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Thursday, October 22, 2026

Parti conservateur du Québec | Éric Duhaime veut reprendre le « flambeau autonomiste »

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(Québec) Éric Duhaime sonne la fin de « l’unanimisme » au Parlement et veut profiter de l’effondrement de la CAQ pour reprendre le « flambeau autonomiste ». Le Parti conservateur passe l’éponge sur les frasques passées de ses députés, mais à partir de maintenant, ils devront « faire honneur » à la fonction.

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« Avec ce fort contingent de députés conservateurs, on peut dire aujourd’hui qu’on représente la seule voie autonomiste à l’Assemblée nationale. Une voie autonomiste qui privilégie la majorité des Québécois », a lancé le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ) tout juste assermenté.

Les 18 députés (un dépouillement judiciaire est en cours dans Champlain) ont tous prêté serment jeudi au Salon rouge, marquant également l’arrivée au Parlement du premier caucus conservateur de « l’histoire moderne ».

« On écrit une page d’histoire dans un livre qui compte déjà plusieurs chapitres, celle des bleus, ces nationalistes de centre droit qui ont fait avancer le Québec au fil des décennies à l’intérieur de la Confédération canadienne », a ajouté M. Duhaime. Il a rappelé « les belles années de Brian Mulroney à Ottawa » et même l’époque du conservateur Maurice Duplessis, « l’un des premiers ministres les plus autonomistes de l’histoire. »

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Éric Duhaime, jeudi

Il a longuement raconté l’évolution du « nationalisme plus conservateur » qui s’est ensuite incarné avec l’Action démocratique du Québec de Mario Dumont, puis avec la Coalition avenir Québec de François Legault – pour qui il a voté en 2018. Il a souligné de bons coups comme la Loi sur la laïcité de l’État et la réforme de la langue française.

Mais après les fleurs, il y a eu le pot. « Il y a cependant eu beaucoup de déception, moi le premier, j’ai été déçu [par la CAQ] », ce qui explique la défaite brutale de la formation politique qui a été rayée de la carte.

Pour Éric Duhaime, le message des électeurs est limpide : « À partir de maintenant, les Québécois nous demandent, nous, au Parti conservateur du Québec, de reprendre le flambeau autonomiste. C’est le flambeau d’un nationalisme décomplexé, sans compromis, ancré et assumé au centre droit », a-t-il déclaré sous les applaudissements.

Maïté Blanchette-Vézina, qui a été ministre caquiste, croit aussi que « les Québécois ont parlé » le 5 octobre dernier. Est-ce que la CAQ est morte ? « Il n’y a pas d’élus de la Coalition Avenir Québec qui est ici en Chambre », a-t-elle répondu.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Maïté Blanchette-Vézina lors de son assermentation

La sénatrice conservatrice Josée Verner et l’ex-ministre sous Stephen Harper, maintenant maire de Lévis, Steven Blaney étaient sur place jeudi, tout comme l’ex-caquiste Claire Samson qui a ouvert pour une première fois les portes du Parlement à Éric Duhaime pendant la crise sanitaire. Ce dernier a eu la gorge nouée lorsqu’il l’a remercié.

« Je ne les donne pas pour morts, mais ils sont très faibles », a indiqué Mme Samson au sujet de son ancienne famille politique. Elle laissera aussi son téléphone ouvert si les recrues ont des questions pour elle. « Je ne peux pas leur donner de cours sur la discipline, je n’en ai jamais eu », a-t-elle nuancé en riant.

La fin de « l’unanimisme »

Le chef conservateur, qui promet d’ailleurs de « brasser la cage » à l’Assemblée nationale, a aussi sonné jeudi la fin de « l’unanimisme trop fréquent des dernières législatures », sans préciser davantage sa pensée. M. Duhaime ne s’est pas adressé aux médias jeudi. Or, son député de Beauce-Sud, Jonathan Poulin, en a donné un aperçu.

« Vous savez, depuis la pandémie, des fois on est toujours du bon bord ou du mauvais bord. Dans une démocratie, c’est sain de débattre d’idées. Puis à la fin, il y a un vote, puis on se range derrière le vote. Je trouve qu’il n’y a pas eu assez de débats dans les dernières années », a-t-il expliqué en mêlée de presse.

Or, les débats devront se faire dans le respect, prévient le whip du caucus Renaud Labrecque, qui veillera à la discipline. Selon lui, cela signifie de s’assurer que les députés utilisent un langage respectueux envers les membres de l’équipe ou les élus des autres formations politiques.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Le whip Renaud Labrecque

Les propos controversés de candidats qui ont été rapportés par plusieurs médias pendant la campagne sont maintenant oubliés, a-t-il expliqué. « C’est derrière nous », a affirmé M. Labrecque. Mais à partir d’aujourd’hui, ils sont députés et ils vont y faire « honneur », a-t-il dit. Son objectif ? « Professionnaliser » un parti en ayant en tête que de nouvelles élections pourraient être déclenchées dans 12 mois, 18 mois, 24 mois. Il n’y a pas de temps à perdre selon lui.

Il trace cependant une ligne rouge. « Le manque de respect envers les pairs, les fonctionnaires, les citoyens et les maires qui ont des idées différentes, ça va être non. C’est inacceptable. On doit certainement faire passer notre message. Mais ce n’est pas parce qu’on est contre une idéologie ou une vision qu’il faut le faire par un manque de respect », a dit M. Labrecque, ce qui n’est pas sans rappeler que le caucus s’oppose fermement au tramway de Bruno Marchand.

Pour l’assister, l’ex-whip de la CAQ Éric Lefebvre – et maintenant député fédéral conservateur –, lui prodigue des conseils. Le préfet de discipline estime toutefois qu’il y aura de la place au sein du caucus pour des idées divergentes et, sur certains sujets, un vote libre au Salon bleu.

« Sans m’avancer pour M. Duhaime parce que M. Duhaime reste le chef, on est 19 élus. Je crois en toute honnêteté avec vous qu’on ne sera pas toujours les 19 à voter systématiquement ensemble lorsqu’il y aura des votes, ça ne nous rendra pas plus méchants un envers l’autre, mais on ne sera pas systématiquement les 19 d’accord lorsqu’il y aura un vote », a-t-il souligné. Le PCQ était le dernier groupe parlementaire à être assermenté. La législature doit débuter le 24 novembre.

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