Fraudeurs, imposteurs, manipulateurs… qui sont les animaux qui trichent?

La sélection naturelle a favorisé dans le monde animal certains comportements que la morale humaine réprouve. Des oiseaux, des insectes ou des mammifères ont développé au cours de l'évolution des tactiques déloyales pour se nourrir et se reproduire.
C'est la stratégie du coucou : pondre dans le nid d'autres oiseaux. Le coucou gris, un oiseau migrateur présent en Afrique durant l'hiver de l'hémisphère nord, et en Europe et en Asie le reste de l'année, pond des œufs de la même couleur que ceux des oiseaux dont il utilise le nid. Ni vu ni connu, le coucou ne s'embarrasse pas à construire un nid, à élever ses petits. Il n'est d'ailleurs pas le seul animal à pratiquer le parasitisme de couvée.
Une espèce de bourdon est ainsi appelée le bourdon coucou. Il s'introduit dans le nid de bourdons ordinaires en se frottant d'abord contre les alvéoles, pour s'imprégner de l'odeur de la colonie et passer ainsi inaperçu. Il pond, et s'en va, laissant les ouvrières élever ses larves. Lui aussi se fiche bien des joies de la maternité.
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Brouteurs
C'est de la triche, mais chez les animaux, il n'est pas question de morale, un concept très humain. C'est la sélection naturelle qui a favorisé ces comportements : tricheurs, usurpateurs, dissimulateurs… et vrais faux séducteurs.
Chez une espèce de mouche, le mâle offre une proie cachée dans un cocon, suffisamment gros pour que la copulation se termine avant que la femelle n'ait le temps de défaire entièrement le paquet cadeau. Parce que, bien souvent, il n'y a rien à l'intérieur.
Usurpation d'identité
Chez la mouche-scorpion, on s'offre aussi des proies, mais certains mâles se font passer pour des femelles, pour recevoir un cadeau, avant de s'envoler très vite, avec le cadeau bien sûr, qu'il utilisera pour séduire une femelle.
Il y a des voleurs, et des imposteurs : en mer, la blennie se fait passer pour un poisson nettoyeur, sauf qu'au lieu d'enlever les parasites, elle mord carrément les nageoires et la peau, sans oublier d'injecter un venin qui décourage la victime de se défendre.
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Vol à l'étalage
Mention spéciale pour les geais, de la famille des corvidés, parmi les plus intelligentes du monde animal. En Amérique, le geai bleu imite le cri d'un rapace pour faire fuir d'autres oiseaux qui étaient en train de manger, et se faire un festin pour lui tout seul. En Europe, le geai des chênes est connu pour espionner un congénère en train d'enterrer un gland, avant d'aller le récupérer dès que l'autre a le dos tourné. Mais on a vu aussi des geais, se sachant observés, simuler l'enterrement d'un gland, pour mieux tromper l'adversaire.
Le mensonge est dans la nature, les escrocs aussi parfois. Mais les animaux tricheurs ne finissent jamais en prison.
La question de la semaine
« La taupe triche-t-elle ? »
Y a-t-il une taupe au Rassemblement national ? C'est la question qui agite l'extrême droite française après les révélations sur le passé antisémite de Jordan Bardella. Le mot taupe, qui désigne un espion, vient en effet de l'animal, ce mammifère fouisseur, qui vit caché sous terre. La taupe voit rarement le jour, mais contrairement à une idée reçue, elle n'est pas totalement aveugle. Elle mange la moitié de son poids en vers de terre, puisqu'elle vit dans la terre, où elle creuse des galeries grâce à ses petites pattes qui ressemblent à de petites pelles. Certains jardiniers la détestent à cause des tas de terre qui apparaissent sur les pelouses. Elle a pourtant un rôle écologique, mais comme le cafard, qui cafte, ou la mouche, qui a donné le mot mouchard, la taupe ne fait pas de politique.
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