« Un bonbon », « je me revois dans la mienne » : ce que le public pense à chaud de la Citroën 2 CV au Mondial
Le concept de la future Citroën 2 CV était la star du Mondial de Paris 2026. Numerama a passé un bon moment autour du véhicule pour écouter les réactions et échanger sans langue de bois avec le public présent.
Sur le stand Citroën à la Porte de Versailles, la foule compacte ne trompe pas : le concept 2 CV a attiré énormément de monde. Il fallait même parfois jouer des coudes et savoir quand battre en retraite. Alors que les nouveautés électriques peinent parfois à susciter une réelle ferveur populaire auprès du grand public, la résurrection de la 2 CV en version 100 % électrique attire tous les profils.
Entre les habitués du modèle historique, les badauds attirés par sa silhouette pétillante et quelques sceptiques, j’ai voulu recueillir les réactions à chaud. Dans l’ensemble, la bouille néo-rétro et le pragmatisme affiché font un carton presque unanime.
Le style extérieur et intérieur fait mouche
À proximité du concept, les premiers mots lâchés spontanément sont souvent : « C’est rigolo » ou « C’est marrant ». Deux qualificatifs que j’ai entendus de nombreuses fois entre le mardi et le vendredi. Citroën voulait diffuser de la joie aux visiteurs avec ce modèle, c’est mission réussie. L’aspect néo-rétro semble également respecter le contact avec les fans du modèle : « Comme l’originale… Je me revois dans la mienne », commentait à voix haute une visiteuse du salon en quittant le stand.

Si un duo d’observateurs plus circonspects tempère en évoquant un « premier coup de crayon » qui pourrait être moins convaincant sur le modèle de série, l’immense majorité tombe sous le charme.
« C’est un bonbon, je suis acheteuse tout de suite ! », s’enthousiasme une visiteuse qui s’est invitée dans la discussion lancée avec deux fans du modèle original. « Elle est tellement belle que j’aurais presque peur de l’abîmer. Je la trouve féminine. Vraiment trop belle. »
Ce groupe improvisé de trois personnes a disséqué plusieurs détails :
- Un gabarit plus court que l’ancienne : la perte de dix centimètres en longueur par rapport aux citadines modernes est immédiatement remarquée : « D’habitude, à chaque nouvelle voiture, ça grossit, donc là, c’est vraiment bien. »
- Des choix stylistiques validés : « Heureusement qu’ils n’ont pas caché les roues arrière, sinon ça aurait été trop lourd en design », analyse un propriétaire de plusieurs anciennes (1957, 1976 et 1981). « Et ils doivent absolument garder les phares ronds ainsi. Quatre portes, c’est capital aussi. »
- La question de la capote : l’un des visiteurs prévient toutefois la marque avec malice : « J’espère juste que la capote sera simple d’utilisation au quotidien, pas comme la galère de la C3 Pluriel ! » J’ai également surenchéri en rappelant l’effort nécessaire sur la Citroën e-Méhari.
- Entre interrogations et enthousiasme pour l’intérieur : le groupe s’est interrogé sur les éléments qui resteront à l’intérieur : « L’intérieur est particulièrement réussi, parce qu’il y a de la joie de vivre là-dedans. » Ils insistent néanmoins sur un point important : « Ce que j’aime dans ces voitures-là, c’est la simplicité. »
Si le modèle est un vrai aimant pour le public français, même les touristes étrangers s’arrêtent, à l’image d’un couple allemand séduit mais attentif : « C’est une excellente idée, ça nous plaît ! », tout en s’interrogeant sur le volume du coffre et des passages de roues jugés « un peu trop gonflés ». Un couple d’Anglais m’a également confié « ne pas s’attendre à craquer pour ce genre de modèle sur le salon ».
Pour aller plus loin

« Pour les petits trajets, c’est parfait » : le bon sens technique à 15 000 €
Au-delà de la carrosserie, c’est l’équation économique et technique qui met tout le monde d’accord. Face à la dérive des fiches techniques, le choix d’une batterie modeste (que certains visiteurs évaluent eux-mêmes à environ 30 kWh) pour contenir la facture sous les 15 000 € est largement salué par le public : « C’est une voiture de ville, pas besoin d’une grosse autonomie », tranche un duo de visiteurs.
Un fidèle de la marque depuis 35 ans résume la philosophie avec un franc-parler réjouissant : « 30 kWh max pour faire des trajets pissotières (NDLR : je ne connaissais pas cette expression), c’est très bien ! Tous les soirs, on la recharge tranquillement dans le garage et le tour est joué. On garderait notre C3 essence pour les longs trajets d’autoroute, et ça pour le quotidien, c’est parfait. » Si Citroën tient sa promesse de lancer le modèle d’ici deux ans, il est prêt à l’acheter. Plusieurs détails achèvent de le convaincre : « Ce que j’aime à l’intérieur, c’est le sélecteur en hauteur. Et il faut absolument laisser la banquette d’un seul bloc, même si elle n’est pas amovible ! »
Un groupe de trois trentenaires compare immédiatement la proposition aux autres stars du moment : « Par rapport à la R5, elle est bien mieux positionnée en tarif. Et sortir des coloris plus peps, ça fait du bien, exactement comme pour la R5. Elle a de très beaux jours devant elle à notre avis. »
Le remake du phénomène Fiat 500 ?
L’enthousiasme est tel que certains ont vraiment passé du temps à la disséquer : « On est venus la voir dès notre arrivée au salon ce matin, et on revient la regarder une dernière fois avant de partir », confie un duo d’amis. Et pour beaucoup, le parallèle avec le succès populaire de l’ancienne 2 CV ne fait aucun doute : « Les gens ont bien fini par adopter la laideur géniale de celle de 1948, ils vont adopter celle-là sans aucun problème. Citroën a l’occasion de réussir son coup avec la 2 CV exactement comme Fiat a réussi le sien avec la 500. »
Seuls quelques irréductibles restent campés sur leurs positions, comme ce couple plus âgé croisé le mardi : « C’est sympa, il y a plein de clins d’œil, mais nous on a toujours été branchés Renault, on roulait en 4L à cette époque. Un ami a une 2 CV, on lui a envoyé la photo, mais nous ne sommes pas clients pour ça. »
La déclinaison Fourgonnette, gardée secrète jusqu’au salon, a aussi séduit le groupe de trentenaires rencontré plus haut. Ils y voient un utilitaire enfin joyeux et décalé. Certains ont d’ailleurs préféré le style plus conventionnel de la version fourgonnette et sa teinte grise, qui permettait de « mieux se projeter sur un modèle de série ».
Le mot de la fin revient à cette visiteuse, qui résume l’enthousiasme général devant le stand : « Si Citroën la sort vraiment à 15 000 euros d’ici 2028, elle partira comme des petits pains. » Le message est envoyé aux décideurs de Stellantis. En une vingtaine d’échanges, j’aurais presque pu faire signer quatre bons de commande : c’est assez prometteur.
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