sont encore difficiles à obtenir, selon Marthe Dumont, secrétaire au Centre communautaire La Girouette de Chatham-Kent.

On est censés avoir accès aux services en français, mais c'est plus ou moins vrai, soyons honnêtes. L'accès est très difficile selon les domaines, dit-elle.

Marthe Dumont, secrétaire au Centre communautaire de Chatham-Kent La Girouette.

Les services en français sont encore difficiles à obtenir à Chatham-Kent, selon Marthe Dumont, secrétaire au Centre communautaire de Chatham-Kent La Girouette.

Photo : Radio-Canada

En allant au bureau de ServiceOntario, Mme Dumont affirme avoir reçu un service en français, nul.

La préposée, très gentille, nous a offert, par téléphone, une traduction en nous disant : '' Je peux communiquer avec un traducteur si vous voulez. '' C'était ça l'offre de service en français. C'est très déplorable, raconte-t-elle.

Un événement très courant dans la région, selon elle. C'est ce genre de défi auquel on est confronté tous les jours.

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À l’heure actuelle, la désignation ne vise que la ville de Tilbury, ainsi que les cantons de Dover et de Tilbury East. Ces trois endroits font partie de la Municipalité de Chatham-Kent, dont l’ensemble du territoire sera désigné à compter de 2029.

Bien qu’elle se montre sceptique quant au réel changement que l’agrandissement de la région apportera, Marthe Dumont le croit important. On montre que ce n'est pas seulement des portions de Chatham-Kent qui sont francophones, on montre que Chatham-Kent au complet est francophone, dit Mme Dumont.

Ça envoie un message public à la grande communauté francophone de l'Ontario. Ça nous met sur la carte. Il n'y a pas juste des francophones à Ottawa et Sudbury, il y en a aussi à Chatham-Kent.

Attendre encore près de trois ans est un peu long, estime-t-elle toutefois. Techniquement [à Chatham-Kent], ils n'avaient pas besoin de cette période de trois ans pour offrir des services en français, croit-elle. Ça traîne pour rien, c'est trop long.

Elle cite en exemple la difficulté d’obtenir un service dans la langue de Molière à la Régie des alcools de l'Ontario (LCBO). Est-ce qu'ils ont besoin de trois ans pour embaucher une personne? questionne-t-elle.

Le Centre communautaire francophone La Girouette à Chatham-Kent.

Le Centre communautaire francophone La Girouette à Chatham-Kent

Photo : Google Street View

Mme Dumont note aussi que les services en français sont souvent cachés. J'espère que [l'offre] va devenir plus visible pour que les francophones se sentent plus à l'aise pour demander des services en français, dit-elle. Si c'est trop difficile, les gens ne le feront pas et on va prouver ce que les Anglais pensent, qu'il n'y a pas de demande, donc, pas besoin d'offrir des services en français.

Avec l'expansion, à Hamilton, la région désignée couvrira dorénavant la totalité de la ville et non seulement les limites de celle-ci datant du 31 décembre 2000.

Lanciné Koulibaly, directeur général du Centre francophone de Hamilton, espère vraiment que cela deviendra réalité.

Il souligne qu’il y a de plus en plus d’initiatives dans la région, mais que l’offre des services en français n’a pas suivi ces dernières années. Ça devient compliqué, dit-il. On aimerait que cela change parce que, chaque année, on reçoit plusieurs centaines de familles francophones à Hamilton.

Je crois qu'il doit y avoir un alignement entre la promotion pour attirer les francophones et les services offerts aux francophones.

Selon lui, attendre 2029 pour que la région soit entièrement désignée est un peu long. Mais quand on veut bien faire les choses, ça prend un peu de temps. Ça demande assez de logistique pour préparer, on doit faire des embauches aussi, reconnaît-il.

Lanciné Koulibaly, directeur général du Centre francophone de Hamilton.

Selon Lanciné Koulibaly, directeur général du Centre francophone de Hamilton, il y a de plus en plus d’initiatives francophones à Hamilton ces dernières années, mais l’offre des services en français n’a pas suivi.

Photo : Radio-Canada

En décembre, la province a annoncé que quelque 7700 francophones supplémentaires, dans le Sud-Ouest, comme dans l’est de la province, vivront dans une région désignée de l’Ontario à compter de 2029 en vertu de modifications à la désignation.

Les Comtés unis de Stormont, Dundas et Glengarry, le comté d’Essex, le comté de Renfrew et le district de Thunder Bay sont les autres régions qui seront étendues.

Une affiche où s'est écrit « english/français» avec l'icone d'un homme devant un bureau

Les Franco-Ontariens sont censés pouvoir obtenir des services en français dans tout bureau du gouvernement de l’Ontario situé dans les régions désignées de la province.

Photo : Radio-Canada

Nous insistons sur la nécessité d’avoir un plan clair de mise en œuvre : il faut identifier les bureaux et les services concernés, assurer une capacité bilingue suffisante, mettre en place une véritable offre active et rendre compte des progrès réalisés avant 2029, indique, pour sa part, le président de l'Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Fabien Hébert, dans un courriel.

Rapport du Commissaire

Dans un courriel, Emmanuelle Bleytou, responsable des communications pour le Bureau de l’ombudsman de l’Ontario, invite toute personne qui a rencontré des enjeux à recevoir des services en français de la part d’un organisme du gouvernement provincial à communiquer avec le Commissaire.

Le Bureau de l’ombudsman et son unité des services français font d'ailleurs état de 315 plaintes et demandes de renseignements entre le 1er octobre 2024 et le 30 septembre 2025, soit une baisse de 20,3 % par rapport à l’année précédente, montre le dernier rapport du Commissaire (nouvelle fenêtre).

Le dernier rapport constate par ailleurs des progrès dans la mise en œuvre des recommandations du Commissaire. Plusieurs exemples de cas individuels y sont présentés. Il souligne plusieurs mesures mises en place par les différents organismes, agences et ministères provinciaux, notamment.

Le rapport met aussi en lumière des tendances. Par exemple, Tribunaux décisionnels Ontario a informé le Commissaire qu'il a traité 1029 procédures en français en 2024-2025 – soit 282 de plus que l'année précédente, grâce à la formation et au recrutement d'arbitres francophones.

Par courriel, Geneviève Oger, porte-parole pour le ministère des Affaires francophones de l’Ontario soutient pour sa part qu’une période de mise en œuvre de trois ans est typique lors de l’ajout de territoire ou région désigné(e).

Elle permet le développement des capacités requises afin d’offrir des services en français provinciaux de qualité, indique-t-elle, ajoutant que les ressources ainsi qu'une signalisation bilingue seront déployées progressivement.

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