Des tribunaux «ridicules et factices»: en Syrie, la justice transitionnelle reste à l'état d'ébauche

Cette semaine, les autorités syriennes ont multiplié les annonces autour de la justice transitionnelle. Le 15 octobre, le tribunal d'Alep a annoncé de nouvelles condamnations à la suite de massacres de civils alaouites il y a un an et demi. Samedi 17 octobre, le ministère de la Justice a communiqué sur l'arrestation d'un proche de Bachar el-Assad au Liban. Mais derrière ces annonces, les victimes attendent toujours que justice soit faite.
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Plusieurs membres du régime de Bachar el-Assad ont été condamnés à mort dans des procès jugés expéditifs. Ils ont été lancés sans prendre le temps de réformer le droit syrien hérité de la dictature.
Une autre série de procès avaient été mis en avant comme un galop d'essai de la justice transitionnelle. Ils devaient juger les acteurs des violences de mars 2025 entre paramilitaires alaouites loyalistes au dictateur déchu et forces des nouvelles autorités de Damas. Ces affrontements s'étaient transformés en massacres de 1 700 civils alaouites selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
« Aujourd'hui, il n'existe pas de justice transitionnelle »
Pourtant, les plus lourdes condamnations concernent des personnes alaouites. Les hommes sunnites filmés lors des massacres sont pour beaucoup encore en liberté, dénonce Rami Abdelraman, le directeur de l'OSDH, auprès d'Oriane Verdier, du service international de RFI : « Aujourd'hui, il n'existe pas de justice transitionnelle. Il y a notamment un black-out médiatique qui entoure ces tribunaux ridicules et factices. Nous parlons de ces procès comme s'ils avaient lieu dans un pays démocratique qui respecte les droits de l'homme. La communauté internationale semble vouloir inverser les rôles, faire de l'oppresseur une victime et de la victime un oppresseur. »
La minorité alaouite, dont est issu Bachar el-Assad, continue en effet d'être stigmatisée. Dans le sud, la population druze est assiégée par les forces gouvernementales depuis plus d'un an. Au nord, les populations kurdes peinent à rentrer dans des villes dont elles ont été chassées par des forces aujourd'hui rattachées à Damas.
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