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Sunday, October 18, 2026

Un prof au secondaire fait quatre victimes | « Il a exploité mon innocence et ma naïveté », confie une victime

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Des adolescentes vulnérables. Un jeune prof charmeur. Kevin Parent a profité de sa position d’autorité pour s’en prendre à quatre élèves de 2012 à 2023. Deux adolescentes se sont exprimées mardi dans l’espoir qu’il ne fasse plus d’autres victimes.

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« Je ne comprendrai jamais comment une personne de confiance peut se permettre de voler l’innocence d’un enfant ou d’une adolescente pour satisfaire ses propres déviances », a affirmé Mathilde*, mardi au palais de justice de Saint-Jérôme.

Kevin Parent, enseignant des Laurentides de 34 ans, a plaidé coupable au printemps dernier à des accusations de leurre et de contacts sexuels sur une mineure. Il a fait ses deux premières victimes en 2012 et 2013, alors qu’il était enseignant suppléant en éducation physique. Il a fait deux autres victimes en 2023 à Lachute. Il était aussi entraîneur de basketball à l’école.

La Couronne réclame quatre ans de pénitencier, puisque Kevin Parent était une « figure d’autorité » à l’égard des victimes, âgées de 13 à 15 ans. « La société ne peut pas tolérer qu’un enseignant agisse de la sorte », a plaidé mardi la procureure de la Couronne, Me Camille Champagne.

En 2012, Kevin Parent a écrit des propos très dégradants à Mathilde*, une élève de 3e secondaire. « Tu as une webcam, tu pourrais faire un strip-tease », « Attends de me voir sans boxer ! T’aimerais ça », a-t-il notamment écrit à la victime.

À l’époque, Mathilde était une adolescente vulnérable, qui vivait une grande instabilité à la maison. Elle accuse Kevin Parent d’avoir « exploité » son innocence et sa naïveté.

Cet homme savait très bien ce qu’il faisait.

Mathilde, une victime, dans son témoignage mardi

Quatorze ans plus tard, Mathilde vit toujours avec une « crainte immense » envers les hommes, a-t-elle confié.

Aussi, en 2012, Kevin Parent a invité une élève de 3e secondaire dans un parc pour obtenir une fellation.

Étonnamment, Kevin Parent n’a pas été accusé pour ces crimes. Il a seulement dû respecter des conditions du tribunal pendant un an dans le cadre d’une ordonnance de type « 810 ».

Il veut « faire l’amour » avec une ado

En 2023, Kevin Parent cible Vanessa*, une adolescente « jeune et naïve ». L’enseignant l’appâte sur la plateforme TikTok. Il lui propose de « faire l’amour » dans sa classe et lui demande de lui faire une fellation. Vanessa refuse, mais le cyberprédateur insiste à coups de demandes dégradantes.

Une fois, Kevin Parent lui fait un « câlin » entre deux rangées de livres à la bibliothèque de l’école. La situation est alors « très inconfortable » pour la victime. À une autre occasion, il l’embrasse dans un local. Il la somme de ne rien dire à quiconque, car il risque de perdre son travail et sa famille.

« Je tiens à préciser quelque chose d’important : je ne me considère pas comme la provocatrice de la situation. […] C’était à lui, en tant qu’adulte, de connaître les limites et de les respecter », a écrit Vanessa, dans une lettre présentée à la Cour.

Son secondaire est ensuite devenu un enfer, lorsque la machine à rumeurs s’est emballée à l’école. « Je me sentais sale », a-t-elle confié. Elle a vécu une « grande dépression ». « Ça a laissé une marque en moi », a-t-elle conclu.

Selon l’avocat de la défense, Me Olivier Morin, les crimes commis contre Vanessa se trouvent au « plus bas » du degré de responsabilité.

La défense réclame une peine de pénitencier de 24 mois. Celle-ci enverrait un « message clair » à la population.

Me Morin fait valoir que son client devrait bénéficier de plusieurs facteurs atténuants, dont son plaidoyer de culpabilité et la médiatisation. Même s’il n’a pas témoigné, Kevin Parent exprime des remords, selon son avocat. Aussi, il a déjà suivi 41 séances de thérapie.

« Est-il réhabilité au niveau de ses problématiques sexuelles ? Ça ne dit pas ça dans les rapports », a nuancé le juge Sylvain Lépine.

La défense a aussi tenté de convaincre le juge que l’âge de Kevin Parent en 2012 – 21 ans – était un facteur atténuant.

« Ce n’est pas atténuant. Il commence comme professeur, il est même encore à l’université. C’est le début de sa carrière. C’est peut-être même aggravant », a répliqué le juge.

La Couronne a demandé l’incarcération immédiate de Kevin Parent, mais le juge a refusé. Il rendra la peine en février prochain.

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